L’incidence des traumatismes sur les victimes d’agressions sexuelles d’âge adulte

Partie III – Les effets d’un traumatisme sur la mémoire et les souvenirs

Les gens pensent et présument souvent qu’ils pourront se souvenir des événements majeurs survenus dans leur vie avec une clarté et une exactitude parfaites et que c’est ce qui détermine la «  vérité » de ce qui s’est passé.

« Pour parvenir à des résultats justes dans les cas [d’agression sexuelle], l’un des éléments les plus critiques est d’obtenir les renseignements les plus complets et les plus exacts de la part de la principale source d’éléments de preuve le plaignant. » (Westera, Zydervelt, Kaladelfos, et Zajac, 2017, p. 15).

Toutefois, les événements traumatisants comme les agressions sexuelles sont encodés (convertis) différemment des expériences de la vie de tous les jours. Il est bien connu dans les communautés scientifiques et psychologiques que la mémoire humaine et les souvenirs ne fonctionnent pas comme une machine enregistreuse, en enregistrant les souvenirs de manière fidèle pour se les rappeler plus tard dans les moindres détails. Notre mémoire est faillible et présente des lacunes et des incohérences, ce qui explique pourquoi nos souvenirs des événements traumatisants et notre façon d’en parler diffèrent par rapport aux événements de la vie de tous les jours.

La mémoire et les souvenirs : quelques points généraux

La mémoire constitue essentiellement la capacité à stocker et à se remémorer l’information. Trois processus entrent en cause dans la mémoire, soit l’encodage, le stockage et la remémoration.

Nous recevons d’abord l’information d’après ce que nous voyons, entendons et comprenons. Puis, nous la convertissons pour qu’elle puisse être stockée dans diverses parties du cerveau. Elle est encodée principalement de manière visuelle, acoustique et sémantique. Lors de l’encodage d’un événement, nous nous concentrons davantage sur les aspects que notre cerveau juge importants que sur ceux qu’il juge peu importants.

Ces aspects sont désignés par les scientifiques de la mémoire comme étant des détails centraux et des détails secondaires, respectivement. La remémoration fait référence « à la sélection, à la réactivation ou à la reconstruction des représentations stockées dans le cerveau ou à l’accès à celles-ci » (Dudai, 2002). De plus, avec le temps, la mémoire modifie l’information, c’est-à-dire que nous perdons des souvenirs, oublions certains détails de souvenirs que nous conservons et modifions certains aspects d’autres souvenirs à force de nous les remémorer.

Notre mémoire cérébrale a été conçue pour fonctionner de façon adaptative. Les souvenirs d’un traumatisme sont comme des souvenirs normaux à ces égards, mais ils présentent d’importantes caractéristiques qui les rendent bien différents des souvenirs de tous les jours.

Par contre, après un traumatisme, certains événements importants peuvent demeurer en mémoire pour toujours. Il est alors question d’un résultat adaptatif. Le cerveau a appris qu’il s’agissait « d’événements importants dont il devait se souvenir, car ils pourraient un jour sauver la vie de la personne ». Pour mieux comprendre ce phénomène, il est nécessaire d’examiner deux structures cérébrales fondamentales, soit l’hippocampe et l’amygdale.

L’hippocampe et l’amygdale encodage et consolidation de la mémoire

Le rôle de l’hippocampe est d’organiser chronologiquement l’expérience et de la mettre en perspective. Il est nécessaire à la formation de nouveaux souvenirs explicites. La mémoire explicite est ce que nous avons l’habitude de considérer comme un souvenir. Il s’agit d’une « mémoire cognitive », c’est-à-dire que nous pouvons nous en souvenir dans notre cerveau pensant, ou cortex préfrontal. 

Pour la mémoire explicite, nous avons besoin de l’hippocampe. Cette partie du cerveau est responsable de l’intégration des données sensorielles brutes en un ensemble cohérent; elle fixe une étiquette temporelle et transfère l’information dans la mémoire épisodique à long terme, d’où les souvenirs pourront être évoqués plus tard. À mesure que la mémoire se consolide, les souvenirs qui y sont stockés à long terme sont distribués dans diverses parties du néocortex.

L’amygdale, qui fait partie du système limbique, répertorie les expériences sensorielles passées (menaces, colères, etc.) comme des souvenirs implicites, qui sont inconscients, mais qui peuvent influencer les pensées et les comportements. Ces souvenirs sont associés à une excitation intense qui les déclenche facilement et qui permet leur association rapide à d’éventuelles situations stressantes ou menaçantes. Il s’agit d’une caractéristique de survie essentielle de la mémoire implicite qui permet une réaction immédiate au danger.

La consolidation des souvenirs désigne le processus de stabilisation des souvenirs à long terme formés depuis peu. McGaugh (2002) explique qu’au départ, la mémoire non consolidée est fragile et peut être perturbée par divers types d’entraves d’ordre comportemental, pharmacologique et électrique, notamment. Elle finit par résister à ces types d’entraves au fil du temps. Ce processus de résistance se nomme la consolidation (McGaugh, 2000).

L’information scientifique sur la stabilisation de la mémoire par la consolidation influe considérablement sur le moment auquel les policiers effectuent leurs interrogatoires. Une victime rencontrée peu de temps après une agression, ou toujours très stressée ou traumatisée, sera incapable de se rappeler tout ce qui a été encodé dans son cerveau. Deux cycles entiers de sommeil peuvent s’avérer nécessaires pour que les circuits de la mémoire épisodique refondent ainsi l’information qui a été encodée au moment de l’agression sexuelle. Des chercheurs ont découvert que les processus qui se déroulent pendant le sommeil rapide ou paradoxal (REM) et le sommeil à ondes lentes (non REM) jouent un rôle essentiel dans la consolidation des souvenirs. C’est au stade de la consolidation que le cerveau réorganise les traces mnésiques (souvenirs), au départ fragiles, en vue de les stocker à long terme dans la mémoire (McGaugh, 2000).

Dans de nombreux services de police des États-Unis et, maintenant, du Canada, les policiers bien informés sur les traumatismes comprennent qu’il est préférable pour les responsables des enquêtes sur les agressions sexuelles de ne mener qu’un bref interrogatoire initial lorsqu’une victime signale une agression sexuelle pour la première fois. Il devrait s’ensuivre un interrogatoire plus approfondi après plusieurs jours pour que la victime ait le temps de dormir suffisamment pour consolider ses souvenirs de l’expérience traumatisante. En fait, certains services de police maintiennent cette même pratique qui consiste à accorder deux cycles de sommeil complets aux policiers qui ont été en cause dans une fusillade avant de les interroger afin de permettre la consolidation de leurs souvenirs.

Comment la menace et les événements très stressants influencent la mémoire

Normalement, ce sont les neurones amygdaliens qui encodent les traces mnésiques (souvenirs) de la peur, alors que l’hippocampe apprend le contexte de la peur. Cependant, lorsqu’une personne est confrontée à une expérience menaçante, cette information stimulante sur le plan émotionnel augmente l’activité amygdalienne. Cette activité est liée aux traces mnésiques les plus profondément enfouies dans l’amygdale.

Le stress et la peur augmentent l’activité de l’amygdale. Cette activité renforce et intensifie les souvenirs traumatiques tout en nuisant à la fonction de l’hippocampe, qui joue un rôle dans la mémoire épisodique ou explicite. Les victimes dont les souvenirs ne sont pas encodés dans leur hippocampe et leurs mécanismes corticaux ont des traces mnésiques (souvenirs) implicites ou limbiques. Cela s’explique du fait que l’amygdale active l’axe HHS et provoque un déluge de neurohormones qui nuit à l’apprentissage de l’hippocampe. Pour cette raison, après avoir vécu une situation stressante, les gens ont de la difficulté à se souvenir de certains détails précis et disent des messages tels que « tout était flou ».

La mémoire implicite, que l’on appelle aussi mémoire procédurale ou sensorimotrice, désigne la connaissance comportementale d’une expérience sans remémoration consciente. Il n’est pas question de souvenirs auxquels nous pouvons réfléchir ou penser, mais plutôt de souvenirs impossibles à exprimer par des mots. Ils sont souvent fragmentés dans le temps, et la plupart d’entre eux consistent en des données sensorielles (images, odeurs, sons) qui sont liées aux symptômes physiologiques de la peur (Brewin, 2011).

Traumatismes et mémoire

Les modèles cognitifs mettent en évidence la nature des souvenirs traumatiques; ils sont fragmentés, associés à une excitation intense, déclenchés facilement et difficiles à mettre en contexte dans la mémoire (Ehlers & Clark, 2000). Par conséquent, les souvenirs d’événements traumatisants comme une agression sexuelle peuvent être fragmentaires. Il peut être difficile pour les victimes de se rappeler des détails entourant une agression sexuelle de manière complète ou linéaire.

Souvenirs traumatisants intensifiés les souvenirs éclair et l’hippocampe en hyperactivité Note de bas de page 7

L’effet de la peur, d’une menace ou d’un stress intense peut provoquer une remémoration intensifiée, ou bien la fragmentation ou l’altération des souvenirs. Les deux phénomènes découlent de la libération d’hormones de stress (axe HHS) attribuable à l’activation des circuits de la défense.

Certains éléments des souvenirs traumatiques se remémorent avec plus de précision. Les glandes surrénales sécrètent l’adrénaline, une hormone reconnue pour contribuer à augmenter l’intensité à laquelle les souvenirs sont encodés dans l’hippocampe.

Une poussée d’adrénaline rehausserait la capacité de la mémoire à retenir les événements survenus peu de temps après un événement traumatisant ou très stressant. Cette poussée renforce les voies de la mémoire et crée ce qu’on appelle les « souvenirs éclair » (McGaugh, 2000).

Il n’est pas rare que des victimes d’agression sexuelle aient des souvenirs très nets du début d’une agression lorsque les circuits de la défense ont d’abord été déclenchés et que la première vague d’hormones de stress a été libérée. De plus, il se peut que les détails ou aspects centraux de l’expérience, c’est-à-dire les plus importants, se remémorent intensément.

Les expériences associées à l’importance émotionnelle sont davantage consolidées dans la mémoire épisodique et rendues accessibles pour la mémoire intentionnelle et consciente que les expériences associées à peu ou à aucune portée émotionnelle. Le cerveau encode ce qui capte son attention. Au cours d’un événement menaçant, le cerveau se concentre sur ce qui est essential à la survie de sorte qu’il n’encode pas les détails peu importants et secondaires.

De l’intensification à la fragmentation des souvenirs

Lorsque des niveaux élevés d’hormones du stress (cortisol) sont sécrétés, en plus de l’adrénaline, l’hippocampe encode très bien les premiers moments intenses d’un événement. Par la suite, si la menace ou la peur persiste, l’hippocampe continue de se faire inonder d’hormones de stress et s’affaiblit temporairement, et l’encodage peut se faire de manière minimale. C’est ainsi que l’hippocampe passe de la mémoire éclair au mode fragmentaire.

Par exemple, si, pendant les attentats terroristes du 11 septembre, une personne allumait son téléviseur et voyait l’avion frapper la tour du World Trade Center où travaillait un membre de sa famille, elle aurait un souvenir éclair ou intensifié de ce terrible moment. Par contre, à mesure que les événements se dérouleraient et que la personne comprendrait que l’être qui lui est cher n’arriverait pas à s’échapper de la tour, son cerveau continuerait à se faire inonder d’hormones de stress, et les événements survenus dans les heures suivant le choc initial entre l’avion et la tour seraient décrits comme étant flous.

Lorsque l’hippocampe est en mode fragmenté, il encode ou convertit des fragments de mémoire sensorielle sans aucun détail contextuel. Par conséquent, il se peut qu’une victime d’agression sexuelle n’arrive pas à se souvenir de la disposition de la pièce où le viol a été commis, donc que l’hippocampe n’encode pas l’information chronologique parce que son fonctionnement est altéré pendant l’événement traumatisant.

Non seulement l’hippocampe n’est-il pas en mesure d’intégrer divers systèmes d’attention et de mémoire, mais il perturbe aussi le stockage de l’information. L’hippocampe peut nuire à l’encodage des souvenirs en raison d’un blocage ou de dommages causés par les hormones de stress ou d’une inhibition causée par l’activité intense de l’amygdale (Cozolino, 2017).

L’amygdale joue un rôle critique dans le calcul de l’importance émotionnelle liée aux événements et lorsqu’une menace est ressentie, la charge émotionnelle créée sert à alerter, à porter une attention particulière et à se préparer à réagir. L’amygdale a également un effet sélectif sur certains stimuli que nous remarquons et que nous encodons. La peur dirige l’attention d’une personne sur quelques détails au détriment de nombreux autres. Par conséquent, il se peut qu’une victime d’agression sexuelle ne se souvienne pas de certains détails de l’agression, par exemple de la couleur des vêtements de l’agresseur. À l’inverse, les détails centraux d’une agression ou les moments les plus traumatisants de l’expérience sont souvent bien encodés et consolidés.

Lorsqu’une personne est en état de peur (excitation élevée), il peut se produire chez elle une dissociation des circuits de l’hippocampe et de l’amygdale qui entraîne une rupture du lien entre les souvenirs émotionnels de l’amygdale et le traitement explicite de l’hippocampe. Les sensations, les émotions, les comportements et la conscience, qui sont habituellement intégrés les uns aux autres, peuvent être détachés de leur contexte dans le temps et dans l’espace (Cozolino, 2017). Par conséquent, la personne pourrait se remémorer que quelques détails secondaires, oublier entièrement ou en partie le contexte ou l’information sur l’ordre chronologique et être incapable d’exprimer par des mots les circonstances entourant les faits.

Comment l’attention et la mémoire influent-elles sur les événements traumatisants comme l’agression sexuelle?

Les faits qui sont remémorés d’un événement traumatisant ou menaçant fonctionnent en quelque sorte comme des îlots de souvenirs.

L’encodage et le stockage d’informations sont altérés pour les aspects de l’expérience qui ne sont pas considérés comme essentiels à la survie ou ceux qui ont une portée émotionnelle moindre. Cela comprend la séquence des événements, ainsi que les détails secondaires. Cette situation peut souvent se traduire en un souvenir narratif désorganisé et incomplet.

C’est extrêmement important lors de l’interrogatoire des victimes de traumatisme. Un interrogatoire policier portant sur une agression sexuelle devrait donc mettre d’abord l’accent sur les souvenirs sensoriels et émotionnels que la victime a encodés et mémorisés plutôt que de s’attendre à ce qu’elle raconte un récit avec une chronologie.

Les souvenirs traumatisants stimulés cohabitent avec les souvenirs incomplets

On se souvient en fait mieux de certains éléments de souvenirs traumatisants que d’autres. C’est ce qu’on appelle les souvenirs stimulés. Ils sont gravés plus profondément dans notre mémoire précisément parce qu’ils sont traumatisants et accablants pour nous.

Les victimes se concentrent souvent sur certains détails sensoriels précis de l’agression. Par exemple, ils se souviennent souvent d’odeurs particulières (l’odeur corporelle), mais très peu de détails sur d’autres aspects de ce qui s’est passé, par exemple, la durée de l’agression ou l’ordre précis dans lequel certaines choses se sont produites. Ce sont des limites normales de la mémoire. Elles sont causées par le stress et la peur des événements traumatisants et la manière dont les circuits de la défense du cerveau exercent une influence sur l’attention et la consolidation de la mémoire. (Schwabe, 2016)

Certains moments d’une expérience traumatisante semblent gravés dans la mémoire. C’est ainsi qu’elles refont surface. C’est normal que les humains se souviennent pratiquement de tout événement traumatisant ou terrifiant. Par exemple, une personne peut prétendre qu’elle n’oubliera jamais un certain souvenir puissant d’une expérience, en référence à un aspect particulier de celle-ci, qui leur semble gravée de façon indélébile. Pourtant, elle n’a peut-être aucun souvenir d’autres détails secondaires qui n’avaient rien à voir avec leur survie au moment de l’expérience.

C’est d’ailleurs ce dont nous avons tous été témoins lors de la couverture médiatique importante entourant le témoignage de la professeure Blasey Ford à l’audience du Sénat américain de Brett Kavanaugh concernant sa nomination à la Cour suprême de ce pays. La professeure Blasey Ford avait des trous de mémoire à propos de la nuit où elle décrivait avoir été agressée sexuellement par Kavanaugh. Elle a pu se rappeler des détails centraux de ce qu’elle a vécu cette nuit-là, mais elle n’a pas pu se rappeler certains détails secondaires, y compris la façon dont elle est rentrée de la fête ce soir-là. Ces trous de mémoire ont fait l’objet d’attaques très médiatisées contre sa crédibilité, notamment par des sénateurs républicains dans une note de service truffée d’inexactitudes écrites par la procureure Rachel Mitchell, ainsi que d’attaques de la part d’autres personnes. Toutefois, ces critiques ne comprennent pas que le fait de ne pas se rappeler ce genre de détails secondaires ne remet pas en question la véracité du récit de la professeure Ford, ni même du récit d’autres victimes d’agression sexuelle; elle correspond plutôt à la façon dont les souvenirs traumatisants sont encodésNote de bas de page 8.

Les avocats de la défense se sont emparés de ce genre d’incohérences normales, qui ont été amplifiées pour aller à l’encontre des mythes dominants et pernicieux entourant le viol dans notre société et qui ont servi à miner la crédibilité des victimes dans les procès pour agression sexuelle. Ces arguments sont inadmissibles dans le système de justice pénale canadien.

Conclusion : faire progresser la compréhension du fonctionnement du traumatisme et de la mémoire dans le système de justice pénale

Les progrès de la neuroscience cognitive et de la neuroimagerie ont permis une meilleure compréhension de la neuroanatomie et de la neurophysiologie du traumatisme et de ces effets sur la manière dont les traumatismes sont encodés avant de refaire surface dans la mémoire par la suite.

La science de la mémoire et du traumatisme psychologique doit être appliquée aux méthodes et aux techniques d’interrogatoire. La croyance selon laquelle les déclarations incohérentes signifient que la victime ment a mis l’accent sur les techniques de détection des mensonges. Ces approches accentuent le stress de la victime et l’empêchent souvent de se souvenir.

Cette connaissance est d’une importance cruciale pour les enquêtes sur les agressions sexuelles si une victime est interrogée de façon stressante par exemple, si elle n’est pas traitée avec compassion, si son récit est interrompu, si elle ne reçoit que des doutes sur ce qu’elle rapporte elle ne pourra se rappeler des renseignements emmagasinés dans le cerveau qui pourraient s’avérer essentiels.

Les souvenirs consolidés sont plus stables et plus résistants aux interférences (McGaugh, 2002). Cela signifie que les souvenirs consolidés seraient plus fiables et qu’on s’en souviendrait de façon systématique et donc, ces souvenirs sont plus utiles pour les déclarations détaillées des victimes faites par la police.

On ne se rappelle pas ces souvenirs de la même façon que d’autres événements de la vie, plus typiquesNote de bas de page 9. En fait, les souvenirs rattachés à une expérience traumatisante sont encodés dans le cerveau différemment que les souvenirs « normaux ». Il s’agit de renseignements cruciaux pour la poursuite des cas d’agression sexuelle dans le système de justice pénale, car les agressions sexuelles ne sont pas des événements normaux, mais plutôt des événements qui ont généralement des effets neurobiologiques importants sur le cerveau, le corps et le comportement.

Il n’est ni réaliste ni rationnel de s’attendre à ce que les victimes d’agression sexuelle se rappellent tous les aspects de leurs expériences traumatisantes avec une précision détaillée du début à la fin. Ce n’est pas ainsi que le cerveau fonctionne lorsque les circuits de la défense entrent en jeu. Comprendre cela fait partie des exigences d’un système de justice pénale qui tient compte des traumatismes pour que justice soit rendue et que des procès équitables soient tenus pour l’accusé et pour les victimes.

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