Initiative de justice pour les jeunes

Annexe C : Descriptions de projets d'études de cas du Fonds du système de justice pour les jeunes

Société John Howard d'Ottawa (SJH) - Summerville Supportive Housing (projet pilote; 2009-2012)

Le Summerville Supportive Housing Project a été financé par le FSJJ et a aussi reçu un financement partiel de démarrage de la Ville d'Ottawa pour la construction de l'immeuble dans le cadre de l'Initiative des partenariats de lutte contre l'itinérance. Le projet a pris de l'expansion depuis juillet 2012 et a été renommé Windrose Supportive Housing for Young Women. Les objectifs du projet étaient de permettre aux jeunes femmes d'avoir accès à un logement sécuritaire à prix abordable; de donner aux jeunes femmes des possibilités de succès professionnel par l'instruction et/ou des placements en emploi; d'accroître les compétences et les stratégies pour le succès personnel, relationnel, professionnel et social; d'évaluer l'efficacité du programme; et de mener une recherche pour vérifier si le logement sécuritaire contribue à des changements de vie positifs (c.-à-d. carrière, famille, milieu et soi-même) pour les jeunes femmes.

Au cours de la période du financement du FSJJ, Summerville a accueilli huit jeunes femmes à la fois dans des appartements meublés autonomes d'une chambre à coucher. En date de juillet 2012, le projet avait accueilli 27 jeunes femmes pour un séjour moyen de 8,5 mois. Depuis l'agrandissement du centre d'accueil après juillet 2012, le projet comprend 22 logements autonomes, en plus des aires communes. Le séjour moyen y est actuellement de 18 mois. Chaque résidente prépare un plan avec objectifs personnalisés, avec l'aide de la coordonnatrice du programme et d'une travailleuse de soutien désignée (auparavant des chargées de cas). Il y a du personnel sur place pour donner du counselling et organiser des occasions de perfectionnement personnel positif, comme du recyclage scolaire (sur place ou à l'extérieur), de l'emploi, des liens avec la collectivité, et du counselling en toxicomanie et traumatismes. Certaines des activités sont individuelles alors que d'autres ont lieu dans un cadre collectif.

Partners in Process Equine Learning Centre - Connecting Youth in the Justice System with Equine Assisted Illicit Drug Addiction Therapy (projet pilote; 2008-2011 et 2013-2016)

Les deux projets pilotes « Connecting Youth in the Justice System with Equine Assisted Illicit Drug Addiction Therapy » gérés par Partners in Process à Owen Sound (Ontario) visent à aider les jeunes de la région de Bruce, Grey et Owen Sound ayant des problèmes de toxicomanie à réussir leur réadaptation et leur réinsertion sociale par une thérapie hippique. Chaque jeune participe à un maximum de huit séances interactives d'une heure ou une heure et demie, avec un ou plusieurs chevaux, sous la supervision du directeur de programme et du moniteur en habitudes de vie. Souvent, les séances font intervenir les proches. En travaillant avec le cheval et le personnel, le jeune en apprend davantage sur les communications, la dynamique de vie, le respect et l'estime de soi, l'affirmation de soi, la pression des pairs, et ainsi de suite, autant de choses qui aident à réduire les facteurs de risque et à accroître les facteurs de protection. Un total de 100 jeunes ont participé aux deux projets pilotes.

Big Brothers/Big Sisters of Edmonton & Area - Edmonton Urban Games Youth Business Development Project (projet pilote; 2009-2011)

Le Projet Urban Games se voulait une approche novatrice ponctuelle pour donner à des jeunes à haut risque des occasions de nouer des liens avec les autres en démontrant leurs talents/compétences/capacités, par la planification, l'organisation et l'évaluation d'un Festival des Jeux urbains. L'objectif était d'accroître l'estime de soi chez les jeunes et de les lancer dans un cheminement positif, tout en faisant comprendre à tous les participants que les jeunes à risque ont des capacités et ont quelque chose de valeur à offrir.

L'expérience des Jeux urbains a réuni neuf jeunes à haut risque ayant un dossier ouvert dans le système de justice, ainsi que des mentors de diverses entreprises et de divers organismes sans but lucratif. Les jeunes ont participé à des activités les mettant en interaction les uns avec les autres et avec des jeunes de divers milieux, des bénévoles, des mentors et le public.

McCreary Centre Society - PLEA Community Services - Programs for High Risk Youth with Drug Addictions (recherche; 2011)

Le projet s'articulait sur un sondage auprès des jeunes toxicomanes à haut risque qui étaient dans le système de justice et recevaient des services à la PLEA, un organisme communautaire de la Colombie-Britannique qui offre des services en résidence et externes, y compris des services de désintoxication, de counseling, de médiation parent-ado, d'aide à l'éducation et de soutien à la réinsertion sociale. Les étudiants d'un autre partenaire, le Collège Douglas, ont aussi participé à la recherche. Les objectifs de la recherche étaient d'aider à mieux comprendre les jeunes participants à la PLEA et ce qui pourrait faciliter un changement positif, améliorer la prestation des services, améliorer le suivi des jeunes et leur conscience de leurs propres comportements et de leur fonctionnement, et améliorer le transfert de connaissances entre organismes travaillant avec des jeunes à risque.

Les jeunes ont aidé au plan de recherche, puis ont participé à la recherche en menant des sondages détaillés au stade de l'admission, de la sortie et du suivi après six mois. Il y a eu 261 jeunes participants aux sondages. Une conclusion clé a été que la voix des jeunes n'est pas entendue, et que, pour les gestionnaires et le personnel de la PLEA, les données du sondage ont vraiment ouvert les yeux des gestionnaires et du personnel de la PLEA sur la façon dont les jeunes ont décrit leur réalité et les traumatismes sous-jacents avec lesquels ils devaient vivre.

Ministère du Développement de l'enfance et de la famille de la Colombie-Britannique - Awareness, Motivation and Engagement (AME) Process (élaboration et mise en œuvre de la formation; 2010-2014)

Le Programme AME fait appel aux principes des entrevues de motivation pour former les agents de probation pour les jeunes (APJ) et d'autres travailleurs de premier niveau afin de préparer les contrevenants à un counselling/traitement formel concernant la toxicomanie. Le Programme est fondé sur des données montrant que les APJ ayant reçu la formation AME ont une influence statistiquement significative sur l'abaissement de la toxicomanie chez les jeunes auprès de qui ils travaillent. L'objet de la formation est de permettre à de nombreuses collectivités de la province de faire former de multiples travailleurs en AME pour diffuser des messages constants aux jeunes et donner la possibilité de créer des « collectivités de pratique » pour une collaboration permanente. Un grand nombre des séances de formation ont eu lieu sous les auspices de collectivités autochtones de manière à assurer que la formation tenait compte des besoins particuliers des jeunes Autochtones et des fournisseurs de services aux Autochtones.

Des séances de formation d'AME de deux jours ont eu lieu à 20 endroits différents de la Colombie-Britannique sur une période d'un an. La formation a attiré des APJ et d'autres professionnels du gouvernement et d'ailleurs (p. ex., des agents de tutelle, des conseillers en toxicomanie, des travailleurs du Programme d'assistance et de surveillance intensives, des travailleurs auprès des jeunes Autochtones, des chargés de cours suppléants), qui ont travaillé principalement auprès des jeunes ayant des démêlés avec la justice et des jeunes à haut risque de criminalité. Chaque activité AME a rejoint de 15 à 20 participants.

Healthy Aboriginal Network - Droppin' the Flag (partage d'information; 2011)

Ce projet était fondé sur la reconnaissance du fait que le phénomène des gangs de jeunes et la violence et la prolifération des drogues que l'on y trouve sont en croissance et attirent dans la criminalité de nombreux jeunes, y compris de nombreux jeunes Autochtones. Le projet a rejoint des jeunes impliqués dans les gangs et en détention pour la conception d'une bande dessinée avec texte visant à décourager l'adhésion à un gang. Au cours du projet, il a été décidé de produire également une vidéo avec la matière réunie, afin de maximiser l'exposition. La bande dessinée et la vidéo ont été diffusées sur le site Web du Healthy Aboriginal Network et ont été largement distribuées aux centres de détention des jeunes et à d'autres services de justice pour les jeunes.

Politique de justice pour les jeunes et Fonds du système de justice pour les jeunes

En plus de la collaboration permanente à des projets individuels entre le FSJJ et l'Unité des politiques, diverses questions précises ont aussi été abordées. Voici trois domaines particuliers où il y a eu du travail de concertation.

Ensemble des troubles causés par l'alcoolisation fœtale (ETCAF)

Bien qu'il n'ait rien de nouveau, l'ETCAF pose un défi permanent pour le système de justice pour les jeunes. Outre la recherche et les webinaires offerts par le service de politique, 41 projets ETCAF couvrant la période 2004-2016 se sont attachés à dégager des réponses et des soutiens plus appropriés pour les jeunes atteints de l'ETCAF qui ont des démêlés avec la justice. Les projets ont comporté des projets pilotes pour vérifier des façons novatrices de travailler avec cette population, de la formation, des conférences et des ateliers pour ceux qui travaillent auprès de ces jeunes, de la recherche et de l'évaluation sur les pratiques exemplaires et d'autres types de projets (p. ex., révision de sites Web, planification stratégique). Les bénéficiaires du financement ont été les gouvernements provinciaux et territoriaux et des ONG représentant la vaste majorité des provinces et des territoires au Canada. L'étude de cas de l'IJJ s'est attachée à deux des plus récents projets au Manitoba, qui sont décrits ci-après.

En 2008-2011, le projet « Understanding Youth with FASD Making Accommodations » du ministère de la Justice du Manitoba a comporté la production d'un outil « This is Me - My Life Book » par chaque jeune en conflit avec la loi qui a reçu un diagnostic d'ETCAF. Cet outil visait à aider les jeunes, les services correctionnels pour les jeunes, leurs aidants et d'autres membres de la collectivité à comprendre les besoins de ces jeunes et les meilleures approches à utiliser. Le projet a aussi comporté des activités de loisirs, un examen du milieu physique au Centre jeunesse du Manitoba par un ergothérapeute, la mise en œuvre des recommandations de ce rapport, et la production d'une vidéo informative.

Le projet pilote actuel (2013-2016) sur les services de traitement des dépendances à l'intention des jeunes atteints de l'ETCAF (le projet Starfish) de la Fondation manitobaine de lutte contre les dépendances offre des services de traitement des dépendances pour les jeunes qui vivent avec l'ETCAF et qui ont des démêlés avec la justice. Le participant reçoit un counselling individuel, en plus de prendre part à des petits groupes et à des activités récréatives et de loisirs. Au départ, le participant est appelé à assister à une à quatre séances par semaine, dont la fréquence diminue au fur et à mesure qu'il avance dans le programme. Le projet favorise aussi la participation continue en assurant le transport des participants, en leur envoyant des rappels de rendez-vous (par texto ou téléphone), en acceptant de rencontrer les clients dans des endroits et à des heures non traditionnels, et en fournissant du personnel de soutien.

Cyberintimidation

En réponse au problème émergent de la cyberintimidation, une demande de propositions a été envoyée aux provinces et aux territoires pour l'élaboration et/ou la mise en œuvre d'interventions justes et efficaces du système de justice pour les jeunes dans les cas où la cyberintimidation constitue une conduite qui justifie, ou qui pourrait justifier, l'intervention du système de justice pour les jeunes. Cet appel de propositions visait des projets d'une valeur maximale de 30 000 $, pour lesquels il y avait du financement disponible dans l'exercice 2013-2014. Les projets pouvaient comprendre l'exploration des tendances en cours, l'élaboration de protocoles, ou la tenue d'évaluations communautaires de la cyberintimidation dans les secteurs de compétence. Un représentant désigné pouvait mener les travaux pour leur compte.

La demande de propositions sur la cyberintimidation a donné lieu au financement de six projets, de janvier à mars 2014, dans cinq provinces. La nature des activités a varié : recherche (p. ex., des recensions de textes, un document de contexte, des sondages); production de documents d'information; activités de formation et de sensibilisation (p. ex., création de modules d'apprentissage électronique, des manuels de formation, des consultations); autres activités de sensibilisation (p. ex., bandes d'appareil mobile, production de vidéos, t-shirts); et élaboration de politiques et de procédures. Les populations cibles primaires variaient selon les projets, mais dans l'ensemble ont inclus le personnel du système de justice, comme la police, les administrateurs scolaires, les enquêteurs, les travailleurs auprès des jeunes, et les autres professionnels qui travaillent auprès des jeunes ayant des démêlés avec la justice.

Modifications à la LSJPA

En 2013-2014, il y a eu une deuxième demande de propositions avec les provinces et les territoires pour la mise à jour des documents existants ou la production de nouveaux documents sur la LSJPA dans l'optique des modifications apportées à la Loi par le projet de loi C-10, Loi sur la sécurité des rues et des communautés, entrée en vigueur le 23 octobre 2012. Il y avait du financement à hauteur de 10 000 $ pour aider les secteurs de compétence à changer le contenu, le format, l'approche, etc., de leur documentation existante et à produire de nouvelles documentations pour expliquer les modifications législatives. Les projets pouvaient comprendre des sites Web ou de la matière accessible par le Web, des documents imprimés, et/ou d'autres produits d'information appropriés. Les provinces et les territoires pouvaient confier à un représentant la tâche de mener les travaux pour leur compte.

En outre, il y a eu une demande de propositions aux associations provinciales et territoriales de VIJ pour la mise à jour et la production de documents de VIJ sur la justice pour les jeunes afin de refléter les dispositions du projet de loi C-10.

Les provinces et les territoires qui ont reçu du financement ont tous mis à jour leur guide de poche sur la LSJPA pour refléter les dispositions du projet de loi C-10. La plupart des organismes de VIJ ont mis à jour ou produit de la documentation sur la LSJPA en fonction des dispositions du projet de loi C-10. Les types d'activités ont varié selon chaque organisme de VIJ, et comporté l'élaboration, la mise à jour et/ou la production de fiches documentaires, de foire aux questions, de dépliants, de fiches, de guides d'enseignement et de guides de l'étudiant, d'articles, de livres, de cahiers de travail pour les jeunes et de vidéos.

Plusieurs de ces documents ont été mis en ligne dans le site Web de chaque organisation de VIJ. Les documents étaient offerts en français et en anglais pour les organismes de VIJ au Nouveau-Brunswick, au Québec et en Ontario. La Colombie-Britannique a produit ses documents imprimés (mais pas ses vidéos) dans les deux langues officielles grâce à ce financement.