Comité permanent de la justice et des droits de la personne – Projet de loi C-6, Loi modifiant le Code criminel (thérapie de conversion)
Résumé législatif du Projet de loi C-6 de la Bibliothèque du Parlement
Octobre 2020
Contexte
- Le projet de loi C-6, identique à l’ancien projet de loi C-8, appuie les engagements aux lettres de mandat du ministre de la Justice et de la ministre de la Diversité et de l’Inclusion et de la Jeunesse :
- Travailler ensemble en vue de modifier le Code criminel de façon à interdire les thérapies de conversion et d’entreprendre d’autres mesures nécessaires afin de mettre fin aux thérapies de conversion au Canada, notamment en travaillant avec les provinces et les territoires
Considérations
- Les éléments de preuve relevant des sciences sociales indiquent que:
- Les thérapies de conversion considèrent les identités autres qu’hétérosexuelle et cisgenre comme des pathologies ou des maladies auxquelles il faut remédier, ce qui est discriminatoire à l’endroit des personnes LGBTQ2;
- Les thérapies de conversion causent des préjudices aux personnes qui y sont soumises, plus particulièrement les enfants, notamment la dépression, l’anxiété, des idées suicidaires et des tentatives de suicide;
- Malgré ces préjudices, certains adultes choisissent de se soumettre à une thérapie de conversion, souvent en raison de la détresse causée par l’incompatibilité entre leur orientation sexuelle/identité de genre et leurs croyances religieuses.
Réponses actuelles
- Les associations de santé mentale ont dénoncé la pratique pour les motifs suivants :
- Elle est fondée sur des mythes et des stéréotypes au sujet de personnes LGBTQ2
- Elle cause des préjudices aux personnes qui y sont soumises
- Des infractions actuelles prévues au Code criminel peuvent s’appliquer :
- Par ex., séquestration, voies de fait, fraude et fomenter volontairement la haine
- Réponses provinciales et municipales
- Lois (Ontario, Nouvelle-Écosse, I.-P.-E, et projets de loi présentés au Yukon, au Québec et au Nouveau-Brunswick) et règlements administratifs municipaux (par ex., Vancouver et Calgary)
- Mesures non législatives (par ex., Énoncé de position du Manitoba)
- Réponses internationales
- Malte est le seul pays à avoir criminalisé les thérapies de conversion
- Le Parlement européen a adopté une résolution (mars 2018) condamnant les thérapies de conversion et exhortant l’Union européenne à interdire cette pratique
Projet de loi C-6 : Objectifs et éléments
- Interdire les actes liés aux thérapies de conversion afin de:
- Dénoncer les préjudices que les thérapies de conversion causent aux personnes qui y sont soumises, plus particulièrement les enfants; et
- Protéger la dignité et l’égalité des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, queer et bispirituelles (LGBTQ2).
- Propose de modifier le Code criminel aux fins suivantes :
- Définir l’expression « thérapie de conversion »
- Créer cinq nouvelles infractions;
- Autoriser les tribunaux à ordonner la saisie de matériel de publicité de thérapie de conversion et leur suppression des systèmes informatiques/de l’Internet.
Définition : Thérapie de conversion
- Le projet de loi C-6 définirait ainsi la thérapie de conversion :
- Pratique, traitement ou service qui vise soit à rendre une personne hétérosexuelle ou cisgenre, SOIT à réprimer ou à réduire toute attirance ou comportement sexuel non hétérosexuels
- Le projet de loi C-6 préciserait que la thérapie de conversion ne cible pas :
- une pratique, un traitement ou un service qui se rapporte à la transition de genre d’une personne OU à l’exploration ou à la construction de son identité, par exemple :
- Une intervention chirurgicale visant un changement de sexe ou un traitement connexe
- Toute thérapie qui ne maintient pas que seule l’orientation sexuelle hétérosexuelle, ou l’identité de genre cisgenre, est un résultat acceptable
- une pratique, un traitement ou un service qui se rapporte à la transition de genre d’une personne OU à l’exploration ou à la construction de son identité, par exemple :
Infractions proposées
- Le projet de loi C-6 créerait cinq nouvelles infractions :
- Faire suivre une thérapie de conversion à un mineur
- Infraction mixte : deux ans moins un jour sur déclaration de culpabilité par voie de procédure sommaire, et cinq ans par voie de mise en accusation
- Faire passer un mineur à l’étranger pour qu’il y suive une thérapie de conversion
- Infraction mixte : deux ans moins un jour sur déclaration de culpabilité par voie de procédure sommaire, et cinq ans par voie de mise en accusation
- Faire suivre une thérapie de conversion à une personne contre son gré
- Infraction mixte : deux ans moins un jour sur déclaration de culpabilité par voie de procédure sommaire, et cinq ans par voie de mise en accusation
- Bénéficier d’un avantage matériel provenant de la prestation de thérapies de conversion
- Infraction mixte : deux ans moins un jour sur déclaration de culpabilité par voie de procédure sommaire, et deux ans par voie de mise en accusation
- Faire de la publicité en vue d’offrir de la thérapie de conversion
- Infraction mixte : deux ans moins un jour sur déclaration de culpabilité par voie de procédure sommaire, et deux ans par voie de mise en accusation
- Faire suivre une thérapie de conversion à un mineur
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