La prostitution chez les jeunes : analyse documentaire et bibliographie annotée
Annexe A : Bibliographie annotée (suite)
* McCREARY CENTRE SOCIETY. Our Kids Too: Sexually Exploited Youth in British Columbia: An Adolescent Health Survey, Burnaby, Colombie-Britannique, 1999.
Ce rapport porte sur les besoins des jeunes qui se sont prostitués dans les petits centres urbains de la Colombie-Britannique. Quarante-quatre jeunes de moins de 19 ans qui avaient échangé des services sexuels contre des biens ou de l’argent ont participé à l’étude. Voici certaines des conclusions : la plupart étaient des jeunes filles; le tiers était des Autochtones; 80 % avaient été confiés à l’État; 90 % avaient été victimes de violence physique ou sexuelle. Bon nombre des jeunes avaient consommé de l’alcool et des drogues et la moitié avait tenté de se suicider. Les jeunes ont également fait état de l’importance de logements sûrs, des études et des possibilités d’emploi et des services de traitement des alcooliques et toxicomanes.
McDONALD, L., MOORE, B. et TIMOSHINKA, N. «Les travailleuses migrantes du sexe originaires d’Europe de l’Est et de l’ancienne Union soviétique : Le dossier canadien», Condition féminine Canada, novembre 2000.
Les Nations Unies évaluent à «quatre millions le nombre de personnes dans le monde qui font chaque année l’objet de trafic.»
Le nombre de personnes touchées par ce trafic qui entrent au Canada varie de 8 000 à 16 000. Selon plusieurs observateurs, le commerce du sexe est une forme florissante de trafic. Malheureusement, il n’existe pas d’étude fiable sur la nature et la portée du trafic des femmes aux fins de la prostitution et on manque de données sur le nombre de femmes qui font l’objet de trafic au Canada. Cette étude vise à examiner le trafic au Canada des femmes originaires d’Europe centrale et de l’Est. Des entrevues approfondies ont eu lieu auprès de 20 femmes prostituées, de 15 prestataires de services et de 15 informateurs clés (p. ex., police, propriétaires de salons de massage et agents d’immigration). La plupart des répondants travaillant dans le commerce du sexe avaient entre 18 et 26 ans, toutefois, les auteures estiment que bon nombre avaient moins de 18 ans, mais «hésitaient à préciser leur âge aux intervieweuses»
. Au moment de l’établissement de la méthodologie, les travailleuses du sexe (qui ont été consultées pendant la conception de l’étude) se sont opposées au terme «trafic»; elles soutenaient qu’il ne convenait pas, car toutes les travailleuses du sexe n’étaient pas des «victimes sans défense qui n’ont pas choisi de faire ce travail ou d’immigrer au Canada»
. Les auteures ont constaté que les changements politiques et économiques dans l’ex-Union soviétique et que le passage à l’économie de marché en Europe centrale et de l’Est avaient contribué à la féminisation de la pauvreté, d’où la vulnérabilité de certaines femmes à l’exploitation par le trafic. Les «conditions de recrutement, de migration et d’emploi étaient, dans bien des cas, déplorables et caractérisées par l’exploitation, le contrôle et l’illégalité des activités»
. Les auteures ont également constaté que peu de services sociaux étaient offerts aux travailleuses du sexe provenant des pays slaves et que nombre de femmes évitaient ces services à cause de leur statut d’immigrantes illégales. Le rapport comprend des recommandations pour aborder le trafic des femmes vers le Canada.
McINTYRE, S. «The youngest profession – the oldest oppression: A study of sex work» dans Child Sexual Abuse and Adult Offender New Theory and Research, sous la direction de C. Bagley et K. Mallick, Londres, Ashgate, 1999.
L’auteure a mené des entrevues auprès de 50 travailleurs du sexe (dont 41 femmes) à Calgary, en Alberta. Au moyen d’une théorie à base empirique et d’une approche féministe de l’interprétation des données, McIntyre a posé aux répondants une gamme étendue de questions sociales et démographiques. En général, l’auteure soutient que bien des jeunes se réfugient dans la rue, où leur famille de la rue répond à leurs besoins et où ils se sentent voulus, appuyés, soutenus et protégés. Quatre-vingt-deux pour cent des membres de l’échantillon ont été victimes de violence sexuelle avant de commencer à pratiquer le commerce du sexe tandis que les trois quarts ont été victimes de violence physique. L’âge moyen des jeunes au moment où ils ont commencé à se prostituer était de 14 ans (75 % avaient commencé avant l’âge de 16 ans et 86 % avant l’âge de 18 ans). Après avoir commencé à pratiquer le commerce du sexe, la plupart (82 %) avaient rencontré des clients dangereux. Parmi les autres dangers de leur mode de vie figuraient la consommation de drogues pour faire face à la prostitution, un mode de vie dangereux où les activités se déroulent à un rythme rapide, le manque de lien ou de soutien et les problèmes physiques (p. ex., l’épuisement). L’auteure critique les ouvrages actuels qui considèrent la prostitution chez les jeunes comme une forme de pathologie individuelle. La décision de se prostituer doit plutôt être interprétée en fonction des structures sociales comme le patriarcat, le capitalisme, la subordination des femmes et le manque de débouchés économiques. L’aspect demande de la prostitution doit être prise en considération dans l’examen du commerce du sexe chez les jeunes – le scénario sexuel des femmes en tant que fournisseurs et le besoin de sensations sexuelles des hommes occupent une place centrale dans la question de la prostitution et du patriarcat. L’auteure établit une typologie pour expliquer le phénomène des jeunes qui commencent à se prostituer : origine familiale, séparation et attachement, survie, autonomie, cycle de violence et pouvoir et contrôle. La typologie explique ce qui attire et retient une personne dans le commerce du sexe; cette typologie n'est pas statique et elle évolue au gré du temps pour chaque individu.
McKEGANEY, N. P. et BARNARD, M. Sex Work on the Streets: Prostitutes and their Clients, Buckingham, Angleterre, Open University Press, 1996.
Les auteurs ont utilisé des données d’entrevues sur trois ans auprès de prostituées et de leurs clients pour examiner la pratique de la prostitution à Glasgow en Écosse. Selon les données, il y a une corrélation entre la prostitution et la consommation de drogues, et les femmes qui pratiquent le commerce du sexe craignent constamment la violence et leur arrestation (la violence à l’endroit des prostituées est courante). Les auteurs signalent des niveaux faibles et variés de sida chez les prostituées contrairement à la croyance populaire selon laquelle les prostituées constituent une menace à la santé publique. Les prostituées font une distinction entre les rencontres sexuelles payées et privées en tant que façon de gérer leur identité personnelle. Les renseignements sur les clients qui achètent les services sexuels de prostitués sont les suivants : capacité d’obtenir des actes sexuels spéciaux; excitation que procure une relation clandestine; désir de tenir secrète la nature transactionnelle de l’interaction. Les attitudes selon lesquelles les prostitués transgressent les rôles assignés à chacun des sexes sont observées dans le système de justice pénale et servent à expliquer la violence envers les prostitués. Les auteurs décrivent brièvement les répercussions de la politique publique (p. ex., les modifications au statut juridique de la prostitution ne seront appliquées que si elles s’accompagnent d’attitudes sociales à l’égard des relations sexuelles en général et de la prostitution en particulier). Ce changement d’attitude ne se produira que si nous considérons les personnes qui se livrent à la prostitution comme des personnes et non comme les sujets des manchettes des journaux et de la moralisation de salon.
McLAREN, J. «Chasing the social evil: Moral fervour and the evolution of Canada’s prostitution laws, 1867-1917», Canadian Journal of Law and Society, vol. 1, 1986, p. 125-165.
Les spécialistes de l’histoire sociale et du droit étudient souvent les relations entre le droit pénal et la moralité. John McLaren examine comment diverses préoccupations morales ont influé sur la promulgation et l’application de la législation sur la prostitution au Canada entre 1867 et 1917. Cet article montre comment les réformateurs britanniques ont influencé la création des premières lois sur la prostitution au Canada. Les inquiétudes que suscitait à l’étranger l’association entre la prostitution et les maladies vénériennes et les craintes au sujet de la prostitution chez les enfants qu’on considérait comme une forme d’esclavage des blancs ont eu une incidence sur les efforts en matière de réforme au Canada. Divers groupes d’intérêts, allant des groupes de défense des femmes aux organismes religieux, ont incité le gouvernement à édicter des lois pour protéger les femmes et les enfants contre le fléau de la prostitution. Cependant les législateurs et les réformateurs n’ont pas tenu compte des conditions économiques et sociales qui ont amené des femmes et des jeunes filles à se prostituer, les lois promulguées pour mettre fin à l’exploitation sexuelle des prostitués n’ont pas diminué l’incidence de la prostitution et la loi a souvent servi à harceler et à victimiser les prostitués. En guise de conclusion, McLaren met en garde les législateurs contemporains contre les dangers de la ferveur morale excessive et le piège que constitue le fait de considérer la loi comme une solution universelle à ce problème social complexe.
McLEOD, E. Women Working: Prostitution Now, Londres, Crook Helm, 1982.
Selon la plupart des explications des raisons pour lesquelles les hommes ont recours aux services des prostituées, les clients masculins sont des individus aux goûts sexuels pervers ou le sous-produit du désir macho de considérer les femmes comme des objets sexuels. L’auteure a procédé à des entrevues en profondeur auprès de 20 clients et elle a parlé à des prostituées pour comprendre pourquoi les hommes achètent des services sexuels. Les données brossent un tableau des clients très différent de celui obtenu dans les études précédentes de cette population. L’auteure affirme qu’on ne peut pas se contenter de qualifier les clients d’hommes pervers peu nombreux; leurs actions reflètent la position sociale dominante des hommes de diverses façons. Obtenir une gratification sexuelle contre une somme d’argent, quoi qu’on pense de la valeur de cette activité, n’est pas seulement le fait des hommes, mais cela n’est pas proscrit dans leur cas dans la même mesure que pour les femmes. Ce que les hommes veulent surtout des prostituées, c’est une gratification axée sur soi. À cet égard, les hommes sont également victimes des structures sociales existantes. L’auteure soutient que les hommes ont recours aux prostituées parce que les rôles hétérosexuels stéréotypés mettent l’accent sur la prouesse et la domination masculine et que l’institution du mariage n’a pas répondu à leurs besoins psychologiques et sexuels, mais ils ont trop peur de révéler la vérité de leur expérience du mariage.
McMULLEN, R. «Boys involved in prostitution», Youth and Policy, vol. 28, 1988, p. 35-42.
Cet article examine la dynamique comportementale de la prostitution chez les jeunes et les conditions associées au commerce du sexe chez les jeunes à Londres. L’auteur fait remarquer que les jeunes prostitués se perçoivent souvent comme étant dans une position de pouvoir par rapport au client – un genre de jeu pour obtenir le contrôle. En réalité, les enfants et les jeunes qui se prostituent courent divers risques (p. ex., violence, viol, maladies transmises sexuellement et abus d’alcool et d’autres drogues). L’auteur indique que les réactions morales à la prostitution en disent plus sur la société qui «projette» sa moralité que sur le phénomène de la prostitution juvénile. L’étiquette de la prostitution a une incidence sur l’identité d’un jeune et le développement de son moi. À cet égard, il faut comprendre que bon nombre de ces jeunes qui se prostituent sont des fugueurs (qui proviennent souvent d’un milieu familial où règne la violence physique et sexuelle) tentant de survivre. En guise de conclusion, l’auteur décrit un service de soutien et de counseling (Streetwise) à l’intention des jeunes prostitués qui vise à habiliter les jeunes sans entreprendre une croisade morale pour «sauver» les jeunes du commerce du sexe.
MICHAUD, M. A. Dead End: Homeless Teenagers, A Multi-Service Approach, Calgary, Detselig Enterprises, 1988.
La société canadienne assiste à une hausse croissante de nombre de jeunes itinérants. Comme ils disposent de peu d’autres possibilités de survie, bon nombre de ces jeunes ont tôt fait d’adopter un comportement déviant et illégal comme source de revenu. Cet ouvrage intègre le point de vue de diverses disciplines afin de mettre en contexte les problèmes liés à l’itinérance chez les jeunes et d’explorer les moyens d’aider les jeunes à quitter la rue. Deux chapitres portent sur les relations entre la violence sexuelle et physique subie pendant l’enfance, la décision de faire une fugue et le fait de se livrer par la suite à la prostitution. L’auteure préconise une approche de services polyvalents, coordonnée par tous les ordres de gouvernement, qui insiste sur la prévention, l’intervention d’urgence et l’amélioration des services offerts aux jeunes itinérants pour les aider à quitter la rue.
MICHAUD, M. A. «Teenagers who prostitutes», dans Dead End: Homeless Teenagers, A Multi-Service Approach, M. A. Michaud, Calgary, Detselig Enterprises, 1988.
La prostitution constitue un aspect important du phénomène de l’itinérance chez les jeunes. Cet article porte sur les points de vue des jeunes et vise à décrire les facteurs associés à la prostitution chez les jeunes, y compris leurs antécédents, l’incidence de la violence sexuelle, les questions relatives à la santé psychologique et physique et le contact avec le système de justice pénale. Des entrevues personnelles ont eu lieu auprès de 42 prostitués de moins de 19 ans. Selon les résultats, bien des jeunes font une fugue pour fuir un milieu familial perturbé qu’ils considèrent comme intolérable à cause de la violence sexuelle qui y règne. Une fois dans la rue, les jeunes commencent à se prostituer pour des raisons économiques et il leur devient de plus en plus difficile de quitter le commerce du sexe après avoir adopté ce mode de vie pendant une période prolongée. L’auteure préconise une réponse immédiate et générale afin d’empêcher plus de jeunes de se livrer à la prostitution.
MILLER, J. et SCHWARTZ, M. D. «Rape myths and violence against street prostitutes», Deviant Behavior, vol. 16, no 1, 1995, p. 1-23.
Les auteurs de cette étude ont utilisé des entrevues personnelles auprès de 16 prostituées de la rue dans une prison de comté (ville du Midwest américain) pour examiner l’expérience et la signification de la violence à l’endroit des prostituées. Les répondants ont fait état d’un nombre important de viols et d’actes de violence. Selon les auteurs, les mythes stéréotypés concernant le viol ne sont évoqués que dans le cas des prostituées pour alimenter la violence et la dépréciation qui permettent à la société de ne pas tenir compte de ce traitement. Plusieurs mythes ressortent des entrevues : il est impossible de violer les prostituées; les prostituées ne subissent pas de préjudice lorsqu’elles sont violées; les prostituées méritent d’être violées; toutes les prostituées sont identiques. Les auteurs soutiennent que la violence envers les prostituées est le reflet du phénomène général de la violence à l’égard des femmes.
MINICHIELLO, V., RODRIGO, M. BROWNE, J., JAMIESON, M., PETERSON, K., REUTER, B., ROBINSON, K. «A profile of the clients of male sex workers in three Australian cities », Australian and New Zealand Journal of Public Health, vol. 23, no 5, 1999, p. 511-518.
Ce document présente les conclusions d’une étude des clients de prostitués masculins établies à partir des déclarations de travailleurs du sexe masculins. Les auteurs visent à tracer un portrait plus détaillé des clients en demandant aux travailleurs du sexe de décrire chaque client séparément. Le document décrit les perceptions des travailleurs du sexe concernant les caractéristiques socio-démographiques des clients et il compare les clients selon la source de recrutement. Des travailleurs du sexe qui ont publié des annonces dans les journaux, des travailleurs du sexe de la rue et des travailleurs faisant partie d’agences d’escortes à Sydney, Melbourne et Brisbane ont été recrutés pour l’étude. On a demandé aux travailleurs du sexe de remplir un bref questionnaire (appelé journal) à la suite d’une rencontre sexuelle avec un client. Cent quatre-vingt-six travailleurs du sexe ont participé à l’étude; ils ont fourni des renseignements sur 2 088 rencontres et profils pour 1 776 clients. Les clients les plus nombreux étaient dans la quarantaine (31,7 %), suivis des clients dans la trentaine (28,7 %) et de ceux dans la vingtaine (16 %). La plupart des clients étaient considérés comme étant de la «classe moyenne». Les clients «riches» recouraient généralement aux services d’une agence d’escorte tandis que les clients «pauvres» avaient recours aux services des travailleurs de la rue. La plupart des clients ont été identifiés comme homosexuels (45 %) ou bisexuels (31,3 %). Les clients avaient rarement consommé de la drogue ou de l’alcool avant la rencontre sexuelle. Les travailleurs du sexe ont déclaré qu’ils avaient certains renseignements personnels sur leurs clients (61,2 % des cas). Une confiance supérieure entre le client et le travailleur du sexe peut entraîner la prise de risques accrue en matière de pratiques sexuelles (7 % des clients ont demandé d’avoir des relations sexuelles non protégées). Les clients ont eu rarement recours à la violence (elle se produisait plus souvent dans le cas des clients de la rue que dans celui des autres genres de clients). Selon les auteurs, les résultats aideront à élaborer une politique et des stratégies d’éducation. Cependant, il faut de toute urgence mieux comprendre l’interaction entre le client et le travailleur du sexe masculin.
MINISTÈRE DE LA JUSTICE CANADA. La prostitution : les effets de la loi, Rapport de synthèse, Ottawa, 1989.
En décembre 1985, le gouvernement fédéral a présenté le projet de loi C-49 qui criminalisait le racolage à des fins de prostitution. Ce projet de loi contenait une mesure de réexamen obligatoire. En réponse, le ministère de la Justice du Canada a commandé une série d’évaluations régionales (Vancouver, Calgary, Toronto, Montréal et Halifax; portant sur les activités relatives à la prostitution à Regina, Winnipeg, London, Niagara Falls, Ottawa, Trois-Rivières et Québec) pour examiner l’efficacité du projet de loi C-49 (loi sur le racolage). Ce Rapport présente une synthèse de ces évaluations régionales. On a demandé aux chercheurs d’examiner les questions suivantes : 1) A-t-on noté un recul de la prostitution de rue, tant au niveau du nombre des prostituées et des clients que de leur comportement affiché ? 2) Quelles ont été les autres conséquences de la loi ? 3) Les forces policières et les tribunaux trouvent-ils la nouvelle loi plus facile à appliquer que la précédente ? 4) La loi a-t-elle été appliquée également aux hommes et aux femmes qui se livrent à la prostitution, et à leurs clients ? Voici certaines des conclusions : 1) Les prostitués accusés de faire du racolage pour la première fois se sont vu infliger des peines plus sévères que les clients délinquants primaires (cela n’a pas été constaté à Montréal). 2) Il était difficile de déterminer si le projet de loi C-49 réduisait clairement l’ampleur du commerce du sexe dans la rue. Cependant, à Vancouver et à Toronto, la loi «n’a guère réussi à déloger les prostituées de la rue.»
3) La prostitution de rue a continué d’être un «métier dangereux»
et, dans certaines provinces, les prostituées «ont été forcées à travailler dans des endroits plus isolés, donc plus dangereux.»
En ce qui concerne la prostitution juvénile, le rapport fait état de «divergences d’opinion sur l’ampleur du phénomène de la prostitution au Canada.»
Dans certaines provinces, le personnel de la justice pénale croyait que le projet de loi C-49 l’avait aidé à offrir un milieu contrôlé et structuré aux jeunes. «En revanche, dans le cas des jeunes plus «endommagés», la loi n’a servi qu’à les enfoncer davantage dans le crime.»
MOK, B.-H. et JITONG, L. «In the service of market socialism: The quest for a welfare model in China», Journal of Sociology and Social Welfare, vol. 26, no 3, 1999, p. 137-149.
Le passage d’un système de bien-être social à une économie de marché socialiste en Chine à la fin des années 1970 s’est accompagné de l’émergence de nouveaux problèmes et besoins sociaux. Les nouvelles questions sociales comprenaient le chômage, la détérioration des relations familiales, la pauvreté chez les populations vulnérables et la prostitution. Ce document examine un modèle de bien-être social proposé par le gouvernement chinois pour contenir les effets déstabilisants des problèmes sociaux et servir le socialisme de marché nouvellement adopté. Les auteurs font remarquer que la prostitution était auparavant inimaginable en Chine socialiste, mais qu’elle est devenue un problème persistant. Selon une étude réalisée en 1994, malgré les diverses raisons pour lesquelles les femmes ont choisi de se prostituer, plus de la moitié des femmes sondées ont déclaré que l’argent était la principale raison de pratiquer le commerce du sexe. Pour lutter contre les nouveaux maux sociaux – comme la prostitution – le gouvernement chinois a commencé à explorer les étapes nécessaires pour socialiser le bien-être social. Comme l’ont répété à maintes reprises les dirigeants chinois, la mission du bien-être social est d’aider à construire et à consolider un socialisme présentant des caractéristiques chinoises en utilisant au maximum le marché.
MORSE, E.V, SIMON, P. M. et BALSON, P. M. «Sexual behavior patterns of customers of male street prostitutes», Archives of Sexual Behavior, vol. 21, no 4, 1992, p. 347-357.
Les auteurs de cette étude ont utilisé des entrevues semi-structurées auprès de 211 prostitués masculins et de 15 clients masculins pour examiner le comportement sexuel des clients des prostitués de la rue. Les entrevues portaient sur les antécédents et le mode de vie, les comportements sexuels et la consommation d’alcool ou d’autres drogues et la connaissance du VIH. Selon les résultats, les clients étaient au courant de l’infection à VIH, mais ils participaient à des activités sexuelles et adoptaient des comportements en matière d’utilisation de drogues à risque élevé. Les prostitués affichaient un taux élevé d’infection au VIH (175 pour 1 000). Selon les auteurs, comme les clients des prostitués s’étaient déclarés bisexuels ou hétérosexuels, il semble logique qu’ils aient infecté d’autres personnes (y compris leurs partenaires hétérosexuels).
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