La prostitution chez les jeunes : analyse documentaire et bibliographie annotée
Annexe A : Bibliographie annotée (suite)
TASK FORCE ON CHILDREN INVOLVED IN PROSTITUTION. Children Involved in Prostitution, Edmonton, Alberta, Ministère de la Famille et des Services sociaux, 1997.
Le gouvernement de l’Alberta a créé le Task Force on Children Involved in Prostitution pour répondre aux préoccupations croissantes à l’égard des enfants qui se livrent à la prostitution dans cette province. Ce Groupe de travail s’est vu confier le mandat d’examiner les travaux et les recommandations de divers groupes de travail et collectivités, d’examiner les programmes d’autres administrations qui pourraient être implantés efficacement en Alberta et de recommander des mesures à prendre au Ministre de la Famille et des Services sociaux de l’Alberta. Le Groupe de travail a soutenu que les enfants qui se livrent à la prostitution doivent être considérés comme des victimes de violence. S’ils ne sont pas agressés dans leur milieu familial, ces enfants sont certainement victimes de violence sexuelle lorsqu’ils sont utilisés par un
proxénète ou un client. Selon le cadre philosophique de toutes les recommandations du groupe de travail, les enfants qui se prostituent sont victimes de violence sexuelle. Le rapport formule des recommandations dans le domaine judiciaire, de l’éducation, de la santé et du soutien social pour lutter contre la prostitution chez les jeunes. Les principaux facteurs qui contribuent à la décision d’un jeune de commencer à se prostituer sont les suivants : difficultés à l’école et dans le milieu familial (p. ex., violence physique et psychologique), pairs hors de l’ordinaire et expériences sexuelles précoces. Les obstacles qui empêchent de quitter la rue sont la piètre estime de soi, le petit nombre de modèles de comportement positifs, les liens familiaux lâches ou dysfonctionnels, l’abus de l’alcool ou d’autres drogues et le contrôle par un individu comme
un proxénète ou un «petit ami»
. Voici certaines des recommandations : modifier le paragraphe 212(4) du Code criminel afin qu’il soit plus facile à appliquer; présenter une loi sur la prostitution chez les enfants pour légiférer sur le soutien d’un continuum de services; renseigner les parents au sujet de questions relatives à la prostitution chez les enfants; concevoir une campagne médiatique pour sensibiliser davantage le public à la prostitution chez les enfants. Le groupe de travail a insisté sur l’importance de la prévention, de l’intervention rapide et du traitement des enfants qui se prostituent. Ces enfants appartiennent à nos collectivités et à nos familles. Nous devons tous conjuguer nos efforts pour mettre fin à la violence envers nos enfants.
TREMBLE, B. «Prostitution and survival: Interviews with gay street youth», The Canadian Journal of Human Sexuality, vol. 2, 1993, p. 39-45.
Cette étude porte sur les entrevues menées auprès de jeunes homosexuels de la rue à Toronto, en Ontario, pour examiner leur qualité de vie, le processus qui les a amenés à se réfugier dans la rue et leurs caractéristiques générales. Selon les données, ces jeunes représentent divers groupes ethniques, culturels et socio-économiques, et en raison de leur situation familiale, ils sont souvent en contact avec les services sociaux. De plus, la majorité de ces jeunes ont fui un milieu familial violent ou un foyer d’accueil. L’auteur formule des recommandations à l’intention des prestataires de services qui s’occupent des jeunes homosexuels de la rue (p. ex., mettre fin aux préjugés moraux à l’égard de la prostitution, offrir des compétences sociales et en dynamique de la vie appropriées et accorder une attention particulière aux perceptions différentes de la prostitution pour des raisons de culture).
UDEGBE, I. B. et FAJIMOLU, O. O. «Family structure, parental attachment, need for affiliation and autonomy as factors distinguishing between young prostitutes and non-prostitutes», Indian Journal of Behaviour, vol. 16, 1992, p. 20-27.
Cette étude compare 78 prostituées (dont l’âge moyen est de 22 ans) à 85 non-prostituées (étudiantes de premier cycle) concernant divers facteurs, dont la situation familiale, les associations avec les pairs, les besoins d’affiliation et le désir d’autonomie. Des questionnaires d’autoévaluation ont été administrés à l’ensemble des membres de l’échantillon (dont l’âge s’établissait entre 15 et 27 ans). Selon les données, les prostituées ont généralement un père polygame, une mère qui s’est mariée plus d’une fois, plus de frères et de sœurs toutes proportions gardées, et elles ont quitté le milieu familial à un âge plus jeune. En outre, les prostituées de l’échantillon n’étaient pas aussi attachées à leurs parents que les non-prostituées. Aucune différence entre les groupes n’a été constatée en ce qui concerne les besoins d’affiliation et le désir d’autonomie.
UNGER, J. B., SIMON, T. R., NEWMAN, T. L., MONTGOMERY, S. B., KIPKE, M. D. et ALBORNOZ, M. «Early adolescent street youth: An overlooked population with unique problems and service needs», Journal of Early Adolescence, vol. 18, no 4, 1998, p. 325-348.
Les auteurs de cet article examinent les besoins et les problèmes de jeunes adolescents de la rue (âgés de 12 à 15 ans). Les adolescents plus jeunes risquent plus de subir les conséquences psychologiques et physiques négatives de la vie dans la rue (p. ex., manque de compétences en prise de décision, vulnérabilité à l’influence des pairs, exposition aux groupes de pairs déviants, manque d’orientation des adultes et des parents et réticence à recourir aux services offerts dans la rue). Cette étude porte sur les caractéristiques démographiques et le mode de vie de 245 jeunes de la rue de Los Angeles et de San Diego en Californie. Quatre-vingt-neuf pour cent des membres de l’échantillon avaient 14 ou 15 ans, 51 % étaient de sexe masculin et 42 % étaient de race blanche. Il y avait une corrélation positive entre l’identification au groupe des
jeunes homosexuels et bisexuels et l’identification au groupe des «travailleurs du sexe»
. Quarante-neuf pour cent des adolescents étaient sans abri ou vivaient dans un endroit non conçu pour être une résidence permanente. Parmi ces adolescents, 33 (28 %) étaient itinérants depuis un an ou plus. Les sources d’argent les plus courantes des jeunes adolescents étaient les parents et la famille, la mendicité et les amis même si 40 % ont déclaré qu’ils se livraient à des activités illicites comme la prostitution, le trafic de stupéfiants, le vol et l’agression ou le vol simple. Il faut poursuivre les recherches pour déterminer les facteurs qui amènent un jeune à faire une fugue ou à être chassé de son milieu familial pour déterminer les facteurs qui peuvent protéger les jeunes contre l’itinérance et si les interventions
visant l’économie de la rue réduiront l’itinérance et l’incidence de la vie dans la rue.
VISANO, L. A. This Idle Trade: The Occupational Patterns of Male Prostitution, Concord, Ontario, VistaSana Books, 1987.
Ce livre, qui repose sur un cadre d’analyse des interactions, examine la construction d’un ouvrage déviant et la signification de cette expression selon l’interprétation de différents intervenants. L’auteure a utilisé les observations des participants, des discussions de groupe et des observations pour examiner 33 jeunes prostitués. En outre, l’auteure a effectué une analyse longitudinale de deux ans concernant 12 garçons et il a interrogé divers membres du personnel de la justice pénale et des services sociaux. Voici les principaux thèmes de l’ouvrage : les jeunes hommes définissent leur participation à la prostitution d’un point de vue professionnel en minimisant la perception de soi déviante (les intervenants définissent la prostitution comme faisant partie d’une vente agressive); les jeunes prostitués sont en conflit avec leurs collègues, leurs clients et les agents des services juridiques et sociaux, et la prostitution met en jeu diverses relations sociales. Les résultats font ressortir les efforts que font les gens pour s’adapter à leur vie professionnelle et ils contribuent à notre compréhension de la prostitution masculine.
VITALIANO, P., JAMES, J. et BOYER, D. «Sexuality of deviant females: Adolescent and adult correlates», Social Work, vol. 26, 1981, p. 468-72.
Les études précédentes sur les femmes révèlent qu’il y a un rapport entre les traumatismes sexuels subis pendant l’enfance, la piètre image de soi et la participation future à des activités déviantes à l’âge adulte. Les études sur les précurseurs de la prostitution féminine portent sur la violence subie pendant l’enfance ou les facteurs économiques et elles ne tiennent pas compte des facteurs relatifs à la perte «perçue ou forcée»
de l’estime de soi pendant l’adolescence. Cette étude suppose que les expériences sexuelles négatives vécues pendant l’enfance ont une incidence sur l’image de soi des adolescentes. Les auteurs ont comparé un groupe de prostituées à un groupe de 269 délinquantes. Des entrevues personnelles ont eu lieu avec les participantes pour atteindre deux objectifs : 1)
définir les expériences sexuelles précoces des femmes (positives ou négatives); 2) tester l’hypothèse selon laquelle il y a un rapport entre une expérience sexuelle précoce et les modes de vie déviants. Selon les données, les prostituées étaient plus susceptibles d’avoir connu une expérience sexuelle négative (c.-à-d. relations sexuelles forcées ou sous la contrainte) pendant leur adolescence que les délinquantes. Les auteurs ont élaboré à l’Université de Washington un programme de counseling sur les rôles assignés à chacun des sexes pour tenir compte de la perte d’estime de soi perçue ou forcée chez les prostituées. Les objectifs du programme sont les suivants : 1) aborder les facteurs associés à l’étiquetage; 2) établir une distinction entre la perception de soi en tant que délinquante
sexuelle et le statut de victime sexuelle; 3) rétablir et améliorer chez les femmes le concept des modèles de réussite féminins.
WACHTEL, A. «Some reflections on the Badgley report» dans Regulating Sex: An Anthology of Commentaries on the Findings and Recommendations of the Badgley and Fraser Reports, sous la direction de J. Lowman, M. Jackson, T. Palys et S. Gavigan, Burnaby, C.-B., Simon Fraser University, 1986.
L’auteur examine le Rapport Badgley à la lumière de trois grands thèmes : 1) la définition de la violence sexuelle à l’endroit des enfants en tant que problème national; 2) l’approche du Rapport axée sur les enfants; 3) l’ambivalence du Comité au sujet des enfants et de la sexualité. Il fait état des problèmes que suscitent les méthodes et les chiffres qu’a utilisés le Comité pour indiquer l’incidence de la violence sexuelle; cependant une comparaison avec d’autres estimations confirme la conclusion selon laquelle la violence sexuelle envers les enfants est un problème social généralisé. L’auteur reproche au Rapport d’avoir médicalisé l’inceste dans le cadre de ses discussions sur la génétique – mettre l’accent sur la génétique ne tient pas compte des objections sociales à l’inceste. L’approche du Rapport axée sur l’enfant constitue l’un de ses points forts.
WEBBER, M. Street Kids: The Tragedy of Canada’s Runaways, Toronto, University of Toronto Press, 1991.
Cet ouvrage trace le profil des expériences des jeunes de la rue itinérants et pris au piège. L’auteure a procédé à des entrevues en profondeur auprès de jeunes de la rue et d’ex-jeunes de la rue dans diverses villes canadiennes. Entre autres, elle montre les aspects préjudiciables de la vie dans la rue (c.-à-d. jeunes prostitués qui subissent la violence des proxénètes et des clients et jeunes qui éprouvent des problèmes d’abus d’alcool et d’autres drogues). Nombre de jeunes finissent par se retrouver dans la rue après avoir fui un milieu familial où règne la violence physique, sexuelle et psychologique. Selon un chapitre sur les enfants victimes d’abus sexuels, certains jeunes de la rue sont obligés de se prostituer pour subsister. L’ouvrage indique également en détail comment les jeunes sans abri et affamés ont des démêlés avec un système de justice pénale qui ne tient pas compte des conditions d’existence des jeunes de la rue. Par ailleurs, les prestataires de services s’efforcent d’aider les jeunes aux prises avec les difficultés de la rue; cependant, les interventions à ce stade arrivent souvent trop tard, et la plupart des organismes ne disposent pas des fonds et des outils nécessaires pour offrir aux jeunes des possibilités de quitter la rue. Le phénomène des jeunes de la rue se produit à un moment où la pauvreté s’accroît et où le filet de sécurité sociale se rétrécit.
WEISBERG, D. K. Children of the Night: A Study of Adolescent Prostitution, Lexington, Lexington Books, 1985.
Ce n’est que depuis relativement peu de temps que la prostitution constitue un problème social. La prostitution juvénile a commencé à susciter des préoccupations pendant les années 1960, au moment où la violence envers les enfants est devenue un problème social d’actualité. L’auteure examine diverses questions liées à la prostitution chez les jeunes (des deux sexes). Elle met l’accent sur l’origine du phénomène, les modes de vie associés à la prostitution et l’interaction des jeunes prostitués avec le personnel de la justice pénale et des services sociaux. Elle examine également la corrélation entre la prostitution chez les adolescents et la violence à l’endroit des enfants et les fugues. Cet ouvrage est fondé en partie sur un projet de recherche qui a fait appel à de multiples méthodes pour obtenir des renseignements démographiques et descriptifs détaillés sur la prostitution juvénile. Entre autres, l’auteure révèle les données suivantes sur les adolescentes et les adolescents prostitués : âge moyen de 16 ans, l’âge moyen au moment où ils ont commencé à se prostituer était de 14 ans; la plupart ont été victimes de violence physique et sexuelle; la plupart ont fait plusieurs fugues; et ce sont leurs pairs qui les ont entraînés vers la prostitution. La plupart des jeunes n’ont pas l’instruction ou les compétences professionnelles nécessaires pour subsister, ce qui les incite à se prostituer. Une grande partie des adolescents prostitués ont des préférences homosexuelles. L’auteure formule des recommandations pour aider les organismes de services juridiques et sociaux à aider les jeunes de la rue et les fugueurs (c.-à-d. services de sensibilisation dynamique, coopération entre organismes, établissement de relations solides avec les clients, aider le personnel qui souffre d’épuisement professionnel et prendre des mesures pour répondre aux divers besoins des jeunes prostitués).
WEST, D. J. «Male prostitution: Gay sex services in London», Londres, Angleterre, Gerald Duckworth & Co. Ltd, 1992.
L’auteur vise à réfuter les mythes et la confusion et à décrire la situation de la prostitution masculine à Londres en Angleterre en recourant à des termes plus objectifs et en s’inspirant de moins d’idées préconçues que ne l’ont fait les rédacteurs par le passé. L’auteur a enregistré des observations sur le commerce du sexe chez les hommes dans le but de promouvoir des politiques sociales réalistes. Il a mené des entrevues auprès de 87 travailleurs du sexe masculins. Un travailleur du sexe se définit comme une personne qui offre des services sexuels personnels à divers clients choisis surtout en fonction de ce qu’ils sont prêts à payer. Parmi les questions abordées dans l’ouvrage figurent la violence et le risque de violence chez les jeunes prostitués, le risque d’infection au VIH et les précurseurs de la vie de travailleur du sexe.
WIDOM, C. S. «Childhood sexual abuse and criminal consequences», Society, mai/juin, 1996, p. 47-53.
Il y a beaucoup d’études sur le «cycle de violence»
ou les conséquences négatives (c.-à-d. le comportement plus violent) de la violence sexuelle ou physique ou de la négligence subie pendant l’enfance. Elles portent surtout sur les relations entre la violence sexuelle subie pendant l’enfance et la participation ultérieure à des activités délinquantes. Malheureusement, bon nombre de ces études souffrent de lacunes méthodologiques (c.-à-d. qu’elles présentent un rapport rétrospectif sur les adultes et qu’elles ne font pas appel à des groupes de référence). L’auteure de cette étude a posé trois questions pour examiner les conséquences criminelles possibles à long terme de la violence sexuelle subie pendant l’enfance : 1) Les victimes de violence sexuelle risquent-elles plus d’avoir un comportement criminel plus
tard ? 2) Risquent-elles davantage de commettre des crimes sexuels ? 3) Y a-t-il un lien entre la violence sexuelle, les fugues et la prostitution ? L’auteure a examiné les antécédents de 908 victimes de violence physique ou sexuelle ou la négligence subie pendant leur enfance qui ont été traduites devant les tribunaux entre 1967 et 1971. Les cas étaient répartis en deux groupes : les personnes qui avaient été victimes de violence et de négligence et les personnes d’un groupe témoin qui n’avaient pas été victimes de violence ou de négligence. Selon les données, les victimes de violence et de négligence pendant leur enfance risquent plus d’adopter un comportement criminel. Les victimes de violence sexuelle n’étaient pas plus susceptibles que les autres victimes de violence physique ou de négligence de participer à des activités
criminelles. Cependant, en ce qui concerne la prostitution, l’auteure soutient que les victimes de violence sexuelle pendant leur enfance étaient plus susceptibles de faire des fugues et de se prostituer que les autres victimes de mauvais traitements pendant leur enfance et les membres du groupe témoin. Le lien entre la violence subie pendant l’enfance et la négligence et l’adoption ultérieure d’un comportement criminel n'est pas inévitable; cependant nous devons être conscients du risque particulier que courent les victimes.
WIDOM, C. S. et AMES, M. S. «Criminal consequences of childhood sexual victimization», Child Abuse and Neglect, vol. 18, no 4, 1994, p. 308-318.
De nombreuses études ont porté sur le lien entre la violence sexuelle subie pendant l’enfance et la participation à des activités négatives, c’est-à-dire délinquance, fugue, promiscuité et comportement sexuel inapproprié. Cette étude examine les conséquences criminelles à long terme de la violence sexuelle subie pendant l’enfance. Au moyen d’une cohorte prospective, les auteurs ont examiné les antécédents criminels officiels de 908 personnes victimes de violence sexuelle pendant leur enfance. L’étude comprenait un groupe témoin de personnes victimes de violence physique et de négligence et un groupe témoin dont l’âge, la race, le sexe et le statut socio-économique étaient semblables. (Sur les 319 enfants victimes de violence et de négligence avant d’avoir atteint l’âge scolaire, il y avait appariement pour 229). Selon les résultats, la violence sexuelle pendant l’enfance n’accroît pas plus le risque, par rapport à la violence et à la négligence, qu’une personne devienne plus tard délinquante et qu’elle s’adonne à des activités criminelles à l’âge adulte. Les jeunes victimes de violence sexuelle risquaient plus d’être arrêtés pour avoir fait une fugue. Les victimes de violence sexuelle pendant leur enfance étaient plus susceptibles d’être arrêtées pour prostitution à l’âge adulte que les personnes victimes d’autres genres de violence et de négligence et les membres du groupe témoin, quel que soit leur sexe. Les auteurs ont examiné le nombre de jeunes arrêtés pour avoir fait une fugue qui se livraient également à la prostitution à l’âge adulte; il n’y avait pas de rapport direct probant entre la violence sexuelle subie pendant l’enfance, le fait d’être arrêté pour avoir fait une fugue et le fait d’être arrêté à l’âge adulte pour prostitution. Les résultats doivent être examinés avec prudence parce que les auteurs se sont fiés aux données officielles et à l’incidence possible de l’intervention des organismes. Ils préconisent d’autres études sur les cas de violence sexuelle pendant l’enfance où les conséquences négatives ne paraissent pas.
WIDOM, C. S. et KUHNS, J. «Childhood victimization and subsequent risk for promiscuity, prostitution, and teenage pregnancy: A prospective study», American Journal of Public Health, vol. 86, 1996, p. 1607-1612.
Cette étude porte sur les relations entre la violence sexuelle et(ou) la négligence subies pendant l’enfance et le risque ultérieur de promiscuité, de prostitution et de grossesse pendant l’adolescence. Les auteurs constatent que la violence et (ou) la négligence subie à un jeune âge constituent un indicateur clair de la pratique de la prostitution féminine. En outre, il y a une association entre la violence sexuelle, la négligence et la prostitution chez les femmes; cependant la violence physique n’était associée qu’accessoirement à la pratique du commerce du sexe.
* WORKING GROUP TO STOP SEXUAL ABUSE OF CHILDREN BY JOHNS AND PIMPS. Recommendations for Action, Saskatchewan, Saskatoon Communities for Children, 1997.
Le Groupe de travail a formulé plusieurs recommandations pour répondre aux actes de violence sexuelle commis à l’endroit des jeunes par les souteneurs et les clients. Au moyen d’un continuum de stratégies, le groupe a recommandé la sensibilisation, des services de refuge sécuritaires, la guérison et le traitement des enfants, la modification de la loi, des stratégies de dissuasion des clients, la prévention et la sensibilisation de la collectivité. Ces recommandations découlent du Mayor’s Task Force on Child Prostitution (Action Plan for the Elimination of Child Prostitution in the City of Saskatoon, 1996).
WURZBACHER, K., EVANS, E. et MOORE, E. «Effects of alternative street school on youth involved in prostitution», Journal of Adolescent Health, vol. 12, 1991, p. 549-554.
Dans cette étude, les jeunes prostitués ont été répartis dans un groupe fréquentant une école parallèle de la rue, un groupe incapable de fréquenter l’école ou un groupe pour ceux qui refusaient de fréquenter l’école. Les participants se sont vu administrer le Questionnaire de dépression des adolescents de Reynolds, le Questionnaire sur l’estime de soi de Rosenberg et l’Échelle de la qualité de vie et ils ont fait état d’activités relatives à la prostitution. Les données ont été recueillies au moment de l’évaluation initiale et 50 jours après. Les jeunes qui fréquentaient l’école affichaient beaucoup moins de dépression, ils ont amélioré leur sentiment à l’égard de l’école et leur estime de soi, et ils ont réduit les activités de prostitution moins de deux mois après avoir commencé à fréquenter l’école. Les auteurs font remarquer qu’aucun changement notable des variables n’a été constaté pour l’un ou l’autre des deux autres groupes, sauf dans le cas de l’estime de soi.
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