l'Initiative de lutte contre la violence familiale

RECUEIL DES PRATIQUES PROMETTEUSES VISANT À RÉDUIRE LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES AUTOCHTONES AU CANADA ET À ACCROÎTRE LEUR SÉCURITÉ –ANNEXE AU RECUEIL : DESCRIPTIONS DÉTAILLÉES DES PRATIQUES

INTERACTIONS AU SEIN DES COLLECTIVITÉS

Relations saines : Femmes

Nom du programme :

NAWN – Train the Trainers Program

Organisme :

NAWN (Newfoundland Aboriginal Women’s Network

Lieu :

Stephenville, Terre-Neuve-et-Labrador

Groupe cible :

Les femmes

Personne-ressource :

Linda Wells

Téléphone :

S/O

Courriel :

nawn@ns.aibn.com

Site Web :

www.nawn-nf.com

Aperçu du programme
Historique :

Le premier programme de formation des formateurs a été lancé en 2007, avec la formation de 58 femmes autochtones représentant 26 collectivités de l’île. À la suite de la formation initiale, on a demandé du financement pour permettre aux animateurs locaux de mettre en place, sur une période de quatre ans, 220 ateliers adaptés à la culture. Les responsables du programme ont continué à demander du financement pour des projets afin de continuer à offrir des ateliers et renforcer la capacité des animateurs dans d’autres domaines liés à la sensibilisation à la violence et à la prévention de la violence. Le financement actuel prendra fin en mars 2012.

Description du programme
Buts et objectifs :

Répondre aux besoins de la collectivité en offrant de la formation, des renseignements et des programmes de sensibilisation et de soutien, adaptés à la culture, pour effectuer les changements nécessaires pour réduire la violence et accroître la sécurité.

Méthodes traditionnelles et autochtones :

Les méthodes traditionnelles autochtones sont les principaux outils utilisés; elles offrent un accès aux Aînés qui animent des cercles de la parole et des cérémonies de guérison comme les cérémonies de la suerie. Les enseignements de la Roue médicinale sont utilisés pour déterminer la voie à suivre pour développer une collectivité en santé. On encourage les participantes dans leurs efforts visant à se rapprocher de leur collectivité pour élaborer et favoriser des activités et des méthodes traditionnelles.

Composantes du programme :

Le programme favorise le développement des femmes pour qu’elles deviennent des leaders dans leurs propres collectivités. À cette fin, le programme utilise des trousses provenant d’autres organismes comme la « Youth Prevention Kit », élaborée par l’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC), et « Les sentiers de la guérison : Prévention de la violence familiale dans les collectivités autochtones ». Ces trousses ont été adaptées aux particularités de chaque collectivité où des animateurs étaient disponibles pour mettre en place des ateliers. Le programme offre un soutien aux participants qui souhaitent en apprendre davantage sur les traditions culturelles des peuples autochtones. Il utilise les documents pertinents contenus dans les trousses, selon les indications de la collectivité. Aucune approche type ni aucun outil type n’est utilisé. Là est la clé du succès. Les responsables adaptent chaque atelier aux besoins de la collectivité et orientent l’utilisation de la trousse en se basant sur les besoins du moment pour le groupe. Il faut donc savoir s’adapter à chaque collectivité après avoir écouté cette dernière exprimer ses besoins. Le programme est une réussite, car il permet d’élaborer les approches et les relations propres à chaque collectivité, en se guidant avec la réponse de la collectivité. La souplesse essentielle à la réussite. 

Fonctionnement des services :

Les services sont offerts sur place, dans les locaux de chaque collectivité.

Financement :

Le financement est fourni par Condition féminine Canada, le ministère du Patrimoine canadien, le Women’s Policy Office du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, Affaires autochtones et Développement du Nord Canada, Santé Canada, Service Canada, le ministère des Ressources humaines, du Travail et de l’Emploi de Terre-Neuve-et-Labrador et Nouveaux horizons pour les aînés.

Partenaires et intervenants
Participation des groupes cibles :

Les responsables du programme suivent l’initiative des femmes et des collectivités depuis le début, et tout au long de la prestation de services. Ils répondent à leurs demandes, obtiennent les ressources et les renseignements nécessaires, appuient le développement du leadership dans chaque collectivité à qui ils offrent des services, répondent aux commentaires formulés lorsqu’est organisée une deuxième série d’ateliers et écoutent les recommandations relatives à la manière d’obtenir la participation et la présence des membres de la collectivité. 

Partenaires :

L’Association des femmes autochtones du Canada, la Gignoo Transition House.

Autres collaborations :

Refuges locaux pour les femmes, groupes de lutte contre la violence et centres culturels qui font un travail similaire.

Renseignements sur l’évaluation du programme
Évaluation :

Une évaluation a été réalisée (terminée en 2007-2008). 

Principales conclusions de l’évaluation :

Le programme a évolué, passant d’une personne ayant des connaissances sur les traditions culturelles à 38 chefs de file qui développent et appuient une culture saine. Il offre maintenant 220 ateliers un peu partout à Terre-Neuve-et-Labrador. Les femmes prennent leur vie en main, elles retournent à l’école, elles jouent des rôles de leadership et sont capables de prendre de meilleures décisions à la fin de l’atelier.

Résultats du programme
Indicateurs de succès :

L’accent est mis sur les aspects qualitatifs du travail – les femmes qui sont réservées au début de l’atelier deviennent de plus en plus à l’aise pour faire part de leurs histoires. Lorsque les cercles prennent fin, il règne un sentiment de confiance qui fait que les femmes se sentent en sécurité et solidaires les unes des autres. Les responsables du programme estiment que la multiplication du nombre de femmes leaders et le développement des traditions culturelles sont des indicateurs de réussite. Les clientes adoptent leurs traditions culturelles et vivent ainsi de manière plus saine. On parle davantage, dans la collectivité, de la violence sous toutes ses formes. L’accent est davantage mis sur l’éducation des jeunes femmes et des jeunes hommes pour leur expliquer ce qui est considéré comme de la violence et l’effet qu’elle peut avoir sur la vie de quelqu’un. 

Réalisations :

En apprendre davantage sur les traditions culturelles, établir des réseaux de soutien pour les femmes dans les collectivités et voir les femmes prendre leur vie en main sont tous des accomplissements positifs.

Enjeux :

Obtenir du financement. La nécessité de sensibiliser le grand public aux questions qui touchent les Autochtones et celle d’élaborer des relations basées sur la compréhension et non sur des « mythes » sont des enjeux de taille.

Renseignements utiles à la reproduction du programme
Conseils sur la reproduction :

Il est important de ne pas oublier de laisser les collectivités décider de ce dont elles ont besoin. Toujours attendre que les personnes demandent – offrir de l’information – ne pas imposer. Il faut mettre en place un processus qui permet aux organismes d’indiquer qu’ils ont besoin d’aide pour connaître les besoins des collectivités, afin de pouvoir y répondre comme elles le veulent. Les femmes ont une influence dans la collectivité. Elles ont besoin de savoir qu’elles ont du pouvoir. Les évaluations effectuées en amont du projet ont montré que les femmes voulaient jouer des rôles de leadership, mais qu’elles ne se sentaient pas outillées pour le faire, même celles qui avaient poursuivi les études (université). Bon nombre d’entre elles croyaient qu’elles n’avaient rien à offrir. C’est ainsi dans la plupart des collectivités. Le projet a permis à environ 60 femmes d’acquérir des compétences dans différents domaines pour jouer des rôles de chefs de file dans leur collectivité, et ce, à tous les niveaux. Il touche tous les aspects de la collectivité et de la vie personnelle, selon la Roue médicinale – mental, spirituel, physique et émotionnel. L’apprentissage des fondements de l’empathie est primordial. Il est important de traiter l’aspect mental de la violence; l’intimidation (violence psychologique) est la pire des violences. Les ateliers sont tenus un jour à la fois – pour ne pas être trop chargés – utiliser des documents simples. Il est possible de revenir faire une autre séance, au besoin.

Ressources :

Un financement suffisant est nécessaire pour garantir la réussite du programme. Il est important de faire du réseautage et d’établir de bonnes relations de travail dans la collectivité pour obtenir son appui et la participation des clients.

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