Évaluation de l’Initiative sur les pouvoirs d’enquête au 21e siècle

Sommaire

Introduction

Le présent rapport présente les résultats d’une évaluation de l’Initiative sur les pouvoirs d’enquête au 21e siècle (PE21S), une initiative horizontale dirigée par le ministère de la Justice du Canada (Justice) en collaboration avec le Service des poursuites pénales du Canada (SPPC), la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et Affaires mondiales Canada (AMC).

L’Initiative PE21S a favorisé la mise en œuvre de nouveaux pouvoirs juridiques découlant de l’ancien projet de loi C-13, la Loi sur la protection des Canadiens contre la cybercriminalité (LPCCC), qui est entrée en vigueur le 10 mars 2015.

Description du programme

Il y a longtemps que l’on admet la nécessité de nouveaux pouvoirs d’enquête pour protéger les Canadiens et enquêter sur la criminalité facilitée par les technologies informatiques et des communications, et pour lutter contre la criminalité qui a une dimension transnationale.

Depuis l’an 2000, les efforts déployés par le gouvernement du Canada (GC) dans le cadre de l’Initiative sur l’accès légal (IAL) sont axés sur l’évaluation de la nécessité d’adopter des lois nouvelles et modifiées. L’Initiative PE21S découle des parties de l’IAL relatives aux modifications apportées au Code criminel, qui sont entrées en vigueur avec l’adoption de la LPCCC. Cette loi a introduit des pouvoirs d’enquête spécialisés en vertu d’une autorisation judiciaire pour l’obtention de preuves numériques. Elle a modifié le Code criminel, la Loi sur l’entraide juridique en matière criminelle, la Loi sur la preuve au Canada et la Loi sur la concurrence qui ont :

L’Initiative PE21S a été soutenue par un financement de 60,74 millions de dollars sur cinq ans (de 2015-2016 à 2019-2020) et des fonds permanents de 12,25 millions de dollars par année.

Justice, le SPPC, la GRC et AMC sont conjointement responsables de la gestion de la mise en œuvre de l’Initiative PE21S, alors que chacun exerce ses activités particulières dans les systèmes de justice pénale et de politique internationale. Les principaux groupes cibles de l’Initiative PE21S sont les services de police et les poursuivants. L’objectif consiste à les pourvoir de moyens plus efficaces d’enquêter sur la cybercriminalité et la criminalité assistée par ordinateur et d’intenter des poursuites, tout en respectant la vie privée et les libertés des Canadiens.

Cinq activités principales ont été mises en œuvre par l’Initiative :

Constatations

Les principales constatations de l’évaluation horizontale de l’Initiative PE21S concernant les questions d’évaluation sont résumées ci-dessous.

Pertinence

L’objectif global de l’Initiative PE21S, à savoir fournir les moyens de mettre en œuvre les pouvoirs d’enquête ajoutés au Code criminel par la LPCCC et satisfaire les obligations internationales du Canada découlant de la ratification de la Convention de Budapest, demeure pertinent alors que la cybercriminalité et la criminalité assistée par ordinateur sont en croissance rapide tant au Canada qu’à l’international, et que les criminels exploitent de plus en plus les technologies en évolution.

La LPCCC a apporté des réformes législatives nécessaires pour permettre aux pouvoirs d’enquête spécialisés d’obtenir, en vertu d’autorisations judiciaires, des éléments de preuve numériques, non seulement pour la criminalité technologique, comme le piratage ou les activités du crime organisé, mais aussi pour faire face aux infractions quotidiennes, lorsque des criminels envoient un courriel, utilisent leur téléphone cellulaire ou publient des images sur des réseaux sociaux. Ces réformes ont donné lieu à un régime d’ordonnances de communication permettant aux juges de savoir précisément quels types de données sont demandées et d’établir un équilibre adéquat entre les droits relatifs à la vie privée et les droits de la personne. En outre, la LPCCC a introduit un nouveau régime qui permet de préserver rapidement les données volatiles grâce aux ordres et aux ordonnances de préservation.

Les éléments probants de l’évaluation indiquent qu’il existe un besoin continu pour les activités clés financées par l’Initiative PE21S, notamment :

De plus, la Convention de Budapest est le principal instrument international sur la cybercriminalité. Elle vise à aider les États signataires à harmoniser leurs lois nationales, à améliorer leurs techniques d’enquête, et à accroître leur coopération. La ratification de la Convention a permis au Canada de collaborer avec d’autres États signataires dans le cadre d’enquêtes sur la cybercriminalité et a autorisé l’accès à des éléments de preuves numériques que l’on peut trouver dans un autre pays. On considère que le Canada joue un rôle important à l’échelle internationale en appuyant la Convention.

Bien que les éléments probants tirés de cette évaluation indiquent que la LPCCC répond à un besoin important de modernisation des pouvoirs d’enquête prévus dans le Code criminel, les lois canadiennes doivent continuellement évoluer afin que les organismes d’application de la loi et les poursuivants disposent des outils nécessaires pour lutter contre la cybercriminalité et d’autres types de criminalité assistée par ordinateur. La police et les poursuivants ont souligné en particulier les défis associés à l’accès aux renseignements de base sur les abonnés et aux données chiffrées.

Rendement

Voici les constatations de l’évaluation concernant le rendement de l’Initiative PE21S dans l’atteinte de ses principaux résultats attendus :

Conception

L’Initiative PE21S a été bien coordonnée. Le plan d’activités de l’Initiative PE21S a été préparé de façon minutieuse et l’Initiative a évolué comme prévu.

Recommandations

Aucune recommandation n’est incluse puisque l’Initiative PE21S a été mise en œuvre comme prévu et qu’aucun obstacle n’a été relevé pour l’atteinte des résultats attendus.