Les tribunaux de traitement de la toxicomanie : méta-analyse. Ont-ils un effet positif sur les taux de récidive ?

2. Méthode

Comme c'est le cas pour les méthodes de recherche quantitative traditionnelles, la méthode méta-analytique comporte trois étapes fondamentales :

1. l'analyse de la documentation spécialisée –
identification et collecte des études pertinentes;
2. collecte des données –
extraction des données selon des procédures de codage établies au préalable;
3. analyse des données –
analyse des données agrégées au moyen de techniques statistiques.

Pour déterminer les études admissibles à la méta-analyse, nous avons procédé à une recherche exhaustive de la documentation des 20 dernières années, y compris des thèses de doctorat et des rapports gouvernementaux inédits. Nous avons effectué une recherche secondaire en recourant aux bibliographies des études recensées, à des méta-analyses antérieures et à l'internet. Nous avons établi un ensemble explicite de critères afin de choisir les études à inclure dans la méta-analyse :

  1. l'étude portait sur l'efficacité d'un tribunal de traitement de la toxicomanie (c'est-à-dire sur une intervention qui comportait à la fois un élément de suivi judiciaire, et un élément de traitement de la toxicomanie), pour des délinquants accusés d'une infraction criminelle;
  2. dans le cadre de l'étude, on avait eu recours à un groupe de contrôle ou de référence qui n'avait pas connu d'expérience devant un tribunal de traitement de la toxicomanie (ou fourni suffisamment de données sur la période antérieure/postérieure) ;
  3. il y avait suffisamment de données statistiques pour permettre le calcul de l'effet;
  4. l'étude mesurait l'incidence des TTT sur les taux de récidive.

Nous avons tiré les données normalisées de chaque étude au moyen d'un manuel de codage type. Conformément à la méthode de méta-analyse type, nous avons accepté les définitions multiples de la récidive. Par exemple, la récidive a été définie comme une nouvelle condamnation au criminel, ou tout simplement une nouvelle accusation au criminel. Nous ne l'avons cependant pas définie comme une rechute dans la substance préférée – seuls les nouveaux comportements criminels étaient considérés comme une récidive. De façon à obtenir des données en quantité suffisante pour procéder à l'analyse, nous avons utilisé plusieurs techniques de codage. Par exemple, si 70 % ou plus des participants échantillonnés en étaient à leur première infraction, le programme était codé « programme essentiellement destiné aux auteurs d'une première infraction ». De plus, de nombreuses variables n'étaient codées que si leurs auteurs avaient répondu explicitement par l'affirmative. Ainsi, l'usage de la méthadone n'était codé « oui » que si les auteurs avaient effectivement déclaré que c'était le cas. Par conséquent, les comparaisons effectuées dans le présent rapport sont faites sous réserve de cette restriction. Il faut cependant noter que cette situation est commune à toutes les méta-analyses. Conformément aux techniques de méta-analyse employées par Rosenthal, le coefficient phi (coefficient de corrélation de Pearson appliqué aux données dichotomiques) a servi d'estimation de la valeur de l'effet (EVE). Dans les cas où il y avait plusieurs groupes de contrôle ou de référence dans la même étude, les résultats étaient combinés de façon à donner une seule EVE pour chaque programme, et éviter ainsi toute possibilité de fausser les résultats en comptant deux fois un même programme. De plus, chaque fois qu'une même étude faisait état de plusieurs périodes différentes de suivi, nous retenions seulement la période la plus longue.

Une fois que l'EVE de chaque étude était mesuré pour prendre en compte la récidive, nous procédions à l'estimation de la valeur totale de l'effet brut, des intervalles de confiance et d'une valeur de l'effet pondérée. Nous procédions aussi à d'autres analyses pour vérifier, lorsque nous avions accès à l'information, si certaines variables n'avaient pas un effet modérateur sur l'amplitude de l'EVE. Par exemple, l'effet de la participation aux programmes de TTT était mesuré en fonction de la durée de ceux-ci, ou de l'importance du dossier criminel des délinquants qui y participaient.