Ce qu’on nous a dit en ligne

Afin d’appuyer les séances de dialogue, le ministère de la Justice et KES ont lancé une plateforme de mobilisation en ligne. Lors de la phase 1, la plateforme a servi de complément aux séances de dialogue virtuelles. Alors que les dialogues virtuels offraient aux participants la possibilité d’exprimer leurs points de vue dans le cadre d’une séance de trois heures, la plateforme de mobilisation en ligne permettait à quiconque d’exprimer ses opinions de façon anonyme. À la différence des séances virtuelles, la plateforme avait l’avantage de ne pas limiter le temps de parole des participants.

La plateforme est demeurée en ligne pendant un peu plus de trois mois, soit du 29 novembre 2022 au 8 mars 2023, et a permis de recueillir un grand nombre d’idées et de commentaires. Au cours de cette période, il y a eu plus de 8 500 visites sur la plateforme, et 250 personnes se sont inscrites et ont créé un compte.

Les personnes inscrites ont été invitées à participer à deux exercices d’idéation, lors desquels elles ont pu publier librement leurs commentaires et suggestions dans un environnement ouvert où les autres participants pouvaient lire leurs publications, les aimer, y répondre et les partager par courriel et sur les médias sociaux. Les participants devaient répondre à deux questions :

  1. La Stratégie en matière de justice autochtone (SJA) vise à remédier à la surreprésentation des Autochtones dans le système de justice canadien et à contrer la discrimination systémique à leur égard. Quelles seraient selon vous les principales réformes à opérer pour atteindre cet objectif?

Comme ce fut le cas lors des discussions en personne, les participants à l’exercice ont formulé des idées qui s’inscrivaient, pour bon nombre d’entre elles, dans les grands thèmes définis dans le cadre du processus de mobilisation. Les participants ont exprimé le désir que les pouvoirs et les fonds soient transférés aux autorités et aux Aînés autochtones; ils ont mentionné que la mise en œuvre de solutions en matière de justice au sein même des communautés permettrait de mieux répondre aux besoins de ces dernières.

Bien que les participants aient présenté bon nombre d’idées en phase avec les principaux thèmes, certains des commentaires reçus ont révélé un tableau différent. Les participants s’entendaient généralement pour dire que le système colonial ne fonctionne pas pour les peuples autochtones et ne répond pas à leurs besoins, mais plusieurs ont proposé d’apporter des modifications qui permettraient de mieux adapter le système colonial aux réalités des peuples autochtones. Un participant a indiqué que la décriminalisation de certains crimes non violents aurait une incidence positive substantielle sur les peuples autochtones, faisant valoir que le fait de [Traduction] « décriminaliser la possession simple de drogue […] aurait un effet immédiat sur le nombre d’Autochtones qui se retrouvent dans le système de justice. » Ce participant a ajouté que ce changement pourrait entraîner des répercussions importantes :

[Traduction] « En bout de ligne, le nombre d’infractions qui pourraient être « déjudiciarisées » et traitées en dehors du système de justice pénale serait immense. Cela permettrait d’éliminer quantité d’autres problèmes : les multiples ordonnances et conditions de mise en liberté sous caution, les nombreuses violations de ces conditions, les familles brisées à cause de politiques nationales, les centres de détention provisoire et les établissements correctionnels surpeuplés, le surmenage du personnel des tribunaux et des agents de probation, etc. »

Un autre participant a proposé d’accélérer le traitement des demandes de suspension du casier judiciaire (demandes de pardon/réhabilitation), comme moyen d’améliorer la justice autochtone :

[Traduction] « Bon nombre de Canadiens autochtones ne sont pas prêts à se lancer dans le processus laborieux de demande de suspension du casier judiciaire. Le gouvernement du Canada devrait offrir de l’aide pour remplir les demandes de pardon à différents endroits et s’assurer qu’il existe une voie rapide pour effacer les anciennes accusations et condamnations du casier judiciaire afin d’améliorer les perspectives d’emploi. »

  1. Veuillez nous faire part de vos idées quant aux façons dont les lois et les systèmes de justice autochtones peuvent être rétablis, reconnus et soutenus dans le cadre d’une stratégie en matière de justice autochtone.

Il est apparu à la lecture des commentaires reçus que bon nombre des idées des participants concordaient avec les grands thèmes définis. Divers participants ont toutefois souligné l’importance d’accroître les efforts d’éducation.

[Traduction] « Bon nombre d’Autochtones, moi y compris, ne savent pas quels sont leurs droits lorsqu’il est question du système de justice. S’il y avait davantage d’ateliers éducatifs sur les droits des Premières Nations un peu partout au Canada, cela nous permettrait à tous de mieux comprendre le système de justice. »

L’éducation est importante pour l’ensemble des Canadiens, et non pas seulement pour les peuples autochtones :

[Traduction] « Je pense que pour continuer à progresser vers une meilleure justice pour les peuples autochtones, il est essentiel d’améliorer l’éducation des Autochtones comme des non-Autochtones. Bien des gens au Canada, peu importe leur origine, ne connaissent pas l’histoire riche et diversifiée de la justice et des lois autochtones. Il y a tant d’enseignements provenant de différentes nations qui pourraient être utiles pour déterminer la voie à suivre et s’assurer que tous ont conscience autant du passé que du présent. »