Budget principal des dépenses 2020-2021

Portrait législatif

Projet de loi C-3 : La formation continue des juges sur le droit relatif aux agressions sexuelles et le contexte social

Quels sont les trois messages clés pour le ministre :

Contexte :

À la suite de la prorogation du Parlement en août 2020 et de l’ouverture de la nouvelle session parlementaire le 23 septembre 2020, l’ancien projet de loi C-5 a été présenté de nouveau en tant que projet de loi C-3 le 25 septembre 2020.

Le projet de loi C-3, comme son prédécesseur, le projet de loi C-5, est conforme à l’ancien projet de loi C-337 d’initiative parlementaire, qui a été présenté au cours de la 42e session du Parlement. Fait important, le projet de loi tient compte des amendements apportés au projet de loi C-337 et adoptés par la Chambre des communes, lesquels prévoient l’inclusion de la formation permanente sur le contexte social, en plus des questions portant sur le droit relatif aux agressions sexuelles. Il incorpore également les amendements au projet de loi C-337 proposés par le comité sénatorial permanent des Affaires juridiques et constitutionnelles. Le projet de loi C-337 a été adopté à l’unanimité à la Chambre des communes, mais n’a pas été adopté par le Sénat en raison de la dissolution de la 42e législature.

Le 19 octobre 2020, le projet de loi C-3 a été adopté à l’unanimité en deuxième lecture et a été renvoyé au Comité permanent de la justice et des droits de la personne. Le Comité a décidé de ne pas entendre de témoins et de passer directement à l’étude article par article.

Dans le budget de 2017, le gouvernement a versé au Conseil canadien de la magistrature (CCM) 2,7 millions de dollars sur cinq ans et de 0,5 million de dollars par année par la suite, pour assurer à un plus grand nombre de juges l’accès au perfectionnement professionnel, en mettant davantage l’accent sur la formation tenant compte des différences entre les sexes et des différences culturelles.

Préparé par : Adair Crosby
Direction générale : PLLSS
Date : 21 octobre 2020

Approuvé par : Stephen Zaluski
Direction générale : PLLSS
Date : 22 octobre 2020

Projet de loi C-6, Loi modifiant le Code criminel (thérapie de conversion), déposé le 1er octobre 2020

Contexte :

Le projet de loi C-6, Loi modifiant le Code criminel (thérapie de conversion), qui a été déposé le 1er octobre 2020 et est identique à l’ancien projet de loi C-8, définit la « thérapie de conversion » comme une pratique, un traitement ou un service qui vise soit à rendre une personne hétérosexuelle ou cisgenre, soit à réprimer ou à réduire toute attirance ou tout comportement sexuel non hétérosexuels. Le projet de loi précise également que cette définition ne vise pas les pratiques, les traitements ou les services qui se rapportent à la transition de genre d’une personne ou à l’exploration ou à la construction de son identité.

Plus précisément, le projet de loi créerait les cinq nouvelles infractions suivantes au Code criminel :

Trois provinces (Ontario, Nouvelle-Écosse et Île-du-Prince-Édouard) ont interdit aux professionnels de la santé d’offrir des thérapies de conversion aux mineurs (à moins qu’ils soient en mesure d’y consentir et qu’ils y consentent), et le Québec et le Yukon ont déposé des projets de loi qui mettraient en œuvre des mesures similaires. Plusieurs municipalités canadiennes ont également interdit aux entreprises d’offrir des thérapies de conversion (Vancouver et Edmonton par exemple).

Préparé par : Nathalie Levman
Direction générale : SPDP
Date : 21 octobre 2020

Approuvé par : Carole Morency
Direction générale :
Date : 21 octobre 2020

Aide médicale à mourir – projet de loi C-7

Le projet de loi C-7 propose d’élargir l’admissibilité à l’aide médicale à mourir aux personnes autres que celles dont la mort naturelle est raisonnablement prévisible, avec des mesures de sauvegarde additionnelles. Il autoriserait également la renonciation au consentement final pour les personnes dont la demande d’aide médicale à mourir a déjà été approuvée, dont la mort naturelle est raisonnablement prévisible, et qui risquent de perdre leur capacité de consentir avant de recevoir l’aide médicale à mourir.

Contexte

Loi sur l’aide médicale à mourir

Le projet de loi C-14, Loi modifiant le Code criminel et apportant des modifications connexes à d’autres lois (aide médicale à mourir), qui est en vigueur depuis le 17 juin 2016, a créé des exemptions à l’égard d’infractions criminelles autrement applicables (aide au suicide et homicide coupable) dans le but de permettre aux médecins et infirmiers praticiens de fournir l’aide médicale à mourir dans certaines circonstances. La loi impose un examen parlementaire de ses dispositions, qui devait commencer à l’été 2020, mais qui a été retardé en raison de la pandémie de COVID-19.

Le 11 septembre 2019, dans l’affaire Truchon et Gladu, la Cour supérieure du Québec a invalidé le critère d’admissibilité exigeant que la mort naturelle d’une personne soit raisonnablement prévisible.

Le 5 octobre 2020, le ministre de la Justice a déposé de nouveau le projet de loi C-7, Loi modifiant le Code criminel (aide médicale à mourir), en réponse à la décision Truchon de la Cour supérieure du Québec. Le projet de loi aurait pour but : d’abroger le critère de la « mort naturelle raisonnablement prévisible »; d’exclure les personnes dont la seule condition médicale invoquée est la maladie mentale; de créer deux séries de mesures de sauvegarde qui s’appliqueraient selon que la mort naturelle est raisonnablement prévisible ou non; de permettre la prestation de l’aide médicale à mourir sur le fondement du consentement préalable à la personne dont la demande a été approuvée, dont la mort est raisonnablement prévisible et qui risque de perdre sa capacité à consentir avant la date choisie pour recevoir l’aide médicale à mourir; ainsi que d’élargir la collecte de données dans le cadre du régime de surveillance fédéral. Le critère de la mort naturelle raisonnablement prévisible serait retenu mais servirait plutôt à déterminer quelles mesures de sauvegarde s’appliquent à une demande d’AMM, puisqu’il est proposé de mettre en place des mesures de sauvegarde additionnelles lorsque la mort naturelle n’est pas raisonnablement prévisible. Le projet de loi C-7 est identique à l’ancien projet de loi C-7 (déposé le 24 février 2020), qui est mort au feuilleton à la suite de la prorogation du Parlement en août 2020.

Le projet de loi C-7 reflète aussi les préoccupations et les questions soulevées durant les consultations menées en janvier et en février 2020 auprès des Canadiens, ainsi que les tables rondes tenues partout au pays avec des experts et des intervenants.

La Cour supérieure du Québec a accordé une deuxième prorogation de la suspension, soit jusqu’au 18 décembre 2020, pour donner suffisamment de temps au Parlement pour examiner les modifications au projet de loi C-7.

Surveillance

Le Règlement sur la surveillance de l’aide médicale à mourir est entré en vigueur le 30 novembre 2018 et établit le cadre entourant les renseignements que doivent obligatoirement fournir le praticien qui reçoit une demande écrite d’aide médicale à mourir et le pharmacien qui délivre une substance dans le cadre de la prestation de l’aide médicale à mourir. Le Premier rapport annuel sur l’aide médicale à mourir au Canada, fondé sur les données collectées au moyen du régime de surveillance fédéral, a été publié le 24 juillet 2020 et englobe l’année civile 2019.

Le rapport contient des renseignements sur les demandes d’aide médicale à mourir, ainsi que des données sur les décès par aide médicale à mourir et sur l’accès aux soins palliatifs et aux services de soutien aux personnes handicapées parmi les personnes ayant reçu l’aide médicale à mourir.

Préparé par : Monique Macaranas
Division : Section de la politique en matière de droit pénal
Date : Le 21 octobre 2020

Approuvé par :
Division :
Date :