6. Autres enjeux

Conseils à l’intention du ministre – Stratégie en matière de justice autochtone

La surreprésentation des Autochtones dans le système de justice est un problème grave et complexe qui trouve son origine dans le racisme systémique et l’héritage du colonialisme. Le gouvernement du Canada s’est engagé à faire progresser la réconciliation avec les peuples autochtones et à élaborer conjointement avec les partenaires autochtones une Stratégie en matière de justice autochtone (SJA) qui s’appuie sur les expériences vécues par les Premières Nations, les Inuits et les Métis.

Contexte

En janvier 2021, le premier ministre a chargé le ministre de la Justice et le procureur général du Canada de « élaborer, en consultation et en collaboration avec les provinces, les territoires et les partenaires autochtones, une stratégie en matière de justice autochtone pour lutter contre la discrimination systémique et la surreprésentation des Autochtones dans le système de justice. » Cela a été réitéré dans la lettre de mandat supplémentaire de décembre 2021, ainsi qu’un mandat supplémentaire pour faire progresser « les priorités des collectivités autochtones pour ce qui est de reprendre la compétence en matière d’administration de la justice en collaboration avec les provinces et les territoires, et d’appuyer et de financer la revitalisation des lois, des systèmes juridiques et des traditions autochtones. »

Mobilisation dirigée par le ministère de la Justice du Canada

Pour compléter la mobilisation dirigée par les Autochtones, le ministère de la Justice du Canada s’engage directement auprès d’une représentation diversifiée des voix autochtones, y compris des experts en justice autochtones, des aînés, des personnes 2ELGBTQI+, des femmes, des jeunes et des Autochtones dans les zones urbaines, afin d’aider à cerner les lacunes prioritaires. La première vague de 26 séances de dialogue virtuel, du mois novembre 2022 jusqu’au mois de mars 2023, a réuni plus de 700 participants de diverses distinctions et régions. Les résultats de cette consultation sont consignés dans un rapport sur Ce que nous avons appris, qui est accessible au public sur le site Web du ministère de la Justice du Canada.

En avril 2023, le ministère de la Justice du Canada a lancé la deuxième vague de mobilisation sur la SJA, qui s’est terminée en décembre 2023. Dans le cadre de cette vague, les représentants du Ministère ont organisé, avec des partenaires autochtones et provinciaux/territoriaux, des séances en personne dans chaque juridiction (à l’exception des Territoires du Nord-Ouest, qui étaient alors en crise de feux de forêt), suivant chacune avec des rassemblements virtuels plus vaste. Cette vague comprenait également 14 séances en personne tenues dans 11 établissements correctionnels fédéraux et dans les établissements visés par l’article 81. Les rapports sur cette deuxième vague seront publiés en ligne au printemps 2024.

Liens avec d’autres priorités en matière de justice pour les Autochtones

La Stratégie en matière de justice autochtone répondra à un certain nombre d’appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation et aux appels à la justice de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées qui ont trait à la lutte contre la discrimination systémique et la surreprésentation des Autochtones dans le système de justice, que ce soit en tant que victimes, accusés ou délinquants. Il aborde également la mesure suivante dans le plan d’action de la Loi sur les droits des peuples autochtones des Nations Unies (publié le 21 juin 2023) :

Priorités partagées – mesure 28 – Accroître l’accès à la justice pour les peuples autochtones, renforcer les communautés et faire progresser l’autodétermination en :

Finalisant une Stratégie en matière de justice autochtone, en consultation et en collaboration avec les partenaires autochtones, les provinces et les territoires, qui fournira un cadre de mesures concrètes pour lutter contre la discrimination systémique et la surreprésentation des Autochtones dans le système de justice canadien.

Conseils à l’intention du ministre – Stratégie canadienne en matière de justice pour les personnes noires

Le Gouvernement a fait de la lutte contre le racisme une priorité et appuie une approche pangouvernementale pour y remédier au sein de ses institutions.

Contexte

En décembre 2021, le premier ministre a mandaté le ministre de la Justice et procureur général du Canada pour élaborer la Stratégie canadienne en matière de justice pour les personnes noires (la Stratégie) avec l’appui de la ministre de la Diversité, de l’Inclusion et des Personnes handicapées et du ministre de la Sécurité publique, des Institutions démocratiques et des Affaires intergouvernementales, ainsi qu’en consultation et en collaboration avec les provinces et les territoires et les communautés noires.

La Stratégie vise : i) à lutter contre racisme et à la discrimination systémique envers les personnes noires qui ont mené à leur surreprésentation dans le système de justice pénale, y compris en tant que victimes d’actes criminels; et ii) à veiller à ce que tous les Canadiens aient accès à un traitement égal devant la loi et en vertu de la loi, comme le garantit la Charte canadienne des droits et libertés.

En février 2023, un groupe directeur externe composé de neuf experts et dirigeants des communautés noires, dont deux coauteurs, a été mis sur pied pour fournir des conseils stratégiques au gouvernement du Canada sur les éléments clés de l’élaboration de la Stratégie, notamment l’établissement d’un cadre pour guider les séances de mobilisation et de consultation avec les communautés noires.

Le Cadre, qui a été publié sur le site Web du ministère de la Justice du Canada en septembre 2023, énonce les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes noires au Canada qui ont des démêlés avec le système de justice pénale; il comprend une perspective historique, une analyse juridique, un examen des statistiques existantes, un examen des recommandations formulées dans les études et les rapports existants, et répertorie les lacunes en ce qui a trait aux connaissances. Le Cadre énonce également cinq piliers, ou thèmes, pertinents à l’expérience des personnes noires avec le système de justice pénale, ainsi que les principales recommandations issues d’études et de rapports antérieurs sur ces thèmes. Les cinq piliers sont les suivants :

  1. les déterminants sociaux de la justice (revenu, emploi, logement stable, éducation et santé),
  2. les services de police,
  3. les tribunaux,
  4. les services correctionnels, et
  5. les libérations conditionnelles, la réintégration et la réinsertion.

Le Cadre a guidé le processus de consultation communautaire qui s’est déroulé en septembre et en octobre 2023. Le ministère de la Justice du Canada a conclu des contrats avec 12 organismes communautaires dirigés par des personnes noires pour mener les séances de consultation et de mobilisations auprès des communautés noires dans neuf provinces et territoires. Pour compléter ce processus et s’assurer que les personnes qui n’ont pas été en mesure de participer à ces séances puissent contribuer à cet important travail, le ministère de la Justice du Canada a également lancé un sondage en ligne qui a été accessible pour commentaires jusqu’au 20 octobre 2023.

Les résultats des séances de consultation et de mobilisation communautaires et en ligne ont été communiqués au Groupe directeur, qui s’en sert pour formuler des recommandations de mesures concrètes visant à remédier à la surreprésentation des personnes noires dans le système de justice pénale, y compris en tant que victimes d’actes criminels.

Le Groupe directeur a soumis son rapport en mars 2024, et Justice Canada dirige l’élaboration du plan de mise en œuvre du gouvernement du Canada pour donner suite aux recommandations inclues dans le rapport.

R. c. Bykovets, 2024 CSC 6

Le 1er mars 2024, la Cour suprême du Canada a rendu sa décision dans R. c. Bykovets, estimant qu’une demande de la police visant à obtenir une adresse IP associée à une activité criminelle présumée porte atteinte à l’attente raisonnable d’une personne en matière de respect de la vie privée.

Si l’on insiste sur la nécessité d’une réforme législative à la suite de l’arrêt Bykovets :

Si l’on insiste sur l’incidence de l’arrêt Bykovets sur le projet de loi C-63 :

Contexte

Le 1er mars 2024, la Cour suprême du Canada (CSC) a rendu sa décision dans l’affaire R. c. Bykovets (2024 CSC 6), statuant que les personnes ont une attente raisonnable en matière de vie privée à l’égard de leurs adresses de protocole Internet (IP) de sorte qu’une demande d’adresse IP par la police constitue une perquisition au sens de l’article 8 de la Charte. Dans ses motifs, la majorité a fait des déclarations suggérant qu’une autorisation judiciaire préalable serait nécessaire pour que la police puisse obtenir des adresses IP.

Faits

En septembre 2017, la police de Calgary a ouvert une enquête sur l’achat de cartes-cadeaux virtuelles à l’aide de cartes de crédit frauduleuses. Les paiements ont été traités par une filiale de l’entreprise de traitement des cartes de crédit, Moneris. La police a communiqué avec Moneris pour obtenir les adresses IP utilisées pour les transactions, et Moneris en a volontairement identifié deux. La police a ensuite utilisé un site de recherche accessible au public et a appris que les adresses IP avaient été émises par TELUS. La police a ensuite obtenu une ordonnance de communication obligeant TELUS à divulguer les renseignements sur l’abonné pour chaque adresse IP, comme l’exigeait le jugement antérieur de la CSC dans l’affaire R. c. Spencer (2014 CSC 43).

Avant le procès, M. Bykovets a présenté une demande en vertu de la Charte afin d’exclure les éléments de preuve découverts par suite de l’utilisation de ses adresses IP par la police, alléguant que la police avait violé son droit à la protection contre les fouilles, les perquisitions et les saisies abusives en vertu de l’article 8 de la Charte.

Le juge du procès a rejeté la demande, statuant que la demande de la police à Moneris ne constituait pas une fouille au sens de l’article 8 de la Charte parce que M. Bykovets n’avait pas d’attente raisonnable en matière de vie privée à l’égard de son adresse IP. Les juges majoritaires de la Cour d’appel ont rejeté l’appel de M. Bykovets, en grande partie pour les motifs exposés par le juge de première instance.

Motifs de la Cour suprême du Canada

L’appel de M. Bykovets devant la CSC soulevait une seule question : une attente raisonnable en matière de vie privée se rattache-t-elle à une adresse IP seulement? La majorité de la CSC a répondu par l’affirmative.

La majorité ont qualifié la saisie des adresses IP de fouille au sens de l’article 8. Selon la majorité, la police ne cherchait pas « vraiment » les adresses IP dans l’abstrait. La police cherchait plutôt à obtenir les renseignements qu’une adresse IP a tendance à révéler sur un internaute en particulier, y compris son activité en ligne et, en fin de compte, son identité en tant que source, possesseur ou utilisateur de ces renseignements. Par conséquent, une adresse IP fournissait à la police le moyen de tirer des conclusions immédiates et directes sur l’utilisateur derrière une activité Internet spécifique.

La nature privée de l’objet de la fouille a joué un rôle déterminant dans la conclusion des juges majoritaires selon laquelle l’attente de M. Bykovets en matière de vie privée était objectivement raisonnable. La CSC a conclu que, dans l’ensemble, la nature intensément privée des renseignements qu’une adresse IP peut révéler suggère fortement que l’intérêt du public à être laissé tranquille devrait l’emporter sur l’intérêt du gouvernement à faire progresser ses objectifs en matière d’application de la loi.

La majorité de la CSC a fait des déclarations suggérant que la police aurait donc besoin d’une autorisation judiciaire préalable pour obtenir une adresse IP afin de relier des activités en ligne à une personne identifiable.

Conclusion

La décision de la CSC dans l’affaire Bykovets fait suite à la décision connexe dans l’affaire R. c. Spencer (2014 CSC 43), dans laquelle la CSC a conclu que les personnes ont une attente raisonnable en matière de vie privée à l’égard des renseignements sur leurs abonnés lorsqu’ils sont liés à une adresse IP, ce qui serait la clé pour déverrouiller l’activité en ligne d’un internaute.

Le Code criminel comprend déjà des dispositions sur les fouilles, perquisitions et les saisies qui permettent aux organismes d’application de la loi d’obtenir des données de transmission, y compris des adresses IP. Ces ordonnances de communication et mandats sont délivrés selon la norme des soupçons raisonnables. Par conséquent, il n’y a pas de vide législatif dans le Code criminel en ce qui concerne le pouvoir légal des organismes d’application de la loi d’obtenir des adresses IP.

Le projet de loi C-63 (déposé à la Chambre des communes le 26 février 2024) comprend des modifications à la « Loi sur la déclaration obligatoire » qui obligeront les fournisseurs de services Internet à inclure des données de transmission (y compris les adresses IP) dans leurs rapports à la police à propos de contenu étant manifestement de la pornographie juvénile.

Le ministère évalue les répercussions de la décision Bykovets de façon plus générale et surveille les litiges qui pourraient aider à clarifier la portée de l’application de la décision. Par exemple, une décision récente d’un tribunal inférieur du Nouveau-Brunswick a conclu que la communication volontaire d’adresses IP à la police était autorisée dans cette affaire parce que la GRC n’avait pas pris de mesures d’enquête ou cherché des renseignements pour identifier l’adresse IP liée à l’accusé. Les questions relatives à Bykovets font actuellement l’objet d’un litige devant la Cour fédérale dans le cadre des demandes de mandat au titre de la Loi sur le Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS).

Le ministère s’est également entretenu avec d’autres départements et agences fédéraux et avec des partenaires provinciaux et territoriaux pour connaître leur point de vue sur l’impact de la décision Bykovets dans leur juridiction, par exemple dans les domaines de la sécurité nationale et du matériel relatif à l’exploitation et aux abus sexuels concernant des enfants.

Intimidation et empêchement d’accès aux institutions religieuses et autres institutions culturelles

Pour vous donner une vue d’ensemble des préoccupations concernant les comportements intimidants ou les empêchements d’accès à des institutions religieuses ou à d’autres institutions culturelles.

Si l’on demande comment le droit pénal existant s’applique dans le contexte des manifestations :

Si l’on demande si et quand le gouvernement poursuivra des réformes législatives :

Contexte

La situation actuelle au Moyen-Orient a suscité de vives réactions au Canada et dans le monde entier. Au cours des dernières semaines, certaines manifestations ont eu lieu en réponse au conflit en cours à Gaza, y compris à l’extérieur d’institutions religieuses et culturelles juives. Dans certains cas, des manifestations pro-palestiniennes se sont confrontées à des contre-manifestations pro-israéliennes, ce qui a donné lieu à des affrontements entre les groupes et à des accusations de voies de fait et d’infractions liées à l’usage d’armes. Ces événements se sont produits alors que les villes canadiennes signalent une augmentation considérable des incidents criminels antisémites et islamophobes au cours des derniers mois, y compris des crimes motivés par la haine, des actes de vandalisme, des menaces et des attaques violentes visant des institutions religieuses et culturelles.

Dans les provinces et territoires (PTs), un certain nombre de mesures civiles ont été prises pour faire face aux manifestations récentes qui ont visé des institutions religieuses et culturelles. Par exemple, le 18 mars 2024, le maire de la ville de Vaughan a proposé un règlement qui interdirait "les manifestations de nature à intimider, à inciter à la haine, à la violence ou à la discrimination à moins de 100 mètres de la limite d’une propriété où se trouve une institution religieuse, une école, une garderie ou un hôpital". Le projet de règlement a pour effet de créer une zone tampon entre les manifestations et les lieux désignés.

Les PTs ont également mis en place des initiatives destinées à lutter contre la propagation de la haine envers des groupes identifiables. Par exemple, en décembre 2023, l’Ontario a annoncé une augmentation du financement pour lutter contre l’antisémitisme et l’islamophobie. Cette initiative comprenait jusqu’à 20 000 $ pour soutenir les institutions communautaires (par exemple, les synagogues, les mosquées et les écoles confessionnelles) avec leurs dépenses reliées aux coûts de sécurité supplémentaires et aux réparations de bâtiments. La Colombie-Britannique élabore actuellement un projet de loi antiraciste de grande envergure pour répondre à ces enjeux, et ce projet devrait être déposé au printemps 2024. Au niveau fédéral, le budget de 2024 a proposé 273,6 millions de dollars sur six ans, et 29,3 millions de dollars en continu, pour le Plan d’action du Canada pour lutter contre la haine afin de soutenir la sensibilisation des communautés et de réformer l’application de la loi, afin de s’attaquer à l’augmentation des crimes haineux, de renforcer la sécurité des communautés, de lutter contre la radicalisation et d’accroître le soutien aux victimes.

Le droit pénal dans le contexte des manifestations

Le Code criminel contient des infractions d’application générale qui font face à la violence et aux comportements nuisibles commis à l’encontre de tous et de tous les biens, y compris dans le contexte des manifestations. Il s’agit notamment des infractions suivantes : faire du tapage dans un endroit public (article 175); gêner ou arrêter un ministre de culte et troubler des offices religieux (article 176); nuisance publique (article 180); harcèlement criminel (article 264); proférer des menaces (article 264.1); toutes les voies de fait (articles 266 à 268); intimidation (article 423); et méfaits contre les biens/empêchement (article 430).

L’infraction de méfait (article 430) contient un moyen de défense (paragraphe 430(7)), qui prévoit que nul ne commet une infraction de méfait par le seul fait qu’il se trouve dans un lieu, ou près de ce lieu, aux seules fins d’obtenir et de communiquer des renseignements. L’objectif de ce moyen de défense est de reconnaître, de protéger et de préserver le débat public et la liberté d’expression. Un autre exemple existe pour l’infraction d’intimidation dans le contexte des services de santé (paragraphe 423.2(1)). Cette infraction comporte un seuil élevé de mens rea, à savoir « l’intention de provoquer la peur », ce qui limite la portée de la conduite visée par l’infraction de sorte qu’elle est adaptée à une catégorie étroite de comportement nuisible.

Autres éléments – Crimes violents

Le gouvernement du Canada s’est engagé à s’attaquer aux crimes violents de manière significative afin de réduire le nombre d’incidents de crimes violents au fil du temps.

Contexte

Selon Statistique Canada, l’Indice de gravité des crimes violents au Canada a augmenté de 5 % en 2022 et est à son plus haut niveau depuis 2007. Cela dit, les cas déclarés de crimes violents ont été relativement stables depuis 1992. Au cours de cette période, le nombre le plus élevé de cas déclarés par la police a été de 1 084 pour 100 000 personnes (1992) et le nombre le plus bas de cas déclarés par la police a été de 736 pour 100 000 personnes (2014).

L’augmentation du nombre de vols, d’extorsions, d’homicides et d’agressions sexuelles a contribué à la hausse de 2022.

Réformes législatives pour lutter contre la criminalité violente

Voici quelques exemples de réformes législatives introduites et promulguées pour lutter contre les crimes violents :

En 2018, l’ancien projet de loi C-51, Loi modifiant le Code criminel et la Loi sur le ministère de la Justice et une autre loi en conséquence, a modifié le Code criminel afin de clarifier et de renforcer les lois canadiennes sur les agressions sexuelles en précisant des éléments importants régissant le consentement à une activité sexuelle (pas de consentement lorsque la personne est inconsciente; le consentement doit être en même temps que l’activité sexuelle); en veillant à ce que les victimes puissent présenter des observations et être représentées par un avocat dans les procédures relatives à la protection contre le viol; et en créant une procédure spéciale pour déterminer l’admissibilité des dossiers privés d’une victime qui sont en possession de l’accusé.

En 2019, l’ancien projet de loi C-75, Loi modifiant le Code criminel, la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents et d’autres lois et apportant des modifications corrélatives à d’autres lois, a adopté des modifications qui renforcent les lois pénales dans le contexte des crimes violents, notamment : une nouvelle forme de renversement du fardeau de preuve lors de la mise en liberté sous caution pour les récidivistes accusés d’infractions de violence à l’égard d’un partenaire intime (VPI); l’obligation pour les tribunaux d’examiner si un accusé est accusé d’une infraction de VPI lorsqu’ils déterminent s’ils doivent le libérer ou le détenir; la clarification du fait que la strangulation, l’étouffement et la suffocation constituent des formes plus graves de voies de fait, et que le fait d’étrangler, de suffoquer ou d’étouffer une personne tout en l’agressant sexuellement constitue une forme plus grave d’agression sexuelle; la possibilité de demander une peine maximale plus élevée dans les cas impliquant un récidiviste en matière de VPI.

Le projet de loi C-48, Loi modifiant le Code criminel (réforme de la mise en liberté sous caution), a reçu la sanction royale le 5 décembre 2023 et est entré en vigueur le 4 janvier 2024. Ce projet de loi a apporté des modifications ciblées aux dispositions du Code criminel relatives à la mise en liberté sous caution pour traiter les récidives graves impliquant des crimes violents commis avec une arme, les infractions commises avec une arme à feu et les infractions liées à la violence conjugale. Ces modifications comprenaient un élargissement de l’inversion du fardeau de preuve lors de la mise en liberté sous caution pour les VPI, de sorte qu’il ne s’applique pas seulement aux personnes accusées qui ont déjà été condamnées pour une infraction de VPI, mais aussi à celles qui ont déjà été absous d’une telle infraction.

Le projet de loi C-21, Loi modifiant certaines lois et apportant certaines modifications corrélatives (armes à feu), a reçu la sanction royale le 15 décembre 2023. Elle comprend des mesures visant à lutter contre les crimes commis avec des armes à feu. Ces mesures comprennent la codification du gel national des armes de poing, l’augmentation des peines pour la contrebande et le trafic d’armes à feu, et des dispositions visant à mieux traiter le rôle des armes à feu dans la violence entre partenaires intimes et la violence fondée sur le sexe.

Le projet de loi C-63, Loi édictant la Loi sur les préjudices en ligne, modifiant le Code criminel, la Loi canadienne sur les droits de la personne et la Loi concernant la déclaration obligatoire de la pornographie juvénile sur Internet par les personnes qui fournissent des services Internet et apportant des modifications corrélatives et connexes à d’autres lois, qui a franchi l’étape de la deuxième lecture en février 2024, créerait une nouvelle infraction de crime haineux pour dénoncer explicitement les comportements haineux. Elle s’appliquerait à toute infraction au Code criminel ou à toute autre loi du Parlement qui est motivée par la haine fondée sur des motifs énumérés et serait passible d’une peine maximale d’emprisonnement à perpétuité.

Initiatives de financement

Armes à feu et gangs : En mai 2023, le ministre de la Sécurité publique s’est engagé à verser 390,6 millions de dollars sur cinq ans directement aux provinces et aux territoires pour aider à soutenir diverses initiatives visant à réduire les crimes commis avec des armes à feu et les activités des gangs criminels. Ce financement s’ajoute aux 358,8 millions de dollars investis dans l’Initiative pour prendre des mesures contre la violence liée aux armes à feu et aux gangs, annoncée pour la première fois en 2017.

Plan d’action canadien de lutte contre la haine : Le budget de 2024 a lancé le Plan d’action canadien de lutte contre la haine (PACLCH) et a proposé 273,6 millions de dollars sur six ans, et 29,3 millions de dollars en continu pour répondre à l’augmentation significative de la haine ciblant les peuples autochtones, les Noirs et les autres minorités raciales, ethno-religieuses, les communautés 2ELGBTQI+ et les personnes handicapées. Le PACLCH regroupera des initiatives gouvernementales visant à donner aux communautés les moyens de prévenir et de contrer les formes extrêmes de violence motivée par la haine, y compris l’extrémisme violent à motivation idéologique, de soutenir les victimes et les communautés touchées, de renforcer la confiance des communautés, les partenariats et l’état de préparation des institutions, et de faire comprendre les effets de la haine.

Dans le cadre du financement du PACLCH, Justice Canada a reçu 28 millions de dollars sur six ans, à partir de 2024-2025, pour la Stratégie fédérale d’aide aux victimes afin de fournir un soutien aux victimes à la suite d’un crime motivé par la haine, et 1,5 million de dollars sur cinq ans, à partir de 2024-2025, pour l’élaboration et la prestation d’une formation spécialisée aux procureurs de la Couronne et pour sensibiliser les magistrats à la dynamique unique des crimes haineux.

Violence entre partenaires intimes : Dans le cadre du budget de 2022, un financement de 539,3 millions de dollars sur cinq ans, à compter de 2022-2023, a été accordé à Femmes et égalité des sexes Canada (FEGC) pour permettre aux provinces et aux territoires de compléter et d’améliorer les services et les soutiens au sein de leurs juridictions afin de prévenir la VBG et de soutenir les survivants par le biais du PAN VBG. FEGC a travaillé avec chaque province et territoire pour mettre en place des accords bilatéraux soutenant la mise en œuvre du PAN VBG. Ces accords sont flexibles afin de permettre aux juridictions de répondre à leurs priorités, besoins et défis respectifs.

Victimes d’actes criminels

Le gouvernement du Canada s’est engagé à fournir des services significatifs aux victimes et aux survivants d’actes criminels, y compris les victimes de la violence fondée sur le sexe et la violence entre partenaires intimes.

Contexte

Stratégie fédérale d’aide aux victimes

Le gouvernement continue de s’engager à protéger les victimes et les survivants de la criminalité. La stratégie fédérale d’aide aux victimes (SFAV) vise à donner aux victimes et aux survivants d’actes criminels une voix plus efficace dans le système de justice pénale, notamment en veillant à ce que les perspectives des victimes et des survivants soient prises en considération lors de l’élaboration des politiques, des programmes et de la législation fédérale.

Le SFAV dispose de trois leviers principaux pour faire évoluer la situation des victimes d’actes criminels : l’élaboration de politiques, la réforme du droit pénal et l’élaboration de programmes. Le Fonds d’aide aux victimes est un programme de subventions et de contributions qui met des fonds à la disposition des bénéficiaires admissibles pour soutenir l’élaboration de nouvelles approches, promouvoir l’accès à la justice, améliorer la capacité des prestataires de services et/ou accroître la sensibilisation aux services offerts aux victimes et aux survivants d’actes criminels et à leurs familles. En outre, par l’intermédiaire du Fonds d’aide aux victimes, Justice Canada administre des accords de financement pluriannuels avec les provinces et les territoires pour les aider à assumer leurs responsabilités en matière d’administration de la justice. Environ $40 millions de dollars ont été versés par l’intermédiaire du Fonds d’aide aux victimes en 2023-2024 pour soutenir des mesures axées sur les victimes dans l’ensemble du Canada.

Plan d’action du Canada de lutte contre la haine

Le budget de 2024 établit le Plan d’action du Canada de lutte contre la haine (le Plan d’action) et prévoit un investissement de 273,6 millions de dollars sur une période de six ans et de 29,3 millions de dollars par la suite afin de contrer l’augmentation importante du nombre de crimes haineux commis à l’égard des peuples autochtones, des Noirs et d’autres minorités racialisées ou ethno-religieuses, des membres des communautés 2ELGBTQI+ et des personnes handicapées. Le Plan d’action rassemblera plusieurs initiatives gouvernementales pour donner aux collectivités les moyens de prévenir et de combattre les formes extrêmes de violence motivée par la haine, y compris l’extrémisme violent fondé sur une idéologie, d’aider les victimes et les collectivités touchées, de renforcer la confiance des collectivités, les partenariats et l’état de préparation des institutions, et de favoriser la compréhension des effets de la haine et la sensibilisation à cet égard.

Le financement qui sera accordé par l’entremise du Plan d’action comprend notamment l’investissement de 28 millions de dollars sur une période de six ans, à compter de 2024-2025, pour la Stratégie fédérale d’aide aux victimes, qui vise à fournir un soutien aux victimes de crimes haineux, et de 1,5 million de dollars sur une période de cinq ans, à compter de 2024-2025, afin d’élaborer et d’offrir une formation spécialisée à l’intention des procureurs de la Couronne, et de sensibiliser la magistrature quant à la dynamique particulière des crimes haineux.

Le projet de loi C-63 (Loi édictant la Loi sur les préjudices en ligne, modifiant le Code criminel, la Loi canadienne sur les droits de la personne et la Loi concernant la déclaration obligatoire de la pornographie juvénile sur Internet par les personnes qui fournissent des services Internet et apportant des modifications corrélatives et connexes à d’autres lois), qui était introduit en février 2024, vise à introduire une nouvelle infraction de crime haineux en vue de dénoncer expressément les comportements haineux. Cette nouvelle infraction serait définie comme le fait de commettre une infraction prévue au Code criminel ou à toute autre loi fédérale en étant motivé par de la haine fondée sur certains facteurs et serait passible d’une peine maximale d’emprisonnement à perpétuité.

Ce projet de loi prévoit également la création d’un engagement de ne pas troubler l’ordre public se rapportant à la propagande haineuse ou aux crimes haineux. La durée d’un tel engagement pourrait s’étendre jusqu’à 12 mois, voire deux ans, dans le cas où le défendeur a déjà été reconnu coupable d’avoir commis un crime haineux, à condition d’obtenir le consentement du procureur général (habituellement sur le plan provincial). Un tel engagement serait conforme à certains des engagements de ne pas troubler l’ordre public qui existent déjà et, de façon plus générale, aux instances menées au titre du Code criminel relativement à la plupart des infractions de propagation haineuse.

Ce projet de loi vise également à augmenter les peines maximales pour les quatre infractions de propagande haineuse, y compris l’encouragement ou l’incitation au génocide. Cette modification rendrait ces peines équivalentes à la peine imposée à la personne coupable d’incitation au meurtre même si le meurtre n’est pas commis; à savoir l’emprisonnement à perpétuité. Les peines maximales relatives aux trois autres infractions de propagande haineuse passeraient à cinq ans d’emprisonnement (au lieu de deux ans) lorsqu’elles font l’objet d’actes d’accusation.

Enfin, ce projet de loi propose une définition du terme « haine » pour l’application des infractions de propagande haineuse et de la nouvelle infraction de crime haineux proposée sur le fondement de la jurisprudence de la Cour suprême du Canada.

Violence fondée sur le sexe et violence entre partenaires intimes

La lutte contre la violence fondée sur le sexe est une priorité pour le gouvernement du Canada. Lancé en novembre 2022 par les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables de la condition féminine, le Plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe (PAN VFS) est un plan décennal qui établit un cadre pour créer un Canada sans violence fondée sur le sexe – un Canada qui soutient les victimes, les survivants et leurs familles d’un océan à l’autre.

Dans le cadre du budget de 2022, un financement de 539,3 millions de dollars sur cinq ans, à compter de 2022-2023, a été accordé à Femmes et égalité des sexes Canada (FEGC) pour permettre aux provinces et aux territoires de compléter et d’améliorer les services et les soutiens au sein de leurs juridictions afin de prévenir la VFS et de soutenir les survivants par le biais du PAN VFS. FEGC a travaillé avec chaque province et territoire pour mettre en place des accords bilatéraux soutenant la mise en œuvre du PAN VFS. Ces accords sont flexibles afin de permettre aux juridictions de répondre à leurs priorités, besoins et défis respectifs.

En 2019, l’ancien projet de loi C-75, Loi modifiant le Code criminel, la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents et d’autres lois, et apportant des modifications corrélatives à d’autres lois, a adopté des modifications qui renforcent les lois pénales dans le contexte de la violence entre partenaires intimes, dans le but d’améliorer la sécurité des victimes. Entre autres, cette loi :

Le projet de loi C-21, Loi modifiant certaines lois et d’autres dispositions en conséquence (armes à feu), a reçu la sanction royale le 15 décembre 2023. Le projet de loi modifie le Code criminel pour permettre à quiconque de demander à un tribunal de rendre une ordonnance d’interdiction d’urgence afin de retirer immédiatement les armes à feu, pour une période maximale de 30 jours, à un particulier qui peut représenter un danger pour lui-même ou pour autrui. Ce régime vise à répondre aux situations dans lesquelles un individu représente un risque pour lui-même, sa famille ou la sécurité publique, y compris pour les auteurs de violences entre partenaires intimes, de violences fondées sur le sexe ou d’autres types de violences, afin de retirer temporairement une arme à feu à cette personne.

Le projet de loi C-48, Loi modifiant le Code criminel (réforme de la mise en liberté sous caution), a reçu la sanction royale le 5 décembre 2023 et est entré en vigueur le 4 janvier 2024. Ce projet de loi apporte des modifications ciblées aux dispositions du Code criminel relatives à la mise en liberté provisoire afin d’accroître la sécurité publique et la confiance du public dans l’administration de la justice. Ces modifications comprennent un élargissement du renversement du fardeau de la preuve lors de la mise en liberté provisoire en cas de VPI, de sorte qu’elle s’applique non seulement aux personnes accusées qui ont déjà été condamnées pour une infraction de VPI, mais aussi à celles qui ont déjà été acquittées d’une telle infraction.

Conseils à l’intention du ministre – Contestations judiciaires de la loi 21 du Québec

La loi 21 du Québec, Loi sur la laïcité de l’État, a été adoptée en utilisant la disposition de dérogation de la Charte (article 33). Des parties qui contestent la constitutionnalité de la loi ont présenté des demandes d’autorisation d’appel devant la Cour suprême du Canada depuis que la Cour d’appel du Québec a confirmé la validité de la loi en grande partie.

Contexte

La disposition de dérogation prévue à l’article 33 de la Charte canadienne des droits et libertés (la Charte) permet au Parlement et aux législatures provinciales et territoriales de déclarer, pour une période pouvant aller jusqu’à cinq ans à la fois, qu’une loi s’appliquera malgré certains droits et libertés garantis par la Charte, à savoir l’article 2 (libertés fondamentales), les articles 7 à 14 (garanties juridiques) et l’article 15 (droits à l’égalité).

Le Parlement n’a jamais utilisé la disposition de dérogation. Depuis 2018, les provinces ont eu recours à la disposition de dérogation plus fréquemment. En particulier, les gouvernements de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick ont proposé d’utiliser la disposition de dérogation pour la première fois dans ces provinces. La Loi sur la laïcité de l’État (projet de loi 21) et la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français (projet de loi 96) du Québec font partie de cette tendance, bien que le Québec ait souvent eu recours à la disposition depuis 1982.

La constitutionnalité de la loi 21 du Québec a été contestée dans l’affaire Hak devant la Cour supérieure du Québec, laquelle a conclu que le recours à la disposition de dérogation était valide sur le plan juridique. Cette décision a été confirmée en grande partie par la Cour d’appel du Québec. Une demande d’autorisation de pourvoi à la Cour suprême a été présentée. Le gouvernement du Canada a déclaré publiquement qu’il avait l’intention d’intervenir si la Cour suprême décide d’instruire l’appel.

Conseils à l’intention du ministre – Plan ministériel 2024-2025 du ministère de la Justice Canada

Contexte

Le Plan ministériel 2024-2025 du ministère de la Justice Canada fournit aux parlementaires et aux Canadiens des renseignements sur les activités que mènera le Ministère pour utiliser les crédits demandés au Parlement, les résultats attendus de ces activités et les ressources prévues pour atteindre ces résultats pour la période du 1er avril 2024 au 31 mars 2025.

Le 29 février 2024, le président du Conseil du Trésor a déposé les plans ministériels 2024-2025 au Parlement, au nom des collègues ministériels.

Le tableau ci-dessous présente des renseignements sur les dépenses prévues pour chaque responsabilité essentielle du ministère de la Justice Canada et pour ses services internes pour 2024-2025, 2025-2026 et 2026-2027.

Responsabilités essentielles et services internes 2024–2025 (comme indiqué dans le Budget principal des dépenses) Dépenses prévuesNote de bas de page * du tableau pour 2024-2025 Dépenses prévuesNote de bas de page * du tableau pour 2025-2026 Dépenses prévuesNote de bas de page * du tableau pour 2026-2027
Services juridiques 230 876 958 230 876 958 220 933 846 219 520 417
Appui au système de justice 602 493 696 602 493 696 583 922 997 543 140 193
Sous-total 833 370 654 833 370 654 804 856 843 762 660 610
Services internes 94 541 217 94 541 217 94 056 937 92 975 627
Total 927 911 871 927 911 871 898 913 780 855 636 237