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Tableau de bord sur l’état du système de justice pénale

Comprendre les expériences des jeunes avec le système de justice pénale en tant que victimes et survivants

Les sections qui suivent donnent un aperçu des expériences des jeunes avec le système de justice pénale en tant que victimes et survivants. Même si la présente page examine divers types de victimisation que les jeunes peuvent subir, il convient de noter que les inégalités structurelles et la discrimination systémique plus générales peuvent aggraver l’expérience d’une victime ou d’un survivant. Pour en savoir plus, cliquez sur jeunes autochtones et jeunes noirs. Pour obtenir des ressources supplémentaires sur les jeunes et le système canadien de justice pénale pour les jeunes, cliquez sur bibliographie.

Victimisation des jeunes

La recherche a constamment révélé que les jeunes, âgés de 15 à 24 ans, sont plus susceptibles de subir une victimisation par rapport aux Canadiens âgés de plus de 25 ans, avec une baisse plus marquée chez les personnes âgées de 35 ans ou plusNote de bas de page16. En même temps, la plupart des jeunes ne signalent pas leur victimisation à la police ou à d’autres organismes, comme les services de protection de l’enfance. Les personnes peuvent choisir de ne pas signaler l’incident pour de nombreuses raisons, la plus courante desquelles étant la croyance que l’incident est mineur ou pas assez important pour être signaléNote de bas de page17.

Les jeunes peuvent également subir des événements traumatisants pendant leur enfance, souvent appelés des expériences négatives dans l’enfance, ce qui peut comprendre la violence, la négligence, la séparation parentale, le décès d’un membre de la famille et une mauvaise santé mentale parentaleNote de bas de page18. Une étude effectuée par l’Université McMaster a permis de conclure que la majorité des répondants avaient eu au moins une expérience négative vécue durant leur enfance, dont les types les plus courants signalés étaient la violence physique, la violence émotionnelle et être témoin de la violence entre partenaires intimesNote de bas de page19. La violence au sein du foyer d’un enfant, que l’enfant en soit témoin ou qu’il la subisse directement peut avoir une incidence sur son bien-être et contribuer à des problèmes émotionnels, physiques, sociaux, cognitifs et comportementauxNote de bas de page20.

Le stress toxique durant l’enfance – en raison d’expériences négatives dans l’enfance, un traumatisme multigénérationnel et une discrimination systémiqueNote de bas de page21—peut avoir des conséquences négatives sur la santé et le bien-être des enfantsNote de bas de page22. Par exemple, le stress toxique peut accroître le risque de maladies chroniques et nuire à la capacité d’un enfant à gérer ses émotions, à prendre des décisions, à réagir au stress, à contrôler ses impulsions, et à apprendre et à terminer ses études. Par conséquent, les personnes qui vivent des expériences négatives dans l’enfance sont plus susceptibles de subir des problèmes de santé mentale, de grossesse chez les adolescentes, de problèmes liés à la consommation de substances et des difficultés à établir des relations sainesNote de bas de page23. En outre, les expériences négatives dans l’enfance peuvent continuer de toucher les victimes tout au long de leur vie. Par exemple, il est également plus de deux fois plus probable que ces personnes soient victimes de nouveau de violence à l’âge adulteNote de bas de page24.

Violence par les pairs : Intimidation

La recherche a indiqué qu’un enfant ou adolescent canadiens sur cinq signalent avoir été intimidés au moins quelques fois par mois et que l’intimidation se produit le plus souvent dans les écoles ou en ligneNote de bas de page25. L’intimidation dans les écoles est l’une des formes les plus courantes de violence par les pairs et peut se présenter de la manière suivante :

  • physique, comme frapper ou voler;
  • verbales, comme insulter ou faire des menaces;
  • psychologique, comme répandre des rumeurs ou exclure socialement une personne.

La cyberintimidation, une forme d’intimidation qui se produit en ligne, est également courante chez les enfants et les jeunes.Note de bas de page26 Il peut être particulièrement nocif, car l’intimidateur peut demeurer anonyme, avoir un public beaucoup plus important et utiliser un langage plus blessant qu’en personneNote de bas de page27. Il est ressorti de la recherche que l’intimidation (y compris la cyberintimidation) peut entraîner des blessures physiques, ainsi que des conséquences émotionnelles et comportementales, comme la dépression, une mauvaise santé mentale, des problèmes scolaires, des idées suicidaires et une faible estime de soiNote de bas de page28.

L’intimidation est souvent orientée vers une personne parce qu’elle a une ou plusieurs caractéristiques particulières. Cela pourrait comprendre, par exemple, leur classe sociale, leur origine ethnoculturelle, leur religion, leur genre, leur orientation sexuelle, leur capacité et leur apparence. Par conséquent, l’intimidation a tendance à toucher de manière disproportionnée les jeunes marginalisés, comme les jeunes faisant partie de la population LGBTQ2, les jeunes racialisés, et les jeunes handicapésNote de bas de page29.

Violence dans les fréquentations

La violence dans les fréquentations, qui est commise par un partenaire intime,Note de bas de page30 actuel ou ancien, constitue une autre forme de victimisation que les jeunes subissent. Il est estimé qu’un adolescent sur trois a subi une violence physique et/ou émotionnelle dans ses relations de fréquentationNote de bas de page31. Souvent, les jeunes et les adultes dans leur vie ont tendance à minimiser les comportements violents et dominants de leur partenaire, comme les messages textes constants, le cyberharcèlement, le contrôle des vêtements qu’ils portent et le contrôle des personnes avec qui ils interagissent. Dans les médias, l’obsession et la jalousie dans les relations ont tendance à être idéalisées, ce qui peut faire en sorte que les personnes estiment que les relations nuisibles sont normales et même romantiquesNote de bas de page32. Par conséquent, il se peut que certains jeunes ne reconnaissent pas les comportements de contrôle comme des comportements violents.

Les jeunes filles sont touchées de manière disproportionnée par la violence dans leurs relations de fréquentation. Selon les données communiquées par la police, les filles âgées de 15 à 19 ans sont considérablement plus susceptibles de faire partie d’une relation violente par rapport aux garçonsNote de bas de page33. Les jeunes filles qui subissent de la violence dans les fréquentations sont également plus susceptibles de subir de la violence subséquente dans leurs relations intimes en tant qu’adultesNote de bas de page34. Même si la violence dans les fréquentations est propre aux personnes faisant partie de relations romantiques, elle peut également être comprise dans la catégorie plus générale de violence fondée sur le sexe, qui est orientée vers une personne en raison de son genre, de son expression de genre, de son identité de genre ou de son identité présumée. Pour en savoir plus sur la violence fondée sur le sexe, veuillez consulter le thème sur les femmes.

Exploitation sexuelle d’enfants et violence sexuelle contre les enfants en ligne

Étant donné l’augmentation de l’utilisation de la technologie, les enfants et les adolescents ont de plus en plus été victimes d’exploitation sexuelle et de violence sexuelle en ligne. Selon Sécurité publique Canada, entre 2014 et 2020, Cyberaide.ca – la centrale canadienne de signalement axée sur l’exploitation sexuelle d’enfants et de violence sexuelle contre les enfants en ligne – a reçu plus de 4,3 millions de signalementsNote de bas de page35.

L’exploitation sexuelle d’enfants et violence sexuelle contre les enfants en ligne peut comprendre le leurre d’un enfant ou d’un adolescent, l’incitation sexuelle aux fins de manipulation ou pour les encourager à participer à des activités ou à conversations sexuelles, l’enregistrement ou la diffusion de matériel de violence sexuelle contre les enfants en ligne et le recours à la coercition ou à des menaces pour leur extorquer du matériel de violence sexuelle en ligne. Ce type de victimisation a des répercussions durables et dévastatrices sur les victimes en raison de la nature permanente du matériel de violence sexuelle contre les enfants en ligne. Cela peut entraîner la crainte d’être reconnu par quelqu’un qui a vu le matériel, des sentiments de perte de contrôle sur la création et la distribution de matériel de violence, ainsi que des sentiments de honte de soiNote de bas de page36.