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Expériences en tant que victimes ou survivants

Résultats abordés

  • Les Canadiens sont en sécurité et les personnes et leur famille se sentent en sécurité.
  • Les Canadiens comprennent le rôle du système de justice pénale et lui font confiance.
  • Le système de justice pénale respecte les droits des victimes et des survivants, et répond à leurs besoins.
  • Le système de justice pénale réduit le nombre d'Autochtones dans le système.
  • Le système de justice pénale réduit le nombre de personnes marginalisées et vulnérables dans le système.

La violence fondée sur le sexe est de la violence dirigée contre une personne en raison de son sexe — sa situation dans la société en tant que femme/fille, homme/garçon ou personne de diverses identités de genre — son expression de genre, son identité de genre ou son identité de genre perçue. Le terme est souvent utilisé pour décrire la violence qui est enracinée dans les inégalités entre les sexes entre les femmes et les hommes, y compris la distribution inégale du pouvoir à la maison et en public. Des décennies de recherche montrent que les femmes au Canada sont plus à risque que les hommes de subir certains types de victimisation avec violence. Les femmes sont considérablement surreprésentées parmi les victimes et les survivants d’agression sexuelle, de violence conjugale déclarée par la police, de séquestration, de harcèlement criminel et d’appels menaçants et harcelants (Burczycka 2019; Conroy 2018; ministère de la Justice du Canada 2019b). En revanche, les hommes constituent la majorité des auteurs de ces crimes (Savage 2019). Cette distinction entre les victimes ou survivants et les auteurs de certains types de crimes est caractéristique de la violence fondée sur le sexe (Burczycka 2019; Conroy 2018; ministère de la Justice du Canada 2019b).

Crimes déclarés par la police et autodéclarés

La plupart des données nationales sur les victimes et les survivants d’actes criminels proviennent du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC), de l’Enquête sociale générale (ESG) sur la sécurité des Canadiens (victimisation) et de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés (ESEPP). Le Sondage sur la DUC comprend des données déclarées par la police. Cela signifie que le Programme de DUC ne contient que des renseignements sur les incidents qui ont été portés à l’attention de la police et qui ont été corroborés par une enquête. Cependant, pour une multitude de raisons, certains crimes ne sont jamais portés à l’attention de la police. Pour aider à combler cette lacune dans les données, l’ESG et l’ESEPP recueillent des données directement auprès des personnes sur les expériences de certaines formes de victimisation avec violence, à savoir l’agression physique, l’agression sexuelle et le vol qualifié, ainsi que des renseignements sur la question de savoir si ces affaires ont été signalées ou non à la police26. Il est possible que la victimisation soit sous-déclarée dans toutes les enquêtes, car les gens peuvent choisir de ne pas divulguer ces expériences pour diverses raisons.

Après une baisse constante entre 2009 et 2013, les taux de crimes violents déclarés par la police ont suivi une tendance à la hausse depuis 2014, sans toutefois dépasser les niveaux d’avant 2009. L’augmentation a été plus marquée pour les crimes contre les femmes que pour les crimes contre les hommes (voir le diagramme 3). De toutes les affaires de crimes violents déclarées par la police27 en 2019, les femmes représentaient un peu plus de la moitié (52 %) des victimes ou survivants28. Plus précisément, les données sur les crimes violents déclarés par la police indiquent un taux plus élevé de victimisation avec violence chez les femmes (1 158 pour 100 000 habitants) que chez les hommes (1 081 pour 100 000 habitants). Cette tendance a été relativement persistante au cours des 10 dernières années (Programme de déclaration uniforme de la criminalité, Statistique Canada, demande spéciale).29

Diagramme 3. Les victimes ou survivants de crimes violents déclarés par la police âgés de 18 ans et plus, selon le genre de la victime, de 2009 à 2019 (taux pour 100 000 habitants).

Version textuelle
Taux par 100 000 habitants
Femmes Hommes
2009 1236 1220
2010 1239 1186
2011 1153 1109
2012 1034 1080
2013 989 988
2014 989 950
2015 1013 971
2016 1016 966
2017 1048 977
2018 1091 1010
2019 1158 1081

Source : Programme de déclaration uniforme de la criminalité, Statistique Canada, demande spéciale.

Comparativement aux hommes, les femmes sont également plus susceptibles de déclarer elles-mêmes avoir été victimes de violence30. En 201431, le taux de victimisation avec violence autodéclarée chez les femmes était de 85 incidents pour 1 000 habitants, tandis que chez les hommes, le taux était de 67 incidents pour 1 000 habitants. Ce taux était encore plus élevé chez les femmes autochtones (219E pour 1 000 habitants), que chez les femmes non autochtones (81 pour 1 000 habitants) et chez les hommes autochtones (106E pour 1 000 habitants). Le taux de victimisation autodéclarée chez les jeunes femmes autochtones (âgées de 15 à 24 ans) était plus de cinq fois plus élevé que chez les hommes autochtones et non autochtones du même âge, et trois fois plus élevé que chez les femmes non autochtones. Les femmes autochtones étaient plus susceptibles que les femmes non autochtones de signaler des expériences de victimisation avec violence, même après la prise en considération d’un éventail de facteurs de risque comme l’âge et la situation matrimoniale (Boyce 2016; ESG sur la sécurité des Canadiens [victimisation], Statistique Canada, demande spéciale)32.

Le genre est une façon d’examiner les expériences de victimisation. Toutefois, les femmes forment un groupe diversifié de personnes dont le risque et la résilience dépendent de nombreux autres facteurs sociaux. Certains groupes de femmes sont plus susceptibles d’être victimes de violence. Par exemple, même en tenant compte d’autres facteurs, les femmes gaies, lesbiennes et bisexuelles ont déclaré avoir été victimes de violence à un taux de 281E pour 1 000 habitants, un taux près de quatre fois plus élevé que celui des femmes hétérosexuelles (75 pour 1 000 habitants), et plus de deux fois plus élevé que celui des hommes gais ou bisexuels (121E pour 1 000 habitants; ESG sur la sécurité des Canadiens [victimisation], Statistique Canada, demande spéciale; Simpson 2018b). Les femmes et les hommes ayant une incapacité ont déclaré des taux plus élevés de victimisation avec violence que les femmes et les hommes sans incapacité (Cotter 2018). Cela était vrai peu importe le type d’incapacité, qu’elle soit sensorielle, physique, cognitive ou liée à la santé mentale. De plus, les femmes ayant une incapacité affichaient des taux légèrement plus élevés de victimisation avec violence que les hommes ayant une incapacité. Par exemple, les femmes ayant une incapacité physique ont déclaré un taux de victimisation avec violence plus élevé (241E pour 1 000 habitants) que les hommes ayant une incapacité physique (102E pour 1 000 habitants) ainsi que les femmes sans incapacité (65 pour 1 000 habitants) (Cotter 2018). Les femmes ayant des troubles de santé mentale ont déclaré avoir été victimes de violence à un taux plus de trois fois plus élevé (260 pour 1 000 habitants) que les femmes sans incapacité liée à la santé mentale (70 pour 1 000 habitants). De même, les femmes ayant un trouble cognitif ou d’apprentissage (242E pour 1 000 habitants) et les femmes ayant des antécédents d’itinérance (216 pour 1 000 habitants) étaient également plus susceptibles d’avoir été victimes de violence (comparativement aux femmes n’ayant aucun trouble cognitif ou d’apprentissage – 79 pour 1 000 habitants – et aux femmes sans antécédents d’itinérance – 73 pour 1 000 habitants). Fait intéressant, la tendance inverse a été observée chez les immigrantes, qui étaient moins susceptibles de déclarer elles-mêmes des incidents de victimisation avec violence que les femmes non immigrantes (45E comparativement à 96 pour 1 000 habitants, respectivement). De même, les femmes des minorités visibles étaient moins susceptibles de déclarer avoir été victimes de violence (62E pour 1 000 habitants) que les femmes qui n’appartenaient pas à une minorité visible (89 pour 1 000 habitants); toutefois, il n’y avait pas de différences statistiquement significatives entre les femmes et les hommes des minorités visibles (Simpson 2018a; ESG sur la sécurité des Canadiens [victimisation], Statistique Canada, demande spéciale).

Des recherches récentes indiquent que les immigrants pourraient être moins susceptibles de déclarer avoir été victimes de violence (Xie et Baumer 2019). Il peut y avoir des interprétations divergentes de ce qui constitue de la violence selon les cultures et les croyances entourant les rôles et les comportements liés au sexe qui peuvent empêcher ou décourager les femmes immigrantes de reconnaître ou de signaler la violence perpétrée contre elles (Guruge et coll. 2012). De plus, les femmes immigrantes peuvent faire face à des obstacles linguistiques qui font en sorte qu’il est difficile de signaler la violence, ou elles peuvent craindre l’expulsion ou l’échec de leur parrainage, particulièrement si l’agresseur est leur répondant (Ahmadzai 2015; Tabibi et Ahmed 2018).

En ce qui concerne les types particuliers de victimisation avec violence, les femmes ont le plus souvent déclaré des expériences d’agression physique (43 pour 1 000 habitants) et d’agression sexuelle (37 pour 1 000 habitants), tandis que le vol qualifié ne représentait que quelques incidents autodéclarés (5E pour 1 000 habitants). En comparaison, les hommes ont souvent déclaré des expériences d’agression physique (54 pour 1 000 habitants) et de vol qualifié (8E pour 1 000 habitants), tandis que les agressions sexuelles représentaient relativement peu d’incidents autodéclarés (5E pour 1 000 habitants) (Perreault 2015).

Le taux de victimisation avec violence autodéclarée était plus élevé chez les femmes autochtones que chez les femmes non autochtones dans tous les principaux types de crimes violents (Boyce 2016; Brennan 2011; Brzozowski, Taylor-Butts et Johnson 2006; Mahony, Jacob et Hobson 2017; Miladinovic et Mulligan 2015; Perreault 2015; Perreault et Simpson 2016). Par exemple, le taux de voies de fait était deux fois plus élevé chez les femmes autochtones (89E pour 1 000 habitants) que chez les femmes non autochtones (41 pour 1 000 habitants) et légèrement plus élevé que chez les hommes autochtones (85E pour 1 000 habitants). Le taux d’agression sexuelle chez les femmes autochtones (115E pour 1 000 habitants) était légèrement plus de trois fois plus élevé que le taux observé chez les femmes non autochtones (35 pour 1 00033 habitants) (ESG sur la sécurité des Canadiens [victimisation], Statistique Canada, demande spéciale)34.

Agressions sexuelles : crime fondé sur le sexe

Les données déclarées par la police et les données autodéclarées appuient la constatation cohérente dans la documentation selon laquelle l’agression sexuelle est un crime fondé sur le sexe, les femmes constituant la majorité des victimes ou survivants et les hommes la majorité des auteurs (ministère de la Justice du Canada 2019c).

En 2018, selon l’ESEPP, près d’une femme sur trois (30 %) et près d’un homme sur dix (8 %) ont déclaré avoir été agressés sexuellement à un moment ou à un autre depuis l’âge de 15 ans (Cotter et Savage 2019). La prévalence relativement élevée de ces expériences chez les femmes est liée à la normalisation de la violence sexuelle contre les femmes dans la société canadienne. La violence sexuelle est normalisée — semble banale et acceptable — par nombre de comportements et de pratiques. Cela comprend, par exemple, les blagues sexuelles inappropriées, l’attention sexuelle non désirée (p. ex., commentaires, gestes, langage corporel), les attouchements non désirés et la représentation de la violence envers les femmes dans les médias (Bastomski et Smith 2017; Cotter et Savage 2019; Mellgren et coll. 2018). Une femme sur trois dans les provinces (32 %) et les territoires (35 %) a déclaré avoir été victimes de comportements sexuels non désirés en public en 2018 (Cotter et Savage 2019; Perreault 2020). De plus, le fardeau d’éviter les agressions sexuelles incombe souvent aux femmes et aux filles elles-mêmes, plutôt que d’empêcher les hommes et les garçons d’adopter un comportement violent (Herberle 2014). Cela contribue au sentiment de responsabilité qui peut empêcher les femmes de signaler une agression sexuelle à la police. De plus, la plupart des agressions sexuelles contre les femmes sont commises par une personne qu’elles connaissent, ce qui peut compliquer davantage la décision de signaler ou non les agressions (Mahony et coll. 2017). Comme l’ont fait remarquer Cotter et Savage (2019),

[…] La mesure de la violence fondée sur le sexe est complexe. Les victimes — et même les auteurs des infractions — ne perçoivent peut-être pas les motivations de l’incident comme étant enracinées dans les structures et les systèmes sociaux, qui peuvent servir à produire et à reproduire les inégalités entre les sexes et la violence fondée sur le sexe sous de nombreuses formes. Pour cette raison, le fait de poser des questions directes sur la violence fondée sur le sexe dans une enquête peut ne pas mener à des conclusions ou à des conclusions exactes. Au lieu de cela, le fait de poser des questions sur toutes les expériences de violence et d’utiliser des renseignements contextuels — comme le sexe de la victime et de l’auteur, la relation entre la victime et l’auteur, ainsi que la nature et les répercussions de l’incident — permet d’examiner la violence quand la nature sexospécifique d’un incident et les facteurs systémiques généraux qui sous-tendent ces actes peuvent être pris en considération. (p. 4)

Les données de l’ESG et de l’ESEPP montrent que très peu d’affaires d’agression sexuelle sont signalées à la police. Dans l’ESEPP de 2018, seulement 5 % des femmes vivant dans les provinces qui avaient été victimes d’agression sexuelle au cours des 12 mois précédents ont indiqué avoir signalé l’incident à la police (Cotter et Savage 2019)35. Cela est conforme aux constatations de l’ESG de 2014 (5 %E)36. En comparaison, bien que les données ne soient pas actuellement disponibles par sexe, 38 % des personnes qui ont autodéclaré des affaires d’agression physique et 45 % de celles qui ont autodéclaré des affaires de vol qualifié ont indiqué que l’affaire a été déclarée à la police (ESG sur la sécurité des Canadiens [victimisation], Statistique Canada, demande spéciale).

L’information tirée de la recherche qualitative a révélé que le faible taux de signalement des incidents d’agression sexuelle pourrait être attribuable à divers facteurs comme : l’internalisation de la honte, la culpabilité ou la stigmatisation; la peur d’être blâmé, victimisé de nouveau, rejeté, pas cru ou traité de façon irrespectueuse; ou les questions plus vastes liées à la normalisation de la violence sexuelle dans la société canadienne (Johnson 2012; Sable et coll. 2006; Taylor et Gassner 2010; Venema 2014). Un autre facteur peut être le faible niveau de confiance des victimes ou survivants à l’égard du SJP. Par exemple, selon une étude du ministère de la Justice sur les survivants d’agression sexuelle (Lindsay 2014), de nombreux répondants ont signalé un faible niveau de confiance envers la police (52 % ont déclaré qu’ils n’étaient pas très ou pas du tout confiants), le processus judiciaire (66 %) et le SJP de façon plus générale (65 %), tous des éléments qui peuvent avoir une incidence sur la volonté de signaler l’incident à la police. Selon les données de l’ESG de 2014, la plupart des affaires d’agression sexuelle ne sont pas signalées à la police parce que, par exemple, les victimes ou survivants ont l’impression que :

  • l’incident était mineur et ne valait pas la peine d’être signalé (71 %);
  • l’incident était de nature privée ou personnelle et a été traité de façon informelle (67 %);
  • personne n’a subi de préjudice ou de perte financière (63 %);
  • ils ne voulaient pas avoir à traiter avec la police (45 %);
  • ils croyaient que la police n’aurait pas considéré l’affaire comme étant suffisamment importante (43 %);
  • il y avait un manque d’éléments de preuve (43 %);
  • le délinquant ne serait pas condamné ou puni adéquatement (40 %) (Perreault 2015; Rotenberg 2017)37.

La plupart des agressions sexuelles contre les femmes en 2015 qui ont été portées à l’attention de la police ont été commises par une personne qu’elles connaissaient, comme une connaissance (44 %), un partenaire intime (11 %), un conjoint actuel ou un ex-conjoint (5 %) ou un autre membre de la famille38 (19 %) (Mahony, Jacob et Hobson 2017). Les hommes représentent la majorité des auteurs d’agression sexuelle; par exemple, de 2009 à 2014, 98 % des accusés d’agression sexuelle étaient des hommes (Rotenberg 2017).

Les femmes âgées de 18 ans et plus représentaient plus de neuf victimes ou survivants sur dix (92 %) d’agression sexuelle déclarée par la police en 2018. Après plusieurs années de stabilité relative, le taux d’agressions sexuelles contre les femmes déclarées par la police a augmenté considérablement entre 2014 et 2018 (de 69 victimes ou survivants pour 100 000 habitants à 108 pour 100 000 habitants). Il y a également eu une légère augmentation du taux de ce type de victimisation chez les hommes pendant cette période (de 6 victimes ou survivants pour 100 000 habitants à 10 pour 100 000 habitants) (voir le diagramme 4; tableau 35-10-0051-01 de Statistique Canada). Des mouvements dans les médias sociaux comme #MoiAussi et #TimesUp ont alimenté, du moins en partie, l’augmentation du nombre de signalements d’agressions sexuelles depuis 2017 (Rotenberg et Cotter 2018).

Diagramme 4. Victimes ou survivants d’agressions sexuelles déclarées par la police (niveaux 1, 2 et 3)39, âgés de 18 ans et plus, selon le sexe de la victime, 2009 à 2018 (taux pour 100 000 habitants).

Version textuelle
Taux par 100 000 habitants
Femmes Hommes
2009 66 6
2010 72 7
2011 73 6
2012 73 7
2013 70 7
2014 69 6
2015 75 6
2016 82 6
2017 93 8
2018 108 10

Source : Programme de déclaration uniforme de la criminalité, tableau 35-10-0051-01 de Statistique Canada.

Contexte social et législatif de l’agression sexuelle

Les lois canadiennes sur les agressions sexuelles sont parmi les plus rigoureuses au monde (Craig 2018; Comité permanent de la justice et des droits de la personne de la Chambre des communes, 2017), mais la loi à elle seule ne peut pas changer les attitudes du public à l’égard de la violence sexuelle qui perdurent depuis des siècles. Ces attitudes comprennent des stéréotypes fondés sur le sexe au sujet de la façon dont une victime ou un survivant d’agression sexuelle devrait se comporter, et de ce dont les femmes devraient avoir l’air et comment elles devraient agir pour éviter l’agression sexuelle. Au cours des dernières années, des mouvements de médias sociaux comme #MoiAussi et #BeenRapedNeverReported ont ouvert la conversation sur les agressions sexuelles et les ont mises dans le domaine public (Rotenburg et Cotter 2018). Une intervention axée sur le soutien, les traumatismes et la violence40 pour les victimes et les survivants d’agression sexuelle exige une approche à l’échelle du système, y compris une formation spécialisée approfondie pour tous ceux qui travaillent dans le SJP, une sensibilisation et une éducation accrues du public, ainsi que des services de soutien appropriés, accessibles et en temps opportun.

Violence entre partenaires intimes

La VPI est définie comme la violence commise contre une personne par son conjoint ou partenaire intime actuel ou ancien. Selon les données déclarées par la police en 2018, les personnes victimes de VPI représentaient près du tiers (30 %) de toutes les victimes ou survivants de crimes violents déclarés par la police41 42. En 2018, les femmes représentaient près de huit victimes ou survivants de VPI déclarés par la police sur dix (79 % des femmes contre 21 % des hommes), les taux de VPI étant quatre fois plus élevés chez les femmes que chez les hommes (507 contre 134 pour 100 000) (Burczycka 2019).

Certains groupes de femmes sont plus à risque d’être victimes de VPI. Par exemple, en 2018, les femmes de 25 à 34 ans (1 104 pour 100 000 habitants) étaient plus de 18 fois plus susceptibles que celles de 55 ans et plus (60 pour 100 000 habitants) d’être victimes ou survivantes de VPI déclarée par la police. Cette constatation liée à l’âge était semblable chez les hommes (Burczycka 2019). Les femmes des régions rurales étaient également plus susceptibles que les hommes des régions rurales (789 contre 218 pour 100 000 habitants), ainsi que les femmes et les hommes des régions urbaines (447 et 117 pour 100 000 habitants, respectivement) d’être victimes ou survivants d’une affaire de VPI déclarée par la police (Burczycka 2019).

Selon les autodéclarations des données de l’ESG de 2014, une femme handicapée43 sur cinq (22 %) a déclaré avoir été victime de violence conjugale, comparativement à 11 % des femmes non handicapées. Une tendance semblable a été observée chez les hommes (21 % comparativement à 13 %, respectivement) (Cotter 2018). Une femme gaie, lesbienne ou bisexuelle sur cinq (23 %) a déclaré avoir été victime de violence dans ses relations amoureuses, soit le double de la proportion d’hommes gais et bisexuels qui ont déclaré avoir vécu ces expériences (11 %) (Ibrahim 2019). La proportion de femmes autochtones touchées par la violence conjugale est trois fois celle des autres Canadiennes (10 %E, comparativement à 3 %) (Boyce 2016). Certaines recherches laissent entendre que les femmes qui sont immigrantes ou nouvelles arrivantes peuvent aussi être plus vulnérables à la VPI en raison de divers facteurs comme la dépendance économique, les obstacles linguistiques et le manque de sensibilisation aux ressources communautaires disponibles (Fondation canadienne des femmes 2017; Migrant Mothers Project 2014). Ils peuvent aussi souffrir de traumatismes causés par la guerre ou des gouvernements oppressifs. Ces motifs peuvent accroître leur crainte de revictimisation et d’expulsion, ce qui, en fin de compte, peut avoir une incidence sur leur probabilité de signaler des expériences de violence à la police (ibid.).

La plupart des incidents de VPI ne sont pas signalés à la police. Par exemple, en 2014, seulement 35 % des affaires de violence conjugale commises contre des femmes ont été signalées à la police, tandis que moins du quart (24 %) des affaires commises contre des hommes ont été signalées (Mahoney et coll. 2017). La recherche a également montré que les femmes (56 %) étaient plus susceptibles que les hommes (20 %) d’avoir parlé de leurs expériences de violence conjugale avec une personne qu’elles connaissaient et d’avoir cherché du soutien et des services officiels, y compris du counselling, auprès des centres de crise et des refuges. Ces différences peuvent s’expliquer en partie par la fréquence et la gravité élevées des affaires de violence conjugale contre les femmes (Mahony et coll. 2017). Selon l’ESG de 2014, les femmes étaient plus susceptibles d’être victimes de violence chronique et grave (Mahony et coll. 2017). Parmi ceux qui ont été victimes de violence conjugale, les femmes étaient plus susceptibles que les hommes de déclarer une fréquence élevée d’incidents (c.‑à‑d. six incidents ou plus)44. Elles ont également signalé un plus grand nombre d’incidents impliquant les formes les plus graves de violence physique et sexuelle, comme les agressions sexuelles, les coups, les étranglements ou les menaces à l’aide d’une arme à feu ou d’un couteau (34 % contre 16 %E pour les hommes). Les femmes étaient également plus susceptibles de déclarer craindre pour leur vie pendant ces incidents (31 % comparativement à 8 %E, respectivement). De plus, elles étaient plus susceptibles de souffrir de blessures physiques (40 % comparativement à 24 %, respectivement), certaines nécessitant même des soins médicaux à la suite de l’incident de violence conjugale (8 %E pour les femmes45) (Mahony et coll. 2017).

La violence familiale ne cesse pas nécessairement lorsque la relation prend fin; en 2014, 41 % des personnes qui se sont séparées de leur agresseur ont subi de la violence physique ou sexuelle après la séparation, et aucune différence significative n’a été observée entre les femmes et les hommes (Burczycka 2016). Quitter une relation de violence est une période clé de risque et peut être dangereux. En fait, des recherches antérieures ont montré que les femmes sont plus susceptibles d’être tuées par un ex-partenaire que par un partenaire actuel (Sinha 2013; Statistique Canada 2006). Bien que les femmes représentent une plus faible proportion de victimes d’homicide que les hommes dans l’ensemble, les femmes représentent la grande majorité des victimes d’homicides commis par un partenaire intime. Entre 2008 et 2018, les femmes représentaient environ huit victimes sur dix de ce crime au Canada. En 2018, près de la moitié des femmes victimes d’homicide ont été tuées par un partenaire intime, comparativement à 7 % des hommes victimes d’homicide (Roy et Marcellus 2019).

En plus des dommages physiques et émotionnels importants que la VPI cause aux personnes et aux familles, elle coûte également cher aux personnes, aux institutions et à l’économie canadienne. Une étude du ministère de la Justice (2012) a estimé le coût financier de la violence conjugale au Canada en 2009 à 7,4 milliards de dollars sur une période d’un an. De ce montant, le SJP a assumé 4,3 % de l’impact économique total (ce qui a coûté environ 320,1 millions de dollars au système). Les coûts pour les victimes, comme les soins de santé, les problèmes de santé mentale, les pertes de productivité, les autres coûts personnels et les coûts intangibles comme la douleur et la souffrance, représentaient 80,7 % de l’impact économique total (6 milliards de dollars). Les coûts des tiers, comme les services sociaux, les répercussions négatives sur les enfants exposés à la violence conjugale et d’autres dépenses gouvernementales, ont représenté 12 % des répercussions économiques totales (889,9 millions de dollars). De plus, l’étude a révélé que la violence conjugale avait coûté aux employeurs environ 77,9 millions de dollars par année (ministère de la Justice du Canada 2012).

La violence faite aux femmes autochtones

L’incidence du colonialisme sur les sexes a entraîné des taux plus élevés de victimisation avec violence chez les femmes autochtones, une proportion importante d’incidents n’ayant pas été signalés à la police (Chansonneuve 2005; Chartrand et Horn 2016; Clark 2019; Hansen 2012; Jackson 1989; Kubik et coll. 2009; Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées 2019; Commission royale sur les peuples autochtones 1996a; Commission de vérité et réconciliation 2015). Selon l’ESG de 2014 sur la sécurité des Canadiens (victimisation), plus des trois quarts (77 %) des affaires de victimisation non conjugale contre des personnes autochtones n’ont pas été signalées à la police, comparativement aux deux tiers (66 %) pour les personnes non autochtones (Boyce 2016). Certaines études indiquent que les personnes autochtones hésitent à signaler les affaires de victimisation à la police en raison de certains préjugés à l’égard des Autochtones. Ces préjugés peuvent faire en sorte que leur crédibilité est mise en doute, que leurs demandes d’aide sont ignorées ou ne sont pas suffisamment appuyées (McGlade 2010; Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées 2017) et que la police prend des mesures préjudiciables (voir par exemple la pratique policière appelée Starlight Tours, dont il est fait mention dans la Commission d’enquête sur le décès de Neil Stonechild 2014) 46. De plus, les femmes autochtones, qui sont plus à risque de voir leurs enfants confiés à la garde de l’État, peuvent être particulièrement préoccupées par la prise de contact avec les autorités (Human Rights Watch 2013; Moorcroft 2011).

Il est également difficile de recueillir des données statistiques exactes sur les personnes autochtones (Kong et Beattie 2005). Les données sont plus susceptibles d’être exactes lorsque les répondants ont l’occasion de s’auto-identifier comme Autochtones et lorsque la collecte des données adopte une approche fondée sur les distinctions (voir les encadrés 1 et 2), ce qui n’est pas possible à toutes les étapes du SJP. Même la source de données la plus complète sur la victimisation autodéclarée est limitée, car on sait qu’elle sous-représente de nombreux secteurs de la société, en particulier les personnes autochtones (ministère de la Justice du Canada 2017). Étant donné que les femmes autochtones ont été marginalisées sur les plans social et économique en raison de l’histoire de la colonisation du Canada, elles constituent un groupe qui peut être plus difficile à joindre dans les sondages menés en ligne ou par téléphone, ou au moyen d’entrevues en personne (Kong et Beattie 2005; Perreault 2015; Perreault et Simpson 2016). Les personnes victimes de violence peuvent également être réticentes à participer à des sondages pour diverses raisons, y compris des préoccupations au sujet de la sécurité et de la protection des renseignements personnels (voir par exemple Perreault, 2015; Instituts de recherche en santé du Canada, 2018). De plus, les petites collectivités autochtones ont tendance à avoir des réseaux relationnels étroits et les gens peuvent éprouver de la méfiance et de l’appréhension en partageant de l’information à l’extérieur de leur collectivité (Instituts de recherche en santé du Canada 2018). Les accusés autochtones au sein du SJP peuvent également hésiter à s’identifier comme Autochtones par crainte d’un traitement injuste, discriminatoire et préjudiciable (Rudin 2005).

Les attaques violentes contre les femmes autochtones sont non seulement plus fréquentes, mais aussi plus susceptibles d’être mortelles. Chaque année, les femmes et de filles autochtones représentent au moins un cinquième à un quart de tous les homicides de femmes au Canada; le taux d’homicides est environ de cinq à sept fois plus élevé que celui de toutes les autres femmes et filles, selon l’année de déclaration (tableau 35-10-0156-01 de Statistique Canada). En 2019, les femmes autochtones ont été victimes d’homicide à un taux de 5,50 pour 100 000 habitants, presque neuf fois plus que le taux des femmes non autochtones victimes d’homicide (0,62 pour 100 000; voir le diagramme 5; Enquête sur les homicides, Statistique Canada, demande spéciale)47,48. La recherche a montré que les taux d’homicides varient selon l’emplacement géographique. Dans le Nord, par exemple, les femmes et les filles autochtones représentent un nombre disproportionné de victimes d’homicide comparativement aux femmes et aux filles non autochtones (voir, par exemple : Mahony et coll. 2017; Rotenberg 2019; Conroy 2018; tableau 35-10-0156-01 de Statistique Canada).49

Diagramme 5. Victimes adultes d’homicide selon l’identité autochtone et le genre de la victime, 2015 à 2019 (taux pour 100 000 habitants).

Version textuelle
Taux par 100 000 habitants
Victimes autochtones de sexe féminin Victimes féminines non autochtones Victimes autochtones de sexe masculin Victimes masculine non autochtones
2015 6.19 0.83 16.41 2.22
2016 3.92 0.82 17.41 2.37
2017 5.14 0.81 16.71 2.54
2018 5.4 0.77 13.93 2.66
2019 5.5 0.62 15.94 2.36

Source : Enquête sur les homicides, Statistique Canada, demande spéciale.

Selon une recherche menée par la Canadian Domestic Homicide Prevention Initiative [Initiative canadienne pour la prévention des homicides familiaux]50, les femmes autochtones étaient également plus susceptibles d’être victimes d’homicides commis par un partenaire intime, avec des taux huit fois plus élevés que les femmes non autochtones (Dawson et coll. 2018). Les auteurs du rapport ont indiqué que la colonisation, les répercussions des pensionnats, la mauvaise situation socioéconomique, le racisme systémique et interpersonnel et la violence intergénérationnelle peuvent tous contribuer à ces taux beaucoup plus élevés. En 2019, parmi les femmes autochtones, les victimes d’homicide étaient le plus souvent tuées par un conjoint ou un autre partenaire intime51 (42 %), ou par un autre membre de la famille52 (25 %). Les relations étaient similaires entre les accusés et les femmes non autochtones victimes d'homicide (conjoint ou un autre partenaire intime (48 %), un autre membre de la famille (26 %)). Toutefois, une proportion plus élevée de femmes autochtones victimes d'homicide ont été tuées par une connaissance (21%) et moins ont été tuées par un étranger (4%) comparativement aux femmes non autochtones (10% et 8%, respectivement) (tableau 35-10-0119-01 de Statistique Canada).

Il est important de noter que ces chiffres peuvent être grandement sous-estimés. Dans la grande majorité des cas de personnes disparues signalés à la police, il n’y a pas d’acte suspect, et la personne est rapidement retrouvée indemne (Gendarmerie royale du Canada 2014). Toutefois, les efforts récents visant à établir un lien entre les cas de personnes disparues et les homicides ont révélé que, dans jusqu’à un homicide de femmes sur cinq, la victime avait déjà été signalée à la police comme étant disparue (David 2017; Mulligan et coll. 2016; Roy et Marcellus 2019). Les femmes et les filles autochtones sont fortement surreprésentées parmi les cas de personnes disparues non résolus à long terme (Gendarmerie royale du Canada 2014). En raison des limites des données policières, il est probable que d’autres cas de femmes et de filles autochtones disparues aient été mal identifiés comme étant non autochtones, de sorte que le nombre de cas pourrait être plus élevé (Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées 2019). Bien qu’un examen national mené par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en 2014 ait révélé que les femmes et les filles autochtones étaient grandement surreprésentées dans les cas de personnes disparues non résolus, il n’y a pas eu de déclaration nationale continue de ces chiffres (Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées 2019). Pour toutes ces raisons, les taux réels de crimes violents contre les femmes autochtones, et la disparité par rapport aux femmes non autochtones continuent presque certainement d’être sous-estimés.


Notes de bas de page

26 L’ESG et l’ESEPP recueillent des données sur les Canadiens de 15 ans et plus qui vivent dans toutes les provinces et tous les territoires. Les personnes qui vivent dans les établissements, y compris les prisons, ne sont pas incluses. L’ESG demande aux répondants d’indiquer tout incident de victimisation qu’ils ont vécu au cours des 12 mois précédents, et l’enquête est répétée selon un cycle de cinq ans. L’ESEPP, menée pour la première fois en 2018, met l’accent sur les expériences de violence fondée sur le sexe vécues par les Canadiens au cours des 12 derniers mois, y compris les comportements sexuels non désirés dans les espaces publics, les comportements sexuels non désirés au travail, les comportements indésirables en ligne, les agressions sexuelles et la violence conjugale. L’ESEPP recueille également de l’information sur les mauvais traitements infligés aux enfants et l’expérience d’agression sexuelle et physique au cours de la vie (depuis l’âge de 15 ans).

27 Comprend les infractions au code de la route causant des lésions corporelles ou la mort.

28 Comprend les personnes âgées de 18 ans et plus. L’âge de la victime est calculé en fonction de la date de fin d’une affaire, telle que déclarée par la police. Certaines victimes ou certains survivants sont victimes de violence pendant une certaine période, parfois des années, et la police peut considérer que toutes ces situations font partie d’un incident continu. Exclut les victimes et les survivants de plus de 89 ans.

29 Exclut les accusés dont le sexe était inconnu. De petits comptes de victimes et d’accusés identifiés comme étant « de genres divers » ont été attribués  à « homme » ou « femme » afin d’assurer la protection de la confidentialité et de la vie privée.

30 L’ESG sur la sécurité des Canadiens (victimisation) recueille des renseignements sur un sous-ensemble d’infractions : agression sexuelle, vol qualifié, agression physique, introduction par effraction, vol de véhicules à moteur ou de pièces, vol de biens personnels, vol de biens domestiques et vandalisme. La victimisation avec violence mesurée par l’ESG comprend les agressions sexuelles, les vols qualifiés et les voies de fait. Exclues les données provenant des territoires; en effet, l'enquête a été menée dans les territoires avec un échantillonnage conçu différemment.

31 Les données présentées ci-dessous proviennent de l’Enquête sur la sécurité des Canadiens (victimisation) de l’ESG de 2014, sauf indication contraire.

32 Dans la présente analyse, certains facteurs sociétaux ne pouvaient pas être contrôlés, comme l’impact des pensionnats indiens sur les familles et les collectivités autochtones.

33 Le taux d’agression sexuelle chez les hommes autochtones était trop peu fiable pour être publié. Comme c’est le cas de toutes les enquêtes sur les ménages, les données comportent des limites. Les résultats reposent sur un échantillon et, par conséquent, sont sujets à des erreurs d’échantillonnage. Des résultats quelque peu différents auraient pu être obtenus si toute la population avait participé à l’enquête. Dans le présent article, nous utilisons le coefficient de variation (CV) comme mesure de l’erreur d’échantillonnage. Les estimations ayant un CV élevé (plus de 33,3 %) n’ont pas été publiées parce qu’elles étaient trop peu fiables.

34 Pour d’autres ventilations, comme la victimisation avec violence autodéclarée chez les groupes marginalisés et vulnérables selon le type de victimisation avec violence, consultez le Tableau de bord en ligne (ministère de la Justice du Canada 2020a). Veuillez noter que ces données ne comprenaient que les données provinciales pour offrir une comparaison avec 2009. Pour les données territoriales, veuillez consulter la source des données originales.

35 Comprend le fait pour la police de découvrir l’affaire d’agression sexuelle plus grave au cours des 12 mois précédents, soit de la part du répondant, soit d’une autre façon. Les données pour les hommes étaient trop peu fiables pour être déclarées.

36 L’Enquête sociale générale sur la sécurité des Canadiens (victimisation) demande si toutes les affaires survenues au cours des 12 derniers mois ont été portées à l’attention de la police, tandis que l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés (ESEPP) ne pose des questions que sur l’incident le plus grave.

37 Parmi les autres raisons invoquées pour ne pas se présenter à la police, mentionnons les suivantes : l’auteur ne voulait pas faire de mal, la victime craignait ou ne voulait pas avoir à composer avec le processus judiciaire; elle ne voulait pas que le délinquant ait des démêlés avec la justice; elle ne voulait pas que d’autres personnes apprennent la victimisation; la police n’aurait pas été efficiente ou efficace; la crainte de vengeance de la part du délinquant ou d’autres personnes; la police n’aurait pas été en mesure de trouver ou d’identifier le délinquant; la police aurait été partiale; elle a reçu un service insatisfaisant de la police par le passé; elle a peur que le signalement ne fasse honte à sa famille et la déshonore.

38 Les autres membres de la famille comprennent les frères et sœurs et toutes les autres personnes apparentées par le sang, le mariage (y compris l’union libre), l’adoption ou le placement en famille d’accueil.

39 L’agression sexuelle de niveau 1 est définie comme une agression de nature sexuelle qui porte atteinte à l’intégrité sexuelle de la victime. L’agression sexuelle de niveau 2 est définie comme une agression sexuelle dans laquelle l’agresseur utilise une arme, menace de causer des lésions corporelles à une personne autre que la victime ou cause des lésions corporelles à la victime. L’agression sexuelle de niveau 3 est définie comme une agression sexuelle qui blesse, mutile, défigure ou met en danger la vie de la victime.

40 Une approche tenant compte des traumatismes et de la violence reconnaît les répercussions traumatisantes et à long terme de la violence sur les victimes et les survivants, que la violence soit continue ou passée. Les approches tenant compte des traumatismes et de la violence visent à accroître la sécurité, le contrôle et la résilience, à réduire au minimum les préjudices causés aux victimes et aux survivants de violence, et à faciliter la guérison et la justice (Hill 2009). Selon Santé publique Canada, les approches tenant compte des traumatismes et de la violence sont fondées sur les quatre principes suivants : comprendre les concepts de traumatisme et de violence et leurs répercussions sur la vie et les comportements des gens; créer des environnements sécuritaires sur les plans émotionnel et physique; favoriser les possibilités de choix, de collaboration et d’établissement de liens; et offrir une approche fondée sur les forces et le renforcement des capacités pour appuyer l’adaptation et la résilience des clients.

41 Exclut les victimes ou survivants dont le sexe ou l’âge était inconnu. Les chiffres représentent le nombre de victimes ou survivants impliqués dans des incidents de VPI. Il est possible que des victimes ou des survivants individuels aient vécu plus d’un incident et soient donc comptés plus d’une fois ici.

42 Les victimes et les survivants âgés de 90 ans et plus sont exclus des analyses en raison de cas possibles de mauvais codage de l’âge inconnu dans cette catégorie d’âge. Exclut les victimes dont le sexe ou l’âge était inconnu. Les pourcentages ont été calculés sans ceux avec un lien inconnu.

43 Les incapacités comprennent les déficiences sensorielles (auditives ou visuelles), physiques (mobilité, souplesse, dextérité, douleur), cognitives (apprentissage, développement et mémoire) et mentales.

44 Pour des données sur le nombre d’affaires de violence conjugale signalées par les victimes et les survivants de sexe féminin et masculin, voir Mahony, Jacob et Hobson (2017).

45 Selon SC, le pourcentage pour les hommes victimes/survivants était trop peu fiable pour être publié.

46 Voir, par exemple, une pratique policière appelée « Starlight Tours » dont il a été question dans la Commission d’enquête sur le décès de Neil Stonechild en 2014. http://www.publications.gov.sk.ca/freelaw/Publications_Centre/Justice/Stonechild/Stonechild-FinalReport.pdf

47 Exclut 10 % des victimes d’homicide autochones lorsque l’identité de genre  est signalée comme inconnue. 

48 L’identité de genre ont été déclarés pour la première fois pour les victimes et les personnes accusées d'homicide dans l'Enquête sur les homicides de 2019. Avant 2019, les données de l'Enquête sur les homicides étaient présentées selon le sexe des victimes et des des accusés. Il faut faire preuve de prudence lors de la comparaison des chiffres pour le sexe avec ceux pour le sexe.

49 Il est à noter que les taux ont tendance à fluctuer davantage dans le Nord en raison de la taille réduite de la population et, par conséquent, ne peuvent pas être utilisés pour comparer directement les groupes.

50 La Canadian Domestic Homicide Prevention Initiative (CDHPI) est un centre de connaissances pour aider à éclairer les pratiques prometteuses en matière de prévention des homicides. Pour en savoir davantage, voir : http://cdhpi.ca/.

51 Comprend les relations entre personnes de sexe opposé et de même sexe, c’est-à-dire le petit ami, la petite amie, l’amant extra-conjugal, l’ancien petit ami ou l’ancienne petite amie et d’autres relations intimes non précisées.

52 Comprend les nièces, les neveux, les petits-enfants, les oncles, les tantes, les cousins, les beaux-parents, etc., liés par le sang, le mariage (y compris l’union libre) ou l’adoption. Comprend les relations biologiques, les liens d’adoption, les familles reconstituées et les placements en famille d’accueil.


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