Explorer les systèmes de justice autochtone au Canada et à travers le monde

Thèmes clés

La composition des groupes d’experts, des participants à la conférence et des sujets de dialogue était variée, mais au cours des deux jours qu’a duré la conférence, quatre thèmes communs se sont dégagés.

  1. La nécessité de respecter les approches autochtones en matière de justice
    • Les experts de la conférence ont réaffirmé que les approches autochtones en matière de justice sont différentes des approches traditionnelles. Elles sont ancrées dans les liens qui unissent les Autochtones à la terre, aux animaux, à l’eau et à la sagesse qui vient du monde naturel. Cette sagesse a été qualifiée de loi traditionnelle, de loi naturelle et de loi spirituelle.
    • La connaissance et la compréhension de ces lois (traditionnelles, naturelles et spirituelles) sont transmises par les récits et les chants de la création autochtones.
    • De ces histoires et de ces chants (ancrés dans la terre, les animaux et l’eau) naissent les valeurs, la morale et l’éthique autochtones, notamment les sept enseignements des grands-pères et la façon de vivre respectueusement de la terre.
    • Les lois autochtones découlent de tout ce qui précède et sont donc de nature holistique, tout en tenant compte de l’individu, de la famille, de la collectivité et de la nation.
  2. L’importance de redéfinir les relations
    • Pour la Commission de vérité et réconciliation (CVR) : « La réconciliation consiste à établir et à maintenir une relation de respect réciproque entre les peuples autochtones et non autochtones dans ce pays [...] Â»Note de bas de page 1. Les experts de la conférence ont fait écho à ce message, en déclarant que la redéfinition des relations et des déséquilibres de pouvoir était essentielle
    • Au chapitre des systèmes de justice, les relations de gouvernement à gouvernement ont été le point focal. Il s’agit des relations entre Autochtones et non-Autochtones, ainsi que des relations entre Autochtones.
    • Pour que ces relations fonctionnent, l’autodétermination des collectivités autochtones doit être reconnue, valorisée et maintenue. Cela comprend la souveraineté politique et culturelle.
  3. Repenser le passé
    • La définition de réconciliation énoncée par la CVR se poursuit ainsi : « [...] pour y arriver [à une relation de respect], il faut prendre conscience du passé, reconnaître les torts qui ont été causés, expier les causes et agir pour changer les comportements Â»Note de bas de page 2. Pour ce faire, les Canadiens autochtones et non autochtones doivent repenser leur compréhension de l’histoire canadienne.
    • Il y a des lacunes dans le système d’éducation actuel au Canada en ce qui concerne la langue, les modes de vie autochtones, les systèmes de justice autochtone et l’histoire des relations entre le gouvernement et les peuples autochtones au Canada du point de vue des Autochtones.
    • Cette redéfinition doit se faire :
      1. par les langues autochtones. C’est grâce aux traditions orales anciennes et aux chants des peuples autochtones que l’éducation se fera dans une optique autochtone;
      2. par les Aînés et les gardiens du savoir autochtone;
      3. dans les universités et les facultés de droit;
      4. entre les communautés autochtones. Au-delà du milieu universitaire, les communautés autochtones peuvent échanger leurs connaissances entre elles et ce faisant, renforcer leurs capacités.
  4. Le besoin de ressources équitables
    • Comme tous les systèmes de justice, les systèmes de justice autochtone ont aussi besoin de ressources pour réussir, notamment des ressources humaines et des ressources financières.
    • Les ressources inéquitables demeurent le principal enjeu pour les collectivités autochtones. Les communautés autochtones qui souhaitent donner la priorité aux questions de justice n’ont d’autre choix que de réaffecter les fonds des maigres ressources dont elles disposent.

Ces quatre thèmes sont interreliés et dépendent l’un de l’autre pour donner de bons résultats. Les thèmes pertinents sont indiqués tout au long du rapport à l’aide d’étiquettes :