Besoins en matière d'aide juridique, de conseillers parajudiciaires et de services de vulgarisation et d'information juridiques dans les territoires du Nord-Ouest

5. Conseillers parajudiciaires

5. Conseillers parajudiciaires

5.1. Rôles

Le tableau 14 donne un aperçu statistique des services des conseillers parajudiciaires au cours des trois dernières années. Les données présentées permettent de faire plusieurs généralisations :

Les documents de la Commission des services juridiques et les conseillers parajudiciaires eux-mêmes décrivent leurs rôles en ces termes :

Tableau 14 : Services des conseillers parajudiciaires

5.2. Pression pour élargir les rôles

Le principal secteur où la demande de services des conseillers parajudiciaires augmente est celui des cours des juges de paix. Du fait que, dans la plupart des cas, les avocats ne comparaissent pas dans les cours des juges de paix[1] , il y a plus de pression pour que les conseillers parajudiciaires jouent un rôle actif en cour (audiences de justification, inscription de plaidoyers, représentation de clients dans des procès et plaidoiries en matière de sentence), au lieu de simplement servir de ressources pour les avocats. Les répondants sont très divisés quant à l'opportunité de donner un rôle actif aux conseillers parajudiciaires dans les cours et à la portée de ce rôle, à leur compétence à cet égard et (parmi les conseillers parajudiciaires eux-mêmes) à leur confiance en eux-mêmes pour le faire. (Voir aussi la section 4.)

5.3. Atouts, obstacles et/ou difficultés

Le principal atout mentionné par presque tous les répondants est le rôle du conseiller parajudiciaire comme lien culturel et social entre le client, l'avocat et la cour. Ce rôle comprend différentes activités, comme trouver les clients et les témoins et maintenir le contact avec eux afin qu'ils puissent parler à un avocat et comparaître en cour, interpréter la dynamique de la culture de la collectivité et/ou de la famille, qui est pertinente pour la cause, aider les clients à remplir les demandes d'aide juridique, à réunir l'information financière nécessaire ou à rédiger des déclarations; et aller les chercher pour les amener en cour. D'après un répondant, ces activités sont importantes dans tous les cas, mais elles le sont tout particulièrement quand le client plaide non coupable, étant donné la nécessité de trouver et d'interroger des témoins.

En ce qui concerne les autres tâches des conseillers parajudiciaires, la confiance exprimée par les répondants varie selon l'expérience du conseiller parajudiciaire, ses connaissances et son efficacité dans la pratique. Ainsi, un juge de paix d'une petite localité où travaillent différents conseillers parajudiciaires déclare : « Certains conseillers parajudiciaires essaient de représenter les clients dans des procès mineurs, assistent aux audiences de détermination de la peine et font des efforts résolus pour leurs clients. D'autres, de toute évidence, ne souhaitent nullement voir des affaires traitées dans les cours des juges de paix et demandent automatiquement que toutes soient entendues par la Cour territoriale, ce qui, dans certains cas, prolonge une cause qui aurait très bien pu être réglée par le tribunal inférieur. » Le rôle lié à la cour que les conseillers parajudiciaires peuvent le mieux remplir, selon les répondants, est celui de plaider en matière de sentence, mais la confiance est moindre en ce qui concerne leurs compétences et leurs connaissances en matière de défense et de procès. Aux yeux de la grande majorité des juges de paix, les conseillers parajudiciaires satisfont aux besoins des clients dans leur cour.

Certains répondants considèrent que le roulement des conseillers parajudiciaires tient en partie au fait que certains postes sont offerts à temps partiel seulement et qu'ils souhaitent des postes à plein temps. Les personnes qualifiées passent généralement à des emplois à plein temps[2].

Les conseillers parajudiciaires parlent généralement d'obstacles, de difficultés et de préoccupations surtout par rapport aux cours des juges de paix où, comme il est dit ci-dessus, ils subissent plus de pressions. Les trois secteurs préoccupants sont :

Presque tous les répondants - y compris les conseillers parajudiciaires eux-mêmes - insistent sur la nécessité de mieux former les conseillers parajudiciaires. Les répondants estiment généralement que la formation devrait être offerte en sessions plus courtes mais plus fréquentes, plutôt qu'une seule fois par année. De façon générale, les questions de formation soulevées par les répondants sont les suivantes :