La prostitution chez les jeunes : analyse documentaire et bibliographie annotée

Annexe A : Bibliographie annotée (suite)

DAMGAARD, K. «Child prostitution: A necessary evil», Skolepsykologi, vol. 32, novembre 1995, p. 5-6.

Cet article passe en revue les travaux de recherche effectués par Dorit Otzen sur la prostitution chez les enfants (de 11 à 16 ans). Ces travaux révèlent les tendances sociales et politiques comme la violence sexuelle, la pornographie juvénile et la fermeture des établissements psychiatriques pour les enfants. L’auteure aborde également les coûts personnels et sociaux de l’accroissement du nombre de cas de prostitution chez les enfants.

DAUM, K. Position Paper on Law 212(4): A Time for Action, Vancouver, C.-B., 1996.

Le paragraphe 212(4) du Code criminel criminalise l’obtention ou les tentatives d’obtention des services sexuels d’une personne de moins de 18 ans. Cependant, après leur promulgation en 1988, les nouvelles dispositions législatives sur l’obtention des services sexuels des jeunes ont rarement été appliquées. Ce rapport a été commandé par la Downtown Eastside Youth Activities Society (Vancouver) afin d’examiner le peu d’accusations portées aux termes du paragraphe 212(4). L’auteure soutient que les enfants et les jeunes de la rue doivent être protégés contre les avances sexuelles des prédateurs sexuels et des pédophiles. L’auteure reproche à la police, aux tribunaux et aux gens de la classe politique de ne pas arrêter les clients des jeunes victimes d’abus sexuels et de ne pas régler les problèmes liés à l’application du paragraphe 212(4). Elle préconise de recourir à une intervention immédiate comprenant des politiques contre l’arrestation des jeunes victimes d’abus sexuels en vertu des dispositions relatives au racolage et de modifier le paragraphe 212(4) pour le rendre applicable. Elle invite le ministère des Services sociaux à entreprendre des enquêtes sur les hommes qui achètent ou offrent d’acheter les services sexuels des enfants.

DAUM, K. The Sequel: A Time for Action 2, Vancouver, C.-B., 1998.

Ce rapport fait suite au document de 1996 qui critiquait l’application du paragraphe 212(4) (criminalisant l’obtention ou les tentatives d’obtention des services sexuels d’une personne de moins de 18 ans). L’auteure reconnaît qu’il y a eu, depuis 1997, une hausse du nombre d’accusations portées contre les hommes qui ont acheté les services sexuels d’un mineur à Vancouver. Cependant, elle croit toujours qu’on n’a pas assez fait pour protéger les enfants victimes d’abus sexuels. Ce rapport critique la nouvelle Provincial Prostitution Unit (Unité provinciale de lutte contre la prostitution), initiative visant à aider à résoudre les problèmes liés à l’application du paragraphe 212(4) à Vancouver. Il critique également le peu d’accusations portées aux termes du paragraphe 212(4) dans tout le Canada (166 accusations en 1996-1997), chiffre que l’auteure juge consternant lorsqu’on sait que 3 736 accusations de racolage (art. 213) ont été portées dans tout le Canada pendant la même période. L’auteure soutient que les statistiques montrent qu’une personne qui achète les services sexuels d’un jeune risque moins d’être accusée que si elle achète les services sexuels d’un adulte. Elle préconise l’établissement de ressources adéquates pour les enfants et les jeunes victimes d’abus sexuels et elle recommande de recourir aux articles actuels sur les infractions sexuelles du Code criminel pour protéger les enfants victimes d’abus sexuels contre les prédateurs sexuels.

DAUM, K. et DION, A. You Are Not Alone: A Support Guide for Parent and Caregivers of Sexually Exploited Children, Vancouver, C.-B., 1996.

Les parents dont les enfants pratiquent le commerce du sexe subissent un traumatisme et un choc considérables. Financé par un organisme de service de Vancouver, ce guide présente des renseignements et offre un soutien aux parents et aux prestataires de soins des jeunes victimes d’abus sexuels. Le guide présente des renseignements de base sur les raisons pour lesquelles certains jeunes font une fugue pour finir par se livrer à la prostitution. Les auteures suggèrent une approche axée sur la famille qui ne blâme pas l’enfant qui se livre à la prostitution. Elles invitent les parents des enfants victimes d’abus sexuels à assumer la responsabilité des erreurs qu’ils ont commises avant que leur enfant commence à se prostituer. Le guide donne des renseignements sur les questions de santé à l’intention des jeunes de la rue, et il donne des précisions sur les questions juridiques ainsi que les ressources et les services offerts en Colombie-Britannique.

DAVID, F.  «Child sex tourism», Australian Institute of Criminology, Trends and Issues in Crime and Criminal Justice, no 156, juin 2000.

«Aujourd’hui, 24 pays ont adopté des lois en vertu desquelles le tourisme sexuel et les pratiques connexes constituent un acte criminel, même lorsque celui-ci est commis à l’étranger.» Les adeptes du tourisme sexuel cherchent habituellement à obtenir les services sexuels des enfants des pays en développement. Ces enfants sont vulnérables à l’exploitation sexuelle en raison de la pauvreté, de la dislocation sociale, de l’éclatement de la famille, des actes de violence sexuelle subis antérieurement et de l’itinérance. Ce document examine l’Australian Crimes (Child Sex Tourism) Amendment Act de 1994 ainsi que plusieurs cas de personnes qui ont été poursuivies aux termes de cette loi. En vertu de la loi, commet une infraction toute personne qui a des relations sexuelles ou qui participent à des activités sexuelles avec un enfant de moins de 18 ans à l’extérieur de l’Australie et qui incite un enfant à avoir des relations sexuelles avec une tierce personne à l’extérieur de l’Australie. Les poursuites intentées ont donné des résultats dans les cas où l’accusé a plaidé coupable, après que la police eut produit des photos de scènes de sexualité explicites, et où les témoins à l’étranger ont produit des preuves. Parmi les limites pratiques de la loi figurent les problèmes causés par l’obtention de preuves à l’étranger et les difficultés résultant du fait que les témoins sont des enfants. Il y a un autre obstacle aux poursuites : la plupart des enfants et des parents ne signalent pas les cas de tourisme sexuel aux autorités. L’auteure conclut que rien ne prouve que la Sex Tourism Act a un effet de dissuasion sur les Australiens déterminés à avoir des relations sexuelles avec des enfants à l’étranger. 

DAWSON, R. «Child sexual abuse, juvenile prostitution and child pornography: The federal response», Journal of Child Care, vol. 3, no 2, 1987, p. 19-51.

Cet article porte sur la réponse du gouvernement fédéral au rapport du Comité sur les infractions sexuelles à l'égard des enfants et des jeunes (Rapport Badgley de 1984). Les spécialistes des services sociaux sont invités à examiner les changements proposés et à faire connaître leur opinion aux ministères fédéraux pertinents. L’auteur s’intéresse aux modifications touchant le système de justice pénale et aux nouvelles responsabilités confiées au ministère de la Santé et du Bien-être social concernant le financement des initiatives spéciales en matière de violence sexuelle à l’endroit des enfants. Il fait état de la proposition du gouvernement fédéral visant à créer des sanctions sévères applicables aux souteneurs et aux clients des jeunes prostitués et il fait remarquer que le gouvernement fédéral a renoncé à créer une infraction particulière pour les jeunes prostitués. Dawson critique le manque de fonds affectés à la prévention et à l’intervention et il mentionne l’insuffisance de la somme de 5 millions de dollars réservée chaque année pour tous les programmes d’intervention.

DEIS, M., ROKOSH, K., SAGERT, S., ROBERTSON, B. et KERR-FITZSIMMONS, I. A Historical Act – Bill 1: Protection of Children Involved  in Prostitution, 2000.

Ce document passe en revue l’historique et la portée de la Protection of Children Involved in Prostitution Act (PCHIP). En juin 1996, le gouvernement de l’Alberta a créé le Task Force on Children Involved in Prostitution (Rapport Forsyth). En réponse au Rapport, le gouvernement de l’Alberta a présenté, entre autres initiatives, la PCHIPAct. Cette loi protège les enfants qui se livrent à la prostitution et aide ceux-ci à mettre fin à cette pratique. Elle vise les jeunes prostitués victimes de violence sexuelle qui ont besoin de protection et elle confère aux fonctionnaires le pouvoir de placer les jeunes prostitués de la rue en isolement protecteur pendant une période pouvant aller jusqu’à 72 heures, pendant laquelle ils reçoivent des soins et des traitements d’urgence et font l’objet d’une évaluation. La Loi prévoit également des pénalités pour les clients et les proxénètes (coupables de violence envers les enfants). Les jeunes peuvent être appréhendés en vertu d’une ordonnance (dans les cas où ils refusent le soutien communautaire ou les cas où les programmes ne peuvent pas les protéger) ou sans ordonnance dans les cas d’urgence lorsque l’enfant court un danger immédiat.

DEISCHER, R., ROBINSON, G. et BOYER, D. «The adolescent male and female prostitute», Pediatric Annals, vol. 11, 1982, p. 819-825.

Cet article décrit le processus qui amènent les jeunes à se prostituer, il met en lumière les caractéristiques de la prostitution chez les adolescents et les adolescentes et il présente aux médecins des suggestions pratiques d’intervention.

DEMATTEO, D., MAJOR, C., BLOCK, B., COATES, R., FEARON, M., GOLDBERG, E., KING, S. M., MILLSON, M., O'SHAUGHNESSY, M. et READ, S. E. «Toronto street youth and HIV/AIDS: Prevalence, demographics, and risks», Journal of Adolescent Health, vol. 25, 1999, p. 358-366.

Cet article présente des données sur la prévalence du VIH chez les jeunes de la rue, il définit le risque d’infection au VIH et les pratiques de prévention chez les jeunes et il examine les facteurs propices à l’infection par le VIH chez les jeunes. Parmi les répondants figuraient des jeunes de 14 à 25 ans qui s’étaient réfugiés dans la rue ou qui avaient eu recours aux services d’un organisme pour les jeunes de la rue dans le centre-ville de Toronto. Six cent quatre-vingt-quinze entrevues ont eu lieu auprès des participants à qui on a demandé de fournir des échantillons de sang et de salive après l’entrevue. La plupart des jeunes ont déclaré qu’ils tiraient leur revenu du bien-être social, de leur famille ou de la mendicité; cependant, 45 % des jeunes de 20 à 22 ans ont dit qu’ils se prostituaient pour subsister. Le désir d’autonomie était la principale raison de quitter le milieu familial tant chez les jeunes filles que chez les garçons. Les jeunes filles ont également fait état des difficultés qu’elles éprouvaient dans leurs relations personnelles. En ce qui concerne l’expérience sexuelle, 28 % des jeunes filles ont indiqué qu’elles avaient connu leur première expérience sexuelle à la suite d’un viol ou par coercition. L’étude révèle également que les personnes qui ont vécu une initiation sexuelle précoce risquaient plus de se livrer à la prostitution. Parmi les jeunes prostitués, 80 % des jeunes filles et 67 % des garçons utilisaient un condom régulièrement. Selon les auteurs, les jeunes de la rue au Canada risquent fortement de contracter une infection au VIH, le risque augmentant avec l’âge. Les auteurs font en outre remarquer que les liens sociaux et les réseaux de soutien sont nécessaires pour aider les jeunes à quitter la rue. Les changements socio-économiques qui se sont produits au cours de la dernière décennie ont imposé un lourd fardeau, social et psychologique, à nombre de jeunes d’aujourd’hui. Il faut tenir compte de ces facteurs sociaux lorsqu’on aborde la question des jeunes de la rue au Canada.

DORAIS, M. «The coping strategy of boys who are victims of sexual abuse», Social Worker, vol. 64, 1996, p. 75-88.

Cet article porte sur la nature et les répercussions des stratégies d’adaptation utilisées par les enfants victimes de violence sexuelle. L’auteur pose la question suivante : Quelles sont les répercussions d’une agression sexuelle sur l’épanouissement des victimes masculines ? S’inspirant d’une théorie à base empirique et de l’induction analytique, l’auteur procède à des entrevues qualitatives auprès de 30 jeunes hommes âgés de 16 à 45 ans (âge moyen de 24,5 ans), qui ont été agressés sexuellement par des hommes plus âgés pendant leur enfance (l’âge moyen au moment des agressions était de 8,4 ans). Selon les résultats, certains jeunes ont de nouveau été victimes (passives et actives) parce qu’ils croyaient que la violence était un fait de la vie incontournable. La majorité des répondants avaient des fantasmes au sujet de la violence et 33 % avaient commis des actes de violence. L’auteur fait remarquer qu’il faut éviter de conclure que ceux qui ont été agressés deviendront des agresseurs. Il soutient plutôt qu’il s’agit d’un mécanisme d’adaptation ou d’une résolution momentanée de l’agression qu’ils ont subie pendant leur jeunesse. Le fait de jouer le rôle de l’auteur de l’agression constitue un effort visant à confirmer sa propre masculinité. Pour certains, les sentiments associés à une agression antérieure débouchent sur la délinquance, la violence faite aux homosexuels et la prostitution agressive (forme de revanche déplacée contre le véritable agresseur). Certains répondants ont indiqué que leur expérience de victime était source d’excitation et de plaisir tandis que d’autres ont nié leur victimisation en adoptant des comportements conformistes. L’article révèle aux personnes qui ont été victimes d’agression sexuelle pendant leur enfance que leurs stratégies d’adaptation les aident à s’échapper de cette expérience ou les empêchent de le faire.

DUCHESNE, D. «La prostitution de rue au Canada», Juristat, Centre canadien de la statistique juridique, Statistique Canada, vol. 17, n o 2, 1997.

Ce bulletin Juristat de Statistique Canada porte sur l’incidence des infractions au Code criminel en matière de prostitution au cours de la période 1977-1995. En ce qui concerne la prostitution chez les jeunes, l’auteur fait remarquer que les jeunes de moins de 18 ans n’ont commis qu’une minorité des infractions relatives à la prostitution en 1995 (3 %). Cette faible proportion des accusations portées contre les jeunes (âgés de 12 à 17 ans) traduit peut-être le recours croissant de la police aux services sociaux et à d’autres méthodes de dissuasion. De plus, la publication fait état d’un nombre accru d’accusations de racolage portées contre les hommes, changement qui peut refléter une tentative de tenir les clients responsables de leur participation à la prostitution.