Les graves problèmes juridiques rencontrés par les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et autres membres de minorités sexuelles dans l’Ouest canadien : Une étude qualitative

Méthodologie

Le présent travail est fondé sur les principes de la recherche communautaire afin de faire en sorte que tous les aspects du projet soient dirigés dès le départ par des membres des communautés de minorités sexuelles, au profit de ces communautés. Ces membres interviennent dans tous les aspects du processus de recherche communautaire, depuis la formulation des questions jusqu’à la communication des résultats, afin de garantir, d’abord et avant tout, que la recherche ait des retombées bénéfiques pour les communautés et leur donne les moyens d’agirNote de bas de page 62. Tous les membres d’équipe de recherche étaient des pairs du point de vue leur orientation sexuelle. Étant donné les liens étroits du CRC avec les communautés d’hommes queers, on a cherché à recruter des membres d’équipe de recherche qui étaient des femmes queers pour qu’elles contribuent à diriger et à mettre en œuvre les travaux. Quatre femmes queers se sont donc jointes à l’équipe en tant que chercheuses pairs.

Le projet a commencé par des consultations réalisées auprès de membres de communautés provenant de partout au Canada afin de mettre au point le guide d’entrevue et le processus de recrutement. Il s’agissait notamment de consulter des personnes identifiées en tant qu’informateurs clés par l’équipe de recherche et possédant une expertise des problèmes juridiques vécus par les minorités sexuelles au Canada, notamment des membres d’organisations provinciales et d’organisations pour la défense des libertés civiles, des juristes et des organismes fournissant une aide juridique aux communautés de minorités sexuelles. La plupart de ces informateurs clés se sont également identifiés comme étant des membres de communautés de minorités sexuelles. On a accordé une attention particulière à la consultation des communautés de tous genres et de toutes orientations sexuelles afin de veiller à ce que leurs témoignages soient pris en compte dans l’étude. Celle-ci a été approuvée par les comités d’éthique pour la recherche sur des sujets humains de l’Université de Victoria, de l’Université de la Colombie-Britannique et de l’Université Simon Fraser (protocole no H20-00538).

On a procédé au recrutement des participants au moyen d’annonces publiées dans les médias sociaux par le CRC et d’autres organismes communautaires œuvrant auprès de minorités sexuelles, de même que par l’intermédiaire des sociétés d’aide juridique (annexe A). Les personnes qui cliquaient sur des annonces étaient renvoyées à une page du site Web du CRC présentant des renseignements supplémentaires sur l’étude (annexe B), y compris des renseignements sur l’équipe de l’étude, les questions de recherche, les risques et les avantages et la source de financement. Ces personnes étaient ensuite dirigées vers un questionnaire de présélection des participants (annexe B) servant à évaluer leur admissibilité et à déterminer qui interviewer. Pour être admissibles, les participants devaient se déclarer lesbiennes, gais ou bisexuels ou déclarer une autre identité non hétérosexuelle (p. ex., bispirituelle, queer); avoir connu un grave problème juridique au cours des trois années précédentes; vivre en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan ou au Manitoba; être âgés de 16 ans ou plus; et être en mesure de réaliser une entrevue en français ou en anglais. La définition des problèmes juridiques utilisée pour cette étude était générale et inspirée de l’Enquête canadienne sur les problèmes juridiques. Il pouvait par exemple s’agir de problèmes juridiques liés à des questions financières, à l’emploi, aux dommages à la propriété, à l’immigration, aux services de police, au divorce et à la garde d’enfants, aux soins médicaux, à la discrimination et au harcèlement. Les participants n’avaient pas à déclarer qu’ils avaient intenté une action en justice pour être admissibles. Toutes les personnes ayant rempli le questionnaire ont reçu une liste de ressources en santé mentale adaptées aux minorités sexuelles, peu importe s’ils étaient admissibles ou s’ils étaient sélectionnés ou non pour une entrevue.

Les participants ont été sélectionnés de manière à refléter une diversité de caractéristiques sociodémographiques et toute une gamme de difficultés juridiques (échantillonnage dirigé). Les participants au projet de recherche ont reçu de l’information sur l’étude et une brève description des intervieweurs de l’équipe de recherche, et on les a informés qu’ils pouvaient choisir avec quel chercheur pair ils souhaitaient s’entretenir. Ils pouvaient en outre être accompagnés d’une personne de soutien de leur choix à leur entrevue, s’ils le souhaitaient. Ces personnes de soutien étaient tenues de signer une entente de confidentialité pour s’assurer que les renseignements transmis au cours de l’entrevue n’étaient pas communiqués en dehors du contexte de celle-ci.

Les entrevues ont eu lieu par téléphone ou par Zoom et ont été menées par les chercheurs pairs. Les participants ont reçu une copie du formulaire de consentement (annexe C) avant l’entrevue. Avant de commencer l’entrevue, l’intervieweur passait en revue le formulaire de consentement, après quoi les participants donnaient leur consentement verbal pour que l’on procède à l’entrevue. Les entrevues étaient semi-structuréesNote de bas de page 60 et visaient à recueillir des renseignements sur les problèmes juridiques des participants, la façon dont ils avaient tenté de les résoudre, le résultat de ces tentatives et les obstacles rencontrés (voir l’annexe D pour le guide d’entrevue complet). Les entrevues ont duré entre 30 et 100 minutes. Les participants ont reçu une rétribution de 50 dollars canadiens pour le temps qu’ils y ont consacré.

Les entrevues ont été enregistrées et transcrites, et ces transcriptions ont été dépouillées des identificateurs (p. ex., noms, dates, lieux, détails des procédures judiciaires) avant l’analyse. Les participants ont eu l’occasion d’examiner la transcription de leur entrevue. On a stocké les données d’étude sur des serveurs sécurisés et cryptés de l’Université de Victoria. Par ailleurs, les transcriptions ont fait l’objet d’une analyse thématiqueNote de bas de page 61 visant à relever les thèmes dominants liés aux graves problèmes juridiques et aux questions d’accès à la justice. Ce sont des pairs chercheurs qui ont dirigé le processus d’analyse; tout d’abord, l’équipe de recherche a procédé par codage ouvert pour analyser quatre transcriptions et s’est réunie pour discuter des thèmes qui en émergeaient. Sur la base d’un consensus de l’équipe, une liste des codes a été produite puis appliquée aux transcriptions restantes. Enfin, l’équipe s’est réunie pour discuter des résultats, et le présent document constitue la dernière étape de notre analyse thématique. Afin de protéger la confidentialité des renseignements sur les participants, les citations de ceux-ci ne comportent aucun identificateur démographique.