Problèmes graves rencontrés par les personnes handicapées au Canada atlantique

Introduction

Contexte

L’Enquête canadienne sur les problèmes juridiques (ECPJ) est une enquête auprès de la population générale réalisée par Statistique Canada, au nom de Justice Canada et d’autres ministères fédéraux. L’ECPJ ciblera 30 000 répondants et elle est prévue pour 2021. Cette enquête doit composer avec les nombreux défis que pose la collecte de données administratives nationales sur les affaires civiles et familiales en mettant l’accent sur les besoins en matière de justice et sur la façon dont ces besoins ont été satisfaits ou non, ainsi que l’incidence de ces problèmes sur le plan de la santé et de l’économie. Afin de s’assurer d’entendre le point de vue des personnes qui sont confrontées à plusieurs obstacles à l’inclusion, 13 études qualitatives plus petites ont été réalisées par des chercheurs communautaires en vue de compléter les données recueillies lors de l’enquête nationale.

Le rapport suivant présente les résultats d’une étude qualitative qui a été menée avec des personnes handicapées dans l’ensemble du Canada atlantique, en mettant l’accent sur le Nouveau-Brunswick.

On a demandé à chaque participant de préciser les types de problèmes graves qu’ils ont rencontrés au cours des trois dernières années. On leur a également posé d’autres questions sur la façon dont ils ont cherché à résoudre les problèmes qu’ils ont connus et les résultats de ces mesures. Par ailleurs, on a demandé aux participants de préciser pourquoi, à leur avis, les problèmes sont survenus en premier lieu, et la façon dont ces derniers ont eu une incidence sur leur vie. Plus précisément, on a posé aux participants les six questions suivantes :

  1. Quels problèmes graves, juridiques ou autres, avez-vous rencontrés au cours des trois dernières années?
  2. Qu’avez-vous tenté pour résoudre chaque problème?
  3. Quel a été le résultat? Que s’est-il produit par la suite?
  4. Pourquoi pensez-vous que le problème est survenu?
  5. Quelles ont été les répercussions de ce problème sur votre vie?
  6. Si vous avez éprouvé plusieurs problèmes graves, pensez-vous que ces derniers étaient reliés entre eux?

Méthodologie

Pour identifier les participants à cette enquête, le Human Development Council a travaillé avec le RPDPH, qui a accepté d’aider au recrutement des participants. Les directeurs exécutifs qui sont membres du RPDPH ont transmis des renseignements au moyen de leurs réseaux, et ont invité les membres de la communauté à participer à l’étude. Des honoraires de 100 $ ont été versés à chaque participant en reconnaissance pour leur temps et leur expérience vécue de problèmes juridiques graves, ainsi que d’autres problèmes, auxquels ont été confrontées les personnes handicapées. Des mesures d’adaptation appropriées ont été fournies pour assurer une participation accessible et sécuritaire.

Un total de 28 entrevues ont été menées pour comprendre la nature des problèmes juridiques rencontrés par les personnes handicapées. En raison de la pandémie, toutes les entrevues ont été menées par téléphone ou sur la plateforme Zoom.

Le rapport de recherche qualitative comporte des limites. Il examine l’expérience subjective des participants et est fondé sur les perspectives individuelles qui ne peuvent pas être vérifiées de façon indépendante. Cependant, il s’agit de perspectives importantes fondées sur l’expérience vécue. Une telle étude qualitative constitue la façon la plus efficace de comprendre les problèmes juridiques ainsi que les autres problèmes graves rencontrés par les personnes handicapées, ainsi que leurs répercussions sur leur vie.

Une autre limite est que les conclusions ne peuvent pas être généralisées à l’ensemble de la population des personnes handicapées.

Un aperçu des personnes handicapées dans les provinces de l’Atlantique

Le tableau ci-dessous indique la prévalence des incapacités par groupe d’âge au Nouveau Brunswick, dans les provinces de l’Atlantique et dans l’ensemble du Canada.

Tiré du Plan d’action pour les personnes ayant un handicap au Nouveau-Brunswick (2020)

Prévalence des incapacités par groupe d’âge (2017)
Version texte
Prévalence des incapacités par group d’âge, 2017
Jurisdiction Nouveau-Brunswick Provinces de l’Atlantique Canada
Age
De 15 à 24 ans 17% 19% 13%
De 25 à 44 ans 18% 21% 15%
De 45 à 64 ans 28% 30% 24%
De 65 à 74 ans 35% 34% 32%
De 75 ans ou plus 29% 45% 47%

Au Nouveau-Brunswick et dans l’ensemble du pays, les incapacités étaient plus prévalentes chez les femmes que chez les hommes. Cette tendance a persisté dans la plupart des grandes catégories d’âge, mais était la plus prononcée chez les jeunes.

Les immigrants et les membres de minorités visibles étaient moins susceptibles d’avoir une incapacité que les non-immigrants ou les personnes qui n’étaient pas membres de minorités visibles. Au Nouveau-Brunswick, parmi les personnes âgées de 15 ans et plus, 22,1 % des immigrants et 12,6 % des membres de minorités visibles avaient une ou plusieurs incapacités, par rapport aux taux nationaux qui sont respectivement de 19,2 % et de 15 % 1

Parmi les Néo-Brunswickois ayant des incapacités âgés de 15 ans et plus, 24,7 % étaient jugés avoir une incapacité « très sévère », 22,6 %, une incapacité « sévère », 17,1 %, une incapacité « modérée », et 35,6 %, une incapacité « légère ».2

Les types d’incapacités les plus courants étaient ceux qui se rattachent à la douleur, à la flexibilité, à la mobilité et à la santé mentale.

Par rapport à l’ensemble du pays, la population type de personnes handicapées qui sont en âge de travailler au Nouveau-Brunswick est légèrement plus susceptible d’avoir une incapacité liée à la santé mentale, à la flexibilité, à la mobilité, à la dextérité ou à l’ouïe, mais légèrement moins susceptible d’avoir une incapacité liée à la vision ou à l’apprentissage.

La prévalence de types d’incapacités spécifiques variait considérablement selon le groupe d’âge Parmi les jeunes, les incapacités mentales étaient de loin le type d’incapacité le plus courant, touchant 11,2 % de la population âgée de 15 à 24 ans dans la province (et 7,8 % dans l’ensemble du Canada).

En date de 2017, 44,7 % des personnes handicapées âgées de 15 ans et plus au Nouveau-Brunswick avaient suivi des études postsecondaires, comparativement à 52,1 % des personnes non handicapées. À l’échelle nationale, ces pourcentages étaient de 48,4 % et de 57,7 %, respectivement. Ces chiffres sont probablement attribuables en partie au fait que les personnes handicapées sont généralement plus âgées que les personnes non handicapées (et les personnes plus âgées sont moins susceptibles d’avoir obtenu un diplôme postsecondaire).

Lors du recensement de 2016 (mai 2016), seulement 55,4 % des personnes handicapées âgées de 25 à 64 ans au Nouveau-Brunswick avaient un emploi, par rapport à 76,5 % des personnes non handicapées. À l’échelle nationale, 59,3 % des personnes handicapées âgées de 25 à 64 ans étaient employées, comparativement à 80,1 % des personnes non handicapées. Parmi les personnes handicapées employées et âgées de 25 à 64 ans au Nouveau-Brunswick, 37,3 % d’entre elles ont eu besoin d’une ou de plusieurs mesures d’adaptation au travail (34,4 % à l’échelle nationale).

En date de 2017, environ 15 270 personnes handicapées non employées et âgées de 25 à 64 ans au Nouveau-Brunswick étaient des travailleurs potentiels.3 Parmi les provinces et les territoires, le Nouveau-Brunswick affichait le plus fort pourcentage de personnes handicapées non employées qui n’étaient pas des travailleurs potentiels.

Les taux d’emploi des personnes handicapées variaient considérablement selon le type d’incapacité. Lors du recensement de 2016, les taux d’emploi des personnes handicapées dans la province ont été les plus faibles parmi celles ayant une incapacité liée au développement (22,8 %) et à la mémoire (33,7 %), et les plus élevés parmi celles ayant une incapacité visuelle (58 %) et auditive (56,3 %) (ainsi que des incapacités « inconnues »).4

En 2015, les personnes handicapées âgées de 25 à 64 ans au Nouveau-Brunswick avaient un revenu médian après impôt de 26 879 $, se classant au 9e rang parmi les provinces et les territoires (devant les autres provinces de l’Atlantique et le Québec), et bien en dessous de la médiane nationale de ce groupe qui s’élève à 28 452 $.

Profil démographique des participants

Profil démographique des participants

Profil démographique des participants
Version texte

Il s’agit d’une infographie. L’en-tête indique « Profil démographique des participants, 28 personnes ont participé à l’étude sur les problèmes juridiques du Canada atlantique ». À droite, on voit le logo et la mention « Human Development Council ».

Dans la rangée suivante, il y a la silhouette d’une femme sous le pourcentage 75 % et celle d’un homme sous le pourcentage 25 %. À côté de ces symboles, il y a une image de plusieurs appartements, puis un texte qui indique « 75 % des participants vivent dans des régions urbaines »; il y a également l’image d’une maison unifamiliale accompagnée de la mention « 25 % des participants vivent dans des régions rurales ». Sur la droite, il y a une feuille d’érable jaune en filigrane, sur laquelle il est inscrit « 96 % des participants sont nés au Canada; 4 % des participants sont des résidents permanents ».

Dans la rangée du milieu, il y a un graphique à colonnes empilées dont le titre est : Scolarité. En bas de ce graphique, il est indiqué « 7 %, N’ont pas terminé leurs études secondaires ». Au-dessus, il est indiqué « 21 %, Diplôme d’études secondaires/diplôme GED ». Ensuite, « 4 %, Cours sur les compétences en affaires »; « 46 %, Diplôme collégial » et tout en haut du graphique « 21 %, Diplôme universitaire ».

Il y a une image de mallette et le titre suivant : Situation d’emploi. Le texte sur l’image indique : 68 % n’avaient pas un emploi rémunéré; 18 % étaient employés à temps plein; 10 % avaient une autre situation d’emploi; 4 % étaient employés à temps partiel.

En dessous, il y a un cercle foncé qui porte le titre suivant : Origine ethnique. Le texte sur l’image indique : 92 % étaient caucasiens; 4 % étaient d’origine asiatique occidentale; 4 % étaient désignés comme membres des Premières Nations.

À côté, il y a un graphique à secteurs qui porte le titre suivant : Revenu au cours de la dernière année. L’un des secteurs indique 25 %, 25 000 $-49 000 $. L’autre secteur indique 39 %, 1 $-9 999 $. Le dernier secteur indique 36 %, 10 000 $-24 000 $.

La dernière rangée de l’affiche comporte deux graphiques.

L’un est un diagramme à anneau qui porte le titre : Orientation sexuelle. La courbe la plus grande indique « 89 $, Hétérosexuel(le) », l’autre courbe indique « 7 %, Bisexuel(le) » et la dernière « 4 %, Lesbienne ».

L’autre graphique est un graphique à secteurs intitulé : L’incapacité la plus souvent mentionnée par les participants. Le secteur le plus grand indique « Maladie chronique, 48 %; le prochain « Incapacité physique, 21 % », le suivant « Neurodiversité, 1 % » et les autres « Incapacité psychiatrique, 14 % », « Sourd et malentendant, 3 % », « Aveugle et malvoyant, 7 % » et « Trouble d’apprentissage, 6 % ».

Il y a également un avertissement qui indique « Remarque : Les typologies, même si elles sont parfois utiles pour classer des éléments afin de présenter un aperçu d’une question donnée, ne saisissent pas les réalités complexes vécues par les personnes. Il y a toujours un chevauchement et un décalage entre les différentes catégories d’incapacités choisies qui ne peuvent pas être saisis par une typologie. »


Footnotes

1 Toutes les données figurant dans le présent document qui concernent les immigrants, les groupes de minorités visibles, les études et le revenu provenaient du Programme de données communautaires et s’appuient sur le recensement de 2016.

2 Plusieurs classes de sévérité sont fondées sur le nombre de types d’incapacités qu’a chaque personne, le niveau de difficulté qu’elle rencontre pour exécuter certaines tâches, et la fréquence des limitations d’activité. Les noms attribués à chaque classe visent tout simplement à faciliter leur utilisation et ne sont pas des étiquettes ou un jugement sur le niveau d’incapacité de la personne. En d’autres termes, les classes doivent être interprétées ainsi : les personnes dans la classe 1 ont une incapacité moins sévère que les personnes dans la classe 2; les personnes dans la classe 2 ont une incapacité moins sévère que les personnes dans la classe 3. Enfin, les personnes dans la classe 3 ont une incapacité moins sévère que les personnes dans la classe 4.

3 Un travailleur potentiel signifie une personne qui est officiellement non employée ou qui ne fait pas partie de la population active, mais qui a mentionné qu’elle chercherait du travail au cours des 12 prochains mois; ou une personne qui ne fait pas partie de la population active mais qui n’a pas signalé qu’elle était confinée chez elle, qu’elle ne pouvait pas travailler, ou qu’aucune mesure d’adaptation ne lui permettrait de travailler.

4 Lors de l’interprétation des données, il est important de prendre en considération le fait que les personnes peuvent se situer dans plusieurs catégories d’incapacités. Par exemple, les caractéristiques de la population active qui sont présentées pour les personnes ayant une incapacité liée à la douleur tiennent compte de la population de toutes les personnes ayant une incapacité liée à la douleur, y compris celles qui, en plus d’avoir une incapacité liée à la douleur, ont également des incapacités liées à la santé mentale, à la mobilité, à la flexibilité, etc.


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