Des réactions différentes, selon l'âge et le stade de développement

Les enfants du premier cycle du primaire (entre 6 et 8 ans)

À cet âge, les enfants nouent des liens et des amitiés à l'extérieur du foyer, mais leur famille demeure le point d'ancrage de leur vie. Comme les enfants plus jeunes, ils ont besoin de passer du temps avec leurs deux parents ou avec des modèles de comportement des deux sexes. La relation avec le parent visiteur acquiert une grande importance dans la vie de l'enfant de cet âge.

Les enfants du premier cycle du primaire commencent à comprendre qu'ils ne sont pas liés aux conflits qui opposent leurs parents. Ils continuent malgré tout de construire leur propre image à partir de l'idée qu'ils se font de leurs parents ou de la façon dont les autres gens perçoivent ces derniers. En effet, les enfants de cet âge deviennent très sensibles à la manière dont les autres peuvent les voir ou les juger.

Le déni et autres mécanismes de défense

Avoir recours au déni, cela signifie, en termes simples, refuser de s'avouer à soi-même que l'on a du chagrin ou que quelque chose ne va pas pour le mieux. Chez les enfants de cet âge, le déni constitue une réaction typique à la séparation et au divorce. Il arrive aussi que ces enfants se montrent colériques, irritables et bagarreurs avec leurs frères et sœurs ou leurs camarades de classe, ou qu'ils soient entêtés et peu coopératifs à la maison. Ces mécanismes leur permettent de se mettre temporairement à l'abri de la souffrance psychologique, mais ni le déni ni la colère ne constituent une défense efficace à long terme. Le déni empêche l'enfant d'accepter et de surmonter une situation difficile, tandis que la colère complique ses rapports avec les adultes et avec ses pairs, tant à la maison qu'à l'école. Enfin, aucun de ces mécanismes de défense n'aide l'enfant à échapper à la tristesse.

Les maux de tête et les maux de ventre inexpliqués peuvent être une manifestation de colère ou d'anxiété. Dans certains cas, la peur et l'anxiété ne sont pas rattachées à un événement ni à un objet précis et se traduisent par des habitudes nerveuses, comme se ronger les ongles.

Une plus grande capacité de réflexion

Les enfants du premier cycle du primaire apprennent à jongler avec des idées complexes. Ils sont donc capables de faire des projections dans l'avenir. C'est ainsi que les enfants dont les parents ont divorcé sont plus susceptibles d'élaborer des fantasmes, comme d'imaginer que le parent avec qui ils vivent les abandonne. Ce type de fantasme est terrifiant pour l'enfant et il aggrave son désarroi face à la séparation et au divorce. Si le parent se remarie, l'enfant de cet âge risque de craindre d'être remplacé par un nouveau bébé.

Un solide sens de la famille

Les enfants du premier cycle du primaire ont une plus grande compréhension de la place qu'ils occupent dans la famille et de celle qu'occupe la famille dans la société. Par conséquent, leur identité demeure solidement liée au fait d'appartenir à une famille. Non seulement la relation particulière qu'ils entretiennent avec chacun de leurs parents est importante à leurs yeux, mais ils commencent à se reposer sur la cellule familiale et à y être attachés. La séparation et le divorce viennent bouleverser ce sentiment d'appartenance à la famille qui est si important chez l'enfant de cet âge.

Un sentiment de perte

Chez les jeunes enfants du primaire, le processus de la séparation et du divorce est surtout marqué par de profonds sentiments de perte et de tristesse qui peuvent être suscités par :

L'hostilité prolongée entre les parents

Chez les enfants du premier cycle du primaire, comme chez les enfants de tous âges, les conflits intenses ou de longue durée entre les parents qui se séparent constituent une importante source de stress. À ce stade de leur développement, les enfants sont particulièrement sujets à élaborer des fantasmes sur ce qui pourrait se produire quand leurs parents se mettent en colère et ils craignent souvent d'être à l'origine des problèmes conjugaux de leurs parents.

Le jeune enfant du primaire souhaite aider ses parents en difficulté. Le fait de sentir qu'un parent a besoin de lui donne à l'enfant le sentiment d'être grand, d'être important et d'être aimé. Néanmoins, l'enfant souhaiterait en même temps retrouver le parent tel qu'il était auparavant afin que ce dernier puisse prendre de nouveau soin de lui. L'enfant qui est obligé d'assumer de trop lourdes responsabilités de « maternage » envers ses parents se voit privé de bon nombre d'heures de plaisir, d'insouciance et de légèreté propres à l'enfance. Il risque de devenir un « petit adulte » qui se sent responsable des autres et est incapable de se laisser aller à s'amuser.

L'importance de la communication

Si les parents parlent clairement et simplement avec leurs jeunes enfants du primaire, ils les aideront à s'adapter à la séparation et au divorce. La communication indirecte peut également se révéler utile – les histoires mettant en scène d'autres enfants qui ont surmonté le divorce peuvent aider votre enfant à découvrir comment certains enfants s'adaptent et à se rendre compte qu'il n'est pas seul. Informez votre enfant des raisons de la séparation ou du divorce, en ayant recours à une approche et à des termes adaptés à son âge. Dans certains cas, il n'est peut-être pas sage de préciser les raisons de façon trop directe ou de donner tous les détails. Répétez-lui encore et encore qu'il n'est pas responsable du divorce.

Un grand nombre de parents hésitent à aborder le sujet pour la première fois avec leur enfant, parce qu'ils ne veulent pas le faire souffrir. Mais une certaine souffrance est parfois inévitable. Il est possible que les enfants soient déjà attristés et perturbés par les disputes entre les parents et le climat général de stress et de tension qui règne au foyer. Ils se sentiront peut-être soulagés de savoir ce qui se passe vraiment et ce qui va leur arriver.

Le premier entretien est l'occasion pour vous d'assumer la responsabilité des problèmes. Il permet à votre enfant de savoir à quoi s'attendre et d'apprendre avec soulagement que les disputes pourraient prendre fin.

Les enfants ont besoin de savoir exactement ce qui leur arrivera. Il importe de leur donner le plus d'information possible. Ils voudront savoir :

Lorsqu'un changement d'école est inévitable, assurez-vous que vos enfants auront le loisir de se familiariser avec la nouvelle école avant de commencer à la fréquenter. Si l'un des parents doit déménager dans une autre ville, laissez à vos enfants tout le temps nécessaire pour qu'ils s'ajustent à ce nouveau changement dans leur vie.

Encourager le dialogue

Pour un enfant du premier cycle du primaire, il est particulièrement important d'avoir l'occasion de faire part de ses sentiments et de poser des questions sur la séparation et le divorce et sur l'avenir de la famille. Si malheureux et désemparé que vous soyez, vous devez oublier votre propre chagrin pour parler aux enfants. Il serait bon de leur rappeler que la plupart des enfants dont les parents divorcent éprouvent toutes sortes de sentiments et que ces sentiments sont normaux.

Demander de l'aide

Demandez aux professeurs et aux autres personnes qui s'occupent de votre enfant de noter chez lui toute modification d'attitude ou de comportement. Au cours de cette période de transition, vous serez mieux en mesure d'aider votre enfant à s'adapter si vous êtes bien informé à son sujet.