Rapport sur les consultations fédérales-provinciales-territoriales sur les droits de garde et de visite et les pensions alimentaires pour enfants

LE POINT DE VUE DES ENFANTS

Les enfants sont directement touchés par les décisions que prennent les parents et les juges au moment d’une séparation ou d’un divorce. Il est essentiel de comprendre le point de vue des enfants sur l’aménagement des responsabilités parentales si l’on veut que leur intérêt supérieur reste au centre de la prise de décision. Au Canada, le système du droit de la famille prévoit un certain nombre de moyens permettant d’entendre le point de vue des enfants, notamment des entrevues avec les juges, des évaluations des droits de garde et de visite ou une représentation de leurs intérêts par un avocat ou par d’autres personnes. En outre, certaines provinces et territoires ont leur propre modèle de représentation juridique des enfants (par exemple, un défenseur des enfants, un « ami de la cour » ou un avocat de la famille).

Les participants ont discuté des questions suivantes :

La prise en considération du point de vue des enfants

Certains participants estiment que le système du droit de la famille permet en principe de tenir compte du point de vue des enfants, mais en pratique, la loi est appliquée plus ou moins convenablement. Ils imputent cette inégalité :

D’autres participants soulignent que, bien que les enfants soient consultés, le processus peut s’avérer très long et qu’il devient très difficile de faire attendre les enfants des semaines, sinon des mois, pour dire ce qu’ils pensent.

Les expériences relatées par les jeunes au cours des ateliers pour les jeunes confirment la position selon laquelle on tient plus ou moins compte du point de vue des enfants. Dans la plupart des cas, on n’a pas demandé leur avis aux jeunes lors de la séparation de leurs parents — surtout parce qu’ils avaient été jugés trop jeunes. D’autres enfants disent avoir parlé au juge ou à l’avocat de leurs préférences et de la manière dont leurs parents les traitaient et même avoir indiqué avec quel parent ils préféraient vivre.

Doit-on accorder une plus grande place au point de vue des enfants?

Certains participants sont en faveur d’accorder une plus grande place au point de vue des enfants dans la discussion sur les droits de garde et de visite. Ils nuancent toutefois leur position par les énoncés suivants :

D’autres participants affirment que, dans la culture traditionnelle inuite, on demande et on respecte l’avis de l’enfant sur l’endroit où il souhaite vivre après la séparation.

D’autres encore mentionnent que le modèle de conseiller de l’enfant en usage en Nouvelle-Zélande et en Australie fait la preuve des effets bénéfiques découlant de l’inclusion des enfants dans le processus de prise de décisions et qu’on pourrait s’inspirer de ce modèle au Canada.

Certains jeunes considèrent qu’ils devraient être consultés au cours du processus de séparation et que les modalités de garde qui en résulteraient seraient mieux adaptées à leurs besoins. Ils font cependant remarquer que, bien qu’ils souhaitent être informés de la situation et donner leur avis, ils ne veulent pas être mêlés aux conflits qui opposent leurs parents ni avoir à choisir eux-mêmes le parent gardien.

D’autres jeunes sont contents de n’avoir pas participé aux discussions sur les droits de garde et de visite lors de la séparation de leurs parents et estiment qu’il en est mieux ainsi. Ils appuient cette opinion sur les arguments suivants :

Certains participants aux ateliers pour les jeunes signalent aussi que, même si on leur demande leur avis, il n’est pas sûr qu’on en tiendra compte. Ils déclarent que, si les parents n’entendent pas tenir compte de leur avis, il vaut mieux ne pas le leur demander.

Comment tenir compte du point de vue des enfants?

Certains participants insistent sur la nécessité de veiller au bien-être de l’enfant lorsqu’il participe au processus de prise de décisions et donnent les exemples suivants :

En ce qui concerne la possibilité pour l’enfant d’avoir son propre avocat, certains participants expriment des réserves fondées sur leur propre expérience. Dans certains cas, ils estiment que cet avocat devient en fait le deuxième avocat de la mère. À leur avis, s’il faut que l’enfant ait son propre avocat au cours de l’instance en divorce, le rôle de cet avocat doit être clairement défini et l’avocat doit avoir reçu une formation suffisante pour lui permettre de recevoir les instructions de son client et de déterminer l’intérêt de ce dernier. Ces participants estiment en outre nécessaire d’imposer un code de déontologie à l’avocat de l’enfant; ce code l’obligerait notamment à demeurer neutre avec les parents de l’enfant.

D’autres participants sont d’avis que l’enfant devrait être représenté par son propre avocat s’il est en mesure de lui donner des instructions ou si l’évaluateur qui lui est assigné n’est pas en mesure de le représenter convenablement.

Les participants aux ateliers pour les jeunes ont énoncé plusieurs facteurs qui, à leur avis, influent sur le niveau de participation de l’enfant au processus de prise de décision concernant les droits de garde et de visite.

Les participants ont mentionné d’autres facteurs devant être pris en considération lorsqu’il s’agit de décider s’il faut tenir compte du point de vue de l’enfant et, le cas échéant, comment en tenir compte :

Voici d’autres commentaires sur la prise en considération du point de vue de l’enfant :