Rapport sur les consultations fédérales-provinciales-territoriales sur les droits de garde et de visite et les pensions alimentaires pour enfants
ANNEXE C : RAPPORT SUR LES ATELIERS DU QUÉBEC (suite)
ATELIER B : L'EXERCICE DU DROIT DE VISITE
Animatrice d'atelier : Me Sylvie Matteau
Secrétaire d'atelier : Mme Lucie Ouellet
PARTICIPANTS
- Association des avocats et avocates en droit familial du Québec (Me Christiane Lalonde)
- Association Lien Pères Enfants de Québec (M. Rock Turcotte)
- Association masculine irénique et coalition des associations pour la condition paternelle (M. Claude Lachaîne)
- Barreau du Québec (Me Roger Garneau)
- Chambre des notaires du Québec (Me Doris Laverdière)
- Comité des organismes accréditeurs en médiation familiale (Mme Lorraine Filion)
- Commission des services juridiques (Me Alain Poirier)
- Confédération des organismes familiaux du Québec (M. Marc Bachand)
- Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (Mme Danielle Wolfe)
- Fédération des femmes du Québec (Mme Thérèse Hurteau Farinas)
- Fédération des unions de familles (Mme Louisane Côté)
- Femmes autochtones du Québec (Mme Danielle Lamirande)
- Groupe d'entraide aux pères et de soutien à l'enfant (M. Pierre Coulombe)
- Ordre des psychologues du Québec (M. Gérald Côté)
- Ordre professionnel des travailleurs sociaux du Québec (Mme Claudette Guilmaine)
- Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale (Mme Louise Lareau)
OBSERVATEURS
- Conseil de la famille et de l'enfance (Mme Hélène Lessard)
- Ministère de la Famille et de l'Enfance (Mme Johanne Gasse)
- Ministère de la Solidarité sociale (Mme Anne O'Sullivan)
- Ministère de la Justice du Canada (Me Johanne Imbeau)
- Ministère de la Justice du Québec (Me Lisa Labossière)
INTRODUCTION
Des problèmes surgissent quand les parents ne se conforment pas aux conditions de leur entente écrite ou de l'ordonnance du tribunal et qu'ils refusent les visites ou omettent d'exercer leur droit de visite. Les participants à l'atelier ont traité de ces deux aspects du problème. On a reconnu que cela peut se produire pour différentes raisons, notamment une mauvaise compréhension de ce que l'entente ou l'ordonnance exige des parents, mais trop souvent de la mauvaise volonté des parties qui ne font pas de distinction entre leur relation de parents et leur relation de conjoints ou ex-conjoints.
Les problèmes concernant les visites peuvent aller d'incidents relativement mineurs, quand les visites sont refusées pour une occasion particulière parce que les enfants sont malades, jusqu'aux graves querelles associées aux parents très conflictuels, voir même des allégations graves de comportement dangereux envers les enfants ou des comportements allant jusqu'à l'aliénation parentale.
D'autre part, le fait que le lien parent-enfant soit perturbé à cause de l'omission d'un parent d'exercer son droit de visite constitue aussi un problème important pour l'enfant et pour le parent qui est seul à assumer la charge entière de l'enfant.
Les participants ont tenté, au début des travaux, d'établir la gravité et l'étendue du problème. Quel pourcentage des dossiers rencontre ces difficultés. Ces statistiques ne seraient pas disponibles présentement. D'emblée, les participants ont donc déploré le manque de statistique permettant de déterminer l'ampleur du problème. Le groupe a reconnu qu'il serait utile d'avoir accès à ce genre de données.
Toutefois, il a également été reconnu que peu importe le nombre de ces cas et la fréquence de ces problèmes, cela demeure une épreuve difficile et toute entière pour les parents qui ont à vivre de telles circonstances. Pour les groupes de pères représentés 100% de ceux qui ont recours à leurs services ont fait des compromis sérieux ou ont des difficultés importantes d'exercice. Selon eux, personne n'est content. Les groupes qui offrent leurs services aux femmes constatent aussi l'impact important que ces difficultés ont sur les mères et les enfants. Chez les autochtones, la représentante a informé le groupe qu'il n'y a virtuellement aucun respect des ententes ou décisions judiciaires et que la communauté n'a aucun moyen de faire respecter ces jugements.
Les participants ont convenu que c'est la société de demain qui est affectée, les enfants. Les travaux ont donc débuté sur cette note.
Les participants ont souligné un autre élément important de la problématique dès le début des discussions. Il s'agit de la terminologie à laquelle les parents sont confrontés et qui constitue un élément provocateur de relations acerbes entre les parents. Le groupe n'a toutefois pas procédé à une discussion des fondements de cette question, étant confiant que les participants de l'atelier voisin (l'atelier A) s'attaqueraient sérieusement à cet élément.
Question 6.1 D'après vous, le système judiciaire en droit de la famille, encourage-t-il suffisamment le respect des obligations s'appliquant au droit de visite?
LA SITUATION ACTUELLE
À l'unanimité, les participants ont répondu non à cette question
Pour certains, il y a trop d'ententes dites « de corridor », conclues à la dernière minute, à la porte de la salle d'audience du Palais de justice. Ces ententes sont inadéquates, obtenues de force ou du moins sous la pression de ce que le juge pourra décider dans quelques minutes, parfois sous la menace de témoignages embarrassants.
Pour d'autres, c'est le cadre de référence qui est le problème. On parle ici encore de la terminologie et des présomptions à la base de notre système et de la loi. Selon eux, il y aurait lieu de voir le tout à partir du droit des enfants à avoir accès également à leurs deux parents. D'autres ont ajouté que les droits et obligations des parents pourraient aussi être vus dans le sens de leurs devoirs envers les enfants.
Le système souffre de lacunes importantes en ce qu'il n'y a aucune coordination des divers services et intervenants. Plus personne ne peut voir les solutions. Tout le monde est débordé, les délais sont énormes. De plus, les parents ne connaissent pas le système et les services disponibles. Ils se sentent démunis, isolés, frustrés; ce qui envenime le conflit entre eux.
Pire encore, on a souligné le taux apparemment très élevé de suicides chez les pères québécois suite à la séparation et au divorce. Des statistiques devraient bientôt être publiées. Dans la même veine, le taux d'abandon des pères est preuve que le système ne favorise pas le respect des droits de visite et sortie.
Plusieurs ont mentionné la tendance croissante de certains parents à demeurer à l'extérieur du système pour éviter que celui-ci ne vienne briser l'entente qu'ils ont entre eux ou ne vienne empirer les choses.
On a également souligné que le système faisait aussi défaut aux grands-parents qui sont aussi importants et significatifs pour les enfants.
On déplore de plus que les juges ne font pas usage et ne donnent pas force à l'article de la Loi sur le Divorce selon lequel le parent gardien doit favoriser le droit d'accès de l'autre parent à son enfant comme condition d'attribution de la garde. On déplore également le fait qu'il y ait trop de fausses allégations et que les juges ne donnent pas suite à l'outrage au tribunal.
Quant au procureur à l'enfant, bien que certains aient eu des expériences positives avec l'intervention de ce dernier, plusieurs le perçoivent comme un deuxième procureur à la mère. Il y a alors déséquilibre des forces entre les parents. Le procureur peut-il entrer directement en contact avec les parents? De quelle manière? Comment doit-il déterminer le meilleur intérêt de son client et prendre les instructions de celui-ci, plus spécialement quand l'enfant est en bas âge?
Enfin, on souligne que pour faire valoir ses droits d'accès dans le système judiciaire, il y a un coût monétaire exorbitant, sans compter le coût émotionnel.
Le Barreau du Québec maintien qu'il faut humaniser le droit de la famille et rappelle les travaux qui ont été fait en ce sens et la publication de son rapport en juillet 1997, intitulé « Possible et actuelle, une plus grande humanisation du droit de la famille ».
Les participants suggèrent donc :
- Une modification de la terminologie qui permettrait un meilleur engagement des parents et fournirait une optique différente en termes de droits des enfants et de devoir des parents en regard de leurs enfants. D'une part, l'enfant aurait droit de voir son père autant que sa mère. D'autre part, le parent gardien aurait le devoir de favoriser l'accès, le parent non gardien aurait le devoir de l'exercer car, il y a un enfant qui attend …
- Qu'il serait opportun de reconnaître socialement des principes de base tel le droit à la différence. C'est-à-dire le fait qu'il soit normal que le père agisse de façon différente de la mère; que le père qui n'était pas beaucoup présent lors de la vie en commun, peut devenir un père qui offre une présence plus importante après la séparation et qu'il est normal pour la mère d'en douter.
- Qu'il y aurait lieu de miser sur l'éducation. Sur une éducation qui valorise et amène le père à s'occuper de ses enfants dès la naissance; qui valorise et distingue nos différents rôles dans la vie, soit ceux de parent, d'homme et de femme contribuant à la société et à notre famille; qui distingue et reconnaît que lors de la séparation ce sont les conjoints qui ont des choses à régler et que les parents doivent trouver nécessairement un terrain d'entente pour protéger les enfants de l'effet du conflit. C'est encore une fois la perspective du devoir des parents envers leurs enfants et aux droits de ces derniers à une enfance heureuse et libre de conflits entre leurs parents.
- Que tous les intervenants ont à jouer ce rôle éducatif, les avocats, les juges, les responsables des services judiciaires et parajudiciaires.
- Que la pratique des procureurs à l'enfant doit être mieux encadrée et que ceux-ci soient mieux outillés. Des règles précises de conduite et d'éthiques devraient être adoptées afin de les assister dans leur rôle et leur neutralité envers les parents.
- Enfin, pour certains, la médiation est un devoir en regard des enfants. Elle devrait être obligatoire.
À l'unanimité, tous sont d'accord pour que le système soit modifié de manière à ce qu'il intègre et permette les éléments suivants :
- Changer la terminologie et l'optique de la loi en termes de droits des enfants et de devoir des parents en regard de leurs enfants.
- Prévoir que le juge qui entend une cause au sujet de droits d'accès demeure saisi du dossier du début à la fin de la cause.
- Mieux encadrer les ressources : il doit y avoir plus de concertation entre les intervenants psychosociaux et le système judiciaire. Les participants recherchent une véritable intégration du système social et du système judiciaire.
- Permettre l'identification des cas difficiles : il faut agir en amont et effectuer un suivi afin que chaque cas puisse obtenir ponctuellement les services et l'assistance dont les parents et les enfants ont véritablement besoin.
- Permettre l'accompagnement, dès le début, dans ces mêmes cas difficiles : le système devrait assurer aux parents et aux enfants des services spécialisés et sur mesure. Les services doivent s'adapter aux besoins de chacune des familles.
- Prévoir un accès direct au juge saisi du dossier lors d'un non-respect du droit de visite, sur simple avis à la partie adverse. Le juge, lui-même, pourrait ainsi exercer un pouvoir de surveillance et de contrôle sur les mesures de suivi et l'attitude des parents.
- Encadrer et définir le rôle du procureur à l'enfant.
Question 6.2 Doit-on stimuler les parents à résoudre leurs différends, au sujet de l'exercice de l'autorité parentale et du droit de visite et de sortie, par l'intermédiaire de professionnels impartiaux et expérimentés que sont les médiateurs. Si oui, comment?
LA SITUATION ACTUELLE
Pour responsabiliser les parents à résoudre leurs différends il serait utile de leur faire prendre conscience des conséquences néfastes que des relations conflictuelles et le non-respect des ententes ou ordonnances ont sur les enfants.
Tous sont donc d'accord pour convenir que le voeux de responsabiliser les parents à leurs devoirs envers leurs enfants est louable, mais l'exercice devra débuter avec les intervenants eux-mêmes, psychologues, avocats, travailleurs sociaux, qui selon plusieurs participants ne donnent pas l'information appropriée aux parents ou même, agissent de façon à créer ou entretenir des conflits entre parents.
La médiation est sous-utilisée, tant la médiation volontaire que la médiation qui peut être ordonnée par le tribunal en vertu de l'article 815.2.1 du Code de procédure civile. Plusieurs cas qui seraient appropriés pour ce processus ne s'y rendent pas, car les parties n'ont pas l'information ou sont mal conseillées à ce sujet.
Certains perçoivent la médiation comme intégrée au système judiciaire. Ceci aurait pour conséquence de donner une fausse image et de nuire à son implantation.
Il y aurait une fenêtre critique où il faut agir et les parties doivent être informées en temps pour faire les bons choix.
On suggère donc
- Que le juge devrait s'assurer que les parents ont visionné une vidéo sur la séparation et la médiation avant de débuter l'audition.
- Que les parents aient facilement accès à l'information sur le processus judiciaire, la médiation et les autres types d'interventions neutres possibles.
- Certains vont jusqu'à insister pour que la médiation soit obligatoire.
- Que la médiation préalable soit utilisée sur une plus grande échelle.
- Que la gratuité en soit élargie pour la rendre accessible aux cas de non-respect du droit d'accès.
Par ailleurs, il ressort des entrevues de groupe (Focus groups) menées par la firme Léger Marketing que les parents rencontrés énumèrent parmi les solutions au problème du respect du droit de visite, la sensibilisation des parents à leur rôle et leurs responsabilités mais également la consultation des enfants.
Question 6.3 Connaissez-vous l'existence des services hors du système judiciaire favorisant le respect des obligations relatives aux droits de garde et de visite?
SITUATION ACTUELLE
Les participants connaissent, bien sûr, les services offerts dans leur région et dans leur domaine. Ce qui fait l'unanimité, cependant, c'est que les services sont peu nombreux, ne sont pas connus par la population et souvent méconnus par les autres intervenants. De plus, ils sont souvent trop cher et manquent de financement.
Également on note que les services sont souvent orientés vers une clientèle particulière, homme u femme. Quelques services sont victimes de préjugés.
En conclusion, les participants retiennent les éléments suivants :
- Il est important et essentiel, dans certaines circonstances, de disposer de lieux neutres pour permettre de superviser les droits de visite. Aussi, non seulement y a-t-il lieu de créer de nouvelles ressources, mais également de consolider le réseau actuel.
- Certains proposent même que ces centres soient accrédités par une instance formelle. Comme ils s'adressent aux membres d'une famille qui vivent des situations extrêmes et souvent complexes, les enfants et les adultes qui s'y présentent devraient pouvoir être assurés d'y trouver des accompagnateurs qualifiés dotés d'une formation spécialisée.
- Quoiqu'on ne croit pas que les groupes de soutien devraient être pris en charge par les ministères, car ils redoutent de perdre leur neutralité, il y aurait lieu de prévoir un financement plus adéquat.
- On propose également le recours à une nouvelle ressource neutre du type «gestionnaire de cas » capable de suivre l'évolution de la situation et d'établir un lien entre la famille et le système judiciaire.
- Les médiateurs devraient se joindre aux maisons de visites supervisées afin d'accomplir l'intégration des services et le suivi utile pour résoudre le conflit et s'assurer que ce service de visite demeure temporaire.
- On doit mettre l'accent sur les services aux enfants. Il doit y avoir un processus particulier pour l'enfant afin de le protéger et de faire avancer les choses.
- Le stress du divorce fait parfois déraper un parent; il faut alors intervenir rapidement et de façon professionnelle. Il faut fournir un soutien thérapeutique, des services psychologiques et psychiatriques.
Question 6.4 Auriez-vous des suggestions sur la meilleure façon d'informer la population sur ces services?
Tel qu'il en a été discuté précédemment, il ressort clairement que les intervenants sont eux-mêmes mal informés des services disponibles et de la nature de ces divers services.
Il apparaît donc important aux participants qu'il est essentiel de débuter toute campagne d'information avec ce réseau. Ce n'est qu'à partir de ce moment que tous les membres du réseau seront en mesure de fournir une information juste et adéquate aux parents qui en ont le plus besoin.
Certains ont aussi suggéré de procéder à des événements « portes ouvertes » pour faire connaître leurs services à la population mais aussi aux autres intervenants incluant les autres services, les juges et les avocats. Tout professionnel devrait s'informer et visiter les services de sa région.
À la fin de la discussion, un consensus est toutefois apparu à l'effet que l'information seule ne suffira pas à changer les attitudes et optiques, et qu'il faut aller jusqu'à éduquer les nouveaux parents sur la responsabilité partagée face aux enfants.
Les émissions télévisées régulières d'information devraient être encouragées à produire des documentaires sur ces sujets. Des campagnes de publicité gouvernementales devraient également être préparées et diffusées régulièrement. Des dépliants devraient être disponibles dans tout le réseau des C.L.S.C. et les palais de justice ainsi que sur Internet.
Question 6.5 Avez-vous des propositions concrètes à faire sur la mise en place de quelques mécanismes visant à garantir l'exercice du droit de visite et de sortie?
Certains sont d'opinion que lorsqu'un parent contrevient au droit de l'autre, il doit y avoir des sanctions. Par exemple, un paiement monétaire pour avoir contrevenu à l'ordonnance ou l'entente ou une compensation pour frais encourus.
Toutefois, en termes de moyens coercitifs, qui sont loin d'ailleurs de faire unanimité, tous les participants ont une grande réserve face à la procédure d'outrage au tribunal qui est jugée inadéquate et même très nocive dans le cas par exemple où un parent pourrait se servir de cette condamnation contre l'autre conjoint pour nuire à l'image qu'ont les enfants de ce parent.
Pour le parent non gardien qui a de la difficulté à exercer ses droits, c'est un crime de voir le parent gardien abuser de ses droits dans le but d'empêcher l'exercice des droits de l'autre parent. Jamais les enfants ne devraient être pris en otage, sciemment ou inconsciemment. Il pourrait y avoir un mécanisme qui s'assure que celui-ci recevra un avertissement puis après des sanctions.
On a aussi proposé un comité de suivi non judiciarisé composé de professionnels qui proposerait au tribunal des sanctions ou remèdes, telle la perte de la garde exclusive, en cas de défaut de la part du parent gardien d'assurer l'accès paisible au parent non gardien. Les participants insistent qu'il faut des mesures appropriées dans les cas appropriés.
D'autres participants qui sont fermement opposés aux moyens coercitifs, voyant plutôt que le problème se situe au niveau de l'éducation, proposent d'éduquer jeunes et parents en ce qui à trait à la responsabilité parentale, de les éduquer à la communication et à la médiation ou résolution de leurs conflits.
Ainsi en résumé, les participants proposent :
- Un tribunal à la famille constitué de juges intéressés par ce domaine humain du droit et formés aux éléments adjacents au droit de la famille, bien informés de tous les services qui sont disponibles et de leur nature. *
- Que du moins, le juge demeure saisi du dossier jusqu'à la fin et assure le suivi des difficultés que rencontrent les parties dans la mise en application de son jugement ou de leur entente. Qu'il ait les connaissances et l'information nécessaires pour référer les parties et ordonner, le cas échéant, le recours à d'autres services disponibles dans le réseau. *
- Que les parents aient accès à un juge à faible coût pour faire réviser le dossier.
- Qu'il doit y avoir gradation dans l'intervention en cas de défaut. Il faut d'abord chercher à comprendre les raisons du défaut et identifier le problème pour être en mesure de répondre à chaque situation de façon appropriée. *
- Que la requête pour outrage au tribunal soit remplacée par une requête qui enjoindrait la partie défaillante à venir donner les raisons pour lesquelles elle ne se conforme pas à l'entente ou à l'ordonnance.
- Que les cas difficiles soient rapidement identifiés par le tribunal et que des suivis soient mis en place et effectués par des équipes neutres et spécialisées. *
- Que la médiation préalable soit utilisée sur une plus grande échelle, et que la gratuité en soit élargie pour la rendre accessible aux cas de non-respect du droit d'accès. *
- Que la médiation soit utilisée avec différents modèles de conciliation permettant son recours dans les cas plus difficiles, par exemple où les parents ne peuvent immédiatement être mis en présence, où les enfants ou d'autres membres de la famille peuvent être impliqués, etc.
- Que la médiation soit aussi utilisée à des fins dites thérapeutiques ou transformatives dans le but d'améliorer la communication entre les parties.
- Qu'il faudrait s'assurer que plus les conflits parentaux sont grands, plus les plans d'exercice des droits d'accès et visite définis dans les jugements et les ententes soient détaillés.
- Que les services soient bien adaptés aux besoins de chaque famille plutôt que de mettre en place des modèles obligatoires tout fait, qui ne peuvent répondre qu'à une majorité de gens, mais rarement à ceux qui en ont vraiment besoin. *
- Que l'abus de procédures ait des conséquences concrètes.
- Qu'il y a lieu de faire plus de place aux enfants en leur assurant des services pour les accompagner dans ces difficultés et les inclure dans les services de médiation et groupes d'échange.
- Qu'il y aurait aussi avantage à mettre en place des services préventifs, tel des séminaires d'information aux parents pour qu'ils puissent prendre conscience de l'impact qu'a leur conflit, plus particulièrement leurs difficultés avec le respect du droit de visite et d'accès, sur les enfants. *
- Qu'un meilleur financement des services d'aide parentale et des maisons d'aide aux familles soit mis en place dans le but de favoriser des rencontres d'échanges entre parents « délinquants » et entre enfants, ainsi que pour la mise sur pied de séminaires sur la coparentalité et la production de vidéos sur le sujet.
Question 6.6 Croyez-vous que des séminaires sur la parentalité après la rupture sont utiles? Certains aspects de ces programmes devraient-ils être obligatoires?
Suivant toutes les discussions décrites ci-haut, tous les participants se sont dits favorables à ce genre de séminaire. Un contenu minimum devrait être rendu obligatoire. Pour certains, il s'agit d'un pré-requis obligatoire à toute procédure.
Plusieurs étaient familiers avec le programme du Service de médiation et d'expertise de la Cour Supérieur à Montréal et se sont donc prononcés en faveur de ce type d'intervention.
Pour certains ce programme pourrait inclure une information sur les modes de résolution des conflits, dont la médiation et ainsi remplacer la présente séance de groupe sur la médiation offerte dans le cadre de la loi sur la médiation préalable.
CONCLUSION DE L'ATELIER B
En conclusion, les participants sont tous d'avis qu'il est urgent de changer de cap. La situation est critique. La société et le système judiciaire doivent changer leur optique sur l'attribution et l'exercice des droits d'accès.
On demande les ressources nécessaires pour intégrer le système judiciaire et les services sociaux; pour reconnaître l'aspect humain du phénomène de la séparation à l'intérieur d'un système judiciaire qui a été prévu pour régler des conflits de droits; pour mettre sur pied un programme d'éducation qui saura véhiculer les valeurs du partage des responsabilités et devoirs des deux parents et droits des enfants; et pour informer la population des services qui peuvent lui être offerts lorsque les parents se trouvent dans des situations difficiles.
On demande de faire reconnaître les besoins des familles qui éclatent pour leurs fournir l'accompagnement et l'assistance dont parents et enfants ont besoin.
On recommande un réseau d'aide concerté qui permet la mise en place de programmes de prévention, de médiation, ainsi que le suivi des dossiers, l'identification rapide des dossiers très conflictuels et une intervention sur mesure par des professionnels neutres et hautement qualifiés.
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