4. Constatations

La section suivante présente les résultats de l’évaluation par question d’évaluationNote de bas de page6.

4.1 Pertinence

4.1.1 Besoin continu du Fonds canadien de justice familiale

Il existe un besoin continu de soutenir la prestation de services de justice familiale par l’intermédiaire du FJFC en raison de la prévalence élevée et croissante de la violence familiale, des familles vivant des différends importants, des plaideurs non représentés, et d’un besoin continu d’étendre le soutien à la médiation, à un nouveau calcul des pensions alimentaires pour enfants, à l’exécution des ordonnances alimentaires et à un droit de visite supervisé. Des efforts continus sont nécessaires pour atteindre les groupes diversifiés et mal desservis, en particulier les peuples autochtones, les personnes vivant dans des communautés rurales et éloignées, les nouveaux arrivants, les personnes 2ELGBTQI+, et les personnes souffrant de handicap physique ou mental.

Les taux de divortialité ont baissé au cours de la période d’évaluation; l’incidence totale de la COVID‑19 sera observée au cours des prochaines années

Les taux de divortialité donnent une idée de l’ampleur des besoins en matière de services de justice familiale, car ils constituent le seul indicateur national permettant de saisir le taux de dissolutions familiales. Les taux de divortialité ont diminué au cours de la période d’évaluation (2018-2019 à 2020-2021, passant de 8,2 à 5,6 divorces pour 1 000 personnes mariées) [Figure 1]Note de bas de page7. Toutefois, les statistiques sur les divorces ne comprennent pas les séparations et il convient de noter que les obstacles à l’accès aux services judiciaires pendant la pandémie de COVID-19 ont probablement contribué à la diminution des demandes de divorce et des divorces prononcés en 2020. Un autre facteur qui retarde l’incidence de la pandémie sur les taux de divortialité est que les demandes de divorce « sans égard à la faute », qui constituent généralement la majorité des demandes, exigent qu’un couple se sépare pendant au moins un an avant que le divorce ne soit prononcé. L’incidence totale des perturbations sur les taux de divortialité pourrait ne commencer à se manifester que dans les données recueillies en 2021, qui n’étaient pas disponibles au moment de cette évaluation.

Figure 1 : Taux de divortialité au Canada (pour 1 000 personnes mariées), 2016 à 2020
Figure 1 : Taux de divortialité au Canada (pour 1 000 personnes mariées), 2016 à 2020
Version texte

La figure 1 ci-dessus fait état du taux de divortialité au Canada pour 1 000 personnes mariées, de 2016 à 2020.

Le taux, par année, est le suivant :

  • 2016 : 8,6
  • 2017 : 8,5
  • 2018 : 8,2
  • 2019 : 7,5
  • 2020 : 5,6

Les besoins en matière de services de justice familiale demeurent

L’évaluation a permis de déterminer des thèmes clés concernant les principaux besoins et tendances en matière de services de justice familiale pour les familles vivant une séparation ou un divorce. Les besoins les plus fréquemment présentés sont les suivants : 

Les besoins des groupes diversifiés et mal desservis persistent

La précédente Évaluation du soutien fédéral en matière de justice familiale (2019) a mis l’accent sur le besoin de soutenir les services de justice familiale ciblant des populations diversifiées et mal desservies. Cette évaluation a permis de déceler un besoin continu de soutenir ces groupes, en particulier les peuples autochtones, les personnes vivant dans des communautés rurales et éloignées, les personnes 2ELGBTQI+Note de bas de page15, les nouveaux arrivants et les personnes souffrant de handicap. Les modifications à la Loi sur le divorce ont également créé un besoin de soutenir les PT dans la mise en œuvre d’une nouvelle disposition de droits linguistiques. Lorsqu’elle est mise en œuvre dans une province ou un territoire, la disposition de droits linguistiques permet aux particuliers d’utiliser la langue officielle de leur choix dans le cadre d’une procédure en vertu de la Loi sur le divorce. Près de la moitié des PT ont indiqué qu’ils manquaient de personnel formé pour répondre aux besoins de certaines populations mal desservies. D’autres besoins comprennent un financement réservé à l’adaptation des services à des groupes précis, et des évaluations périodiques des services pour s’assurer qu’ils répondent aux besoins des populations diversifiées. On a également signalé un besoin continu de définir des lignes directrices et des normes, et de communiquer les pratiques exemplaires sur la meilleure façon de cibler les groupes diversifiés et mal desservis.

Les besoins en matière de services de justice familiale pour les groupes diversifiés et mal desservis précis et désignés par l’évaluation sont les suivants :

1.8M Self-identify as Indigenous in Canada (5% of population) (2021 Census)
1,8 M
S’autodéclarent comme
étant Autochtones au Canada
(5 % de la population)
[Recensement de 2021]

Peuples autochtones. Les besoins et les obstacles auxquels sont confrontés les peuples autochtones découlent d’obstacles systémiques tels que le racisme et le colonialisme, ainsi que des niveaux d’éducation inférieurs, des taux de pauvreté plus élevés et de l’accès limité à la technologie numérique (p. ex. les ordinateurs et la connectivité Internet). L’étude de cas du cours en ligne sur les responsabilités parentales après la séparation pour les familles autochtones a montré que les peuples autochtones sont souvent peu sensibilisés aux aides et aux services offerts en matière de justice familiale. De plus, un soutien culturellement sûr n’est pas toujours accessible. Par exemple, les bureaux de services de justice familiale sont souvent situés dans des palais de justice ou des édifices gouvernementaux, et de nombreux peuples autochtones ont vécu des expériences traumatisantes avec les tribunaux ou les bureaux gouvernementaux (p. ex. les services à l’enfance et à la famille) et peuvent être réticents à accéder aux services dans ces espacesNote de bas de page16. Il est nécessaire de mettre en place des programmes adaptés à la culture, avec des praticiens compétents sur le plan culturel, et des programmes qui intègrent et comprennent la valeur de la collaboration entre la famille et la communauté.

1.8M Self-identify as Indigenous in Canada (5% of population) (2021 Census)
6,6 M
Vivent dans les zones
rurales au Canada
(18 % de la population)
[Recensement de 2021]

Les personnes vivant dans les communautés rurales, éloignées et du Nord. Les obstacles à l’accès aux services de justice familiale pour les personnes vivant dans des communautés rurales, éloignées et du Nord comprennent le nombre réduit de services offerts (tels que les services de médiation), l’accès moins rapide aux services, la distance accrue pour accéder aux services, les moyens de transport limités et peu fiables, les services de garde d’enfants limités et les possibilités d’emploi limitées, aggravant davantage les difficultés économiques. L’étude de cas de Luke’s Place fait également état des difficultés d’accès aux services de justice familiale dans les communautés rurales, éloignées et du Nord. Par exemple, les juges peuvent venir par avion une fois par semaine ou par mois, et sur la base d’une rotation, de sorte que la continuité des causes qui nécessitent plusieurs comparutions est limitée. Le nombre d’avocats spécialisés dans le droit de la famille est également limité. Dans les cas de violence familiale, un maltraiteur peut rendre visite à tous les avocats d’une petite ville afin d’empêcher la survivante de s’adresser à l’un d’entre eux, car il y aurait un « conflit d’intérêts ». Il y a également des préoccupations à l’égard de la sûreté et de la protection des renseignements personnels. Par exemple, un prestataire de services (p. ex. la police ou un travailleur social) peut avoir une relation avec le maltraiteur, ce qui augmente encore la vulnérabilité de la personne survivante.

127K
2SLGBTQI+ couples in Canada (1.5% of couples)
(2021 Census)
127 000
Couples 2ELGBTQI+
au Canada
(1,5 % des couples)
[Recensement de 2021]

2Personnes 2ELGBTQI+. Les résultats d’une étude récente dans l’Ouest du Canada indiquent que les membres des minorités sexuelles n’ont qu’un accès limité à une aide juridique adéquate, et qu’en comparaison avec les personnes hétérosexuelles cisgenres, ils rencontrent des obstacles à la justice supplémentaires. Une présomption a été constatée, selon laquelle les acteurs juridiques sont cisgenres, hétérosexuels, monogames et font partie de structures familiales nucléaires, et cette présomption est à la base du système de justice familiale. En outre, les parents transgenres sont confrontés à des obstacles supplémentaires, tels que la désinformation sur les parents transgenres utilisée dans les affaires de garde, les difficultés à être légalement reconnus comme parents en raison de leur transition, le manque de services de lutte contre la violence familiale adaptés aux personnes transgenres, et d’autres obstacles dus à l’homophobie et à la transphobieNote de bas de page17. Il existe un besoin de services de justice familiale adaptés aux personnes 2ELGBTQI+, tels que des services fournis par des personnes 2ELGBTQI+, des services de soutien en santé mentale, de la VIJ pour les professionnels du droit sur les expériences des communautés de minorités sexuelles et de genre (p. ex. l’utilisation de pronoms, la stigmatisation du VIH, la transphobie, l’homophobie, le cis‑hétérosexisme, etc.), et de la VIJ pour les personnes 2ELGBTQI+ pour mieux comprendre leurs droits et la façon de naviguer dans le système de justice familialeNote de bas de page18.

1.2M
Recent Immigrants
(3.5% of population)
(2016 Census)
1,2 M
Nouveaux arrivants
(3,5 % de la population)
[Recensement de 2016]

Nouveaux arrivants. Une recherche portant sur les répercussions de la pandémie de COVID-19 a révélé que les femmes de couleur nouvellement arrivées et impliquées dans des questions de droit de la famille sont particulièrement vulnérables. En ce qui concerne les questions de garde d’enfants, l’absence de paiement de la pension alimentaire, les abus sexuels et physiques, ainsi que la manipulation psychologique et juridique par l’autre partie étaient courants dans trois cas sur quatre. Les principaux obstacles aux programmes et services de justice familiale pour les populations de nouveaux arrivants sont les suivants : compréhension juridique et en anglais ou en français, connaissances limitées en informatique, accès limité aux ordinateurs et aux technologies, faible niveau de revenu, isolement, manque d’information disponible, gestion de problèmes juridiques multiples, discrimination, crainte des conséquences d’une action en justice, faible perception des chances de succès, et manque de services adaptés à la cultureNote de bas de page19, Note de bas de page20. Pour surmonter ces obstacles, il est nécessaire d’accroître l’accès à l’information, d’utiliser un langage clair et simple, de faire appel à des experts, y compris, mais sans s’y limiter, des professionnels du droit, des droits de la personne, de l’immigration et des ressources humaines, de mieux faire connaître les ressources communautaires, et d’offrir la VIJ dans la langue maternelle des communautés d’immigrantsNote de bas de page21.

6.2M
Persons with Disabilities 
(22% of population)
(2017 Statistics Canada)
6,2 M
Personnes souffrant
de handicap
(22 % de la population)
[Statistique Canada 2017]

Personnes souffrant de handicap physique ou mental. Une étude récente sur les expériences des personnes souffrant de handicap physique ou mental a révélé que les litiges liés au divorce et au droit de la famille figurent dans la liste des principaux types de problèmes juridiques rencontrés. La recherche a mis en évidence que lorsqu’elles sont confrontées à des problèmes juridiques, les personnes souffrant de handicap physique ou mental se heurtent à des barrières systémiques et à un manque de mesures de soutien accessibles, tels que des interprètes en langue des signes pour les personnes souffrant d’une déficience auditive. La pandémie de COVID-19 a exacerbé les obstacles existants à l’accès à la justice pour les personnes souffrant de handicap physique et mental, tels que l’isolement, le manque de revenus de travail, et l’accès limité aux services de santé.

4.1.2 Adaptabilité aux besoins du FCJF

Le FCJF s’est généralement adapté aux besoins actuels et émergents. Il est peu probable que les activités et projets se seraient déroulés comme prévu en l’absence du FCJF.

Les données probantes suggèrent que le FCJF a fait preuve d’adaptabilité et de souplesse pour répondre aux besoins des PT et des ONG dans leurs régions en ce qui concerne les services de justice familiale. Le financement a permis aux PT d’adapter les activités aux besoins de leur région et de sensibiliser le public aux informations relatives à la justice familiale, telles que les modifications apportées à la Loi sur le divorce. Le FCJF permet à Justice Canada de s’acquitter de ses responsabilités en matière de prestation de services de justice familiale en apportant une aide financière aux PT et aux ONG. Cette vaste portée permet de continuer à s’aligner, au fil du temps, sur les besoins du secteur de la justice familiale.

Activités des PT soutenues par le FCJF

Le FCJF a répondu aux besoins en engageant environ 60 millions de dollars de financement aux gouvernements provinciaux et territoriaux pour mettre en œuvre les activités liées au FCJF entre 2018-2019 et 2021-2022. Comme l’indique la figure 2, la plus grande part du financement des activités des PT a été attribuée à l’Ontario (20,6 millions de dollars ou 34 %), suivi du Québec (13,7  millions de dollars ou 23 %) et de la Colombie-Britannique (7  millions de dollars ou 12 %). Le montant du financement offert à chaque PT est établi à l’aide d’un modèle de base et d’un modèle par habitant, avec un total de 15  millions de dollars de financement annuel pour toutes les provinces et tous les territoires. Les données probantes suggèrent que le FCJF a contribué à maintenir des services et du personnel de justice familiale élargis dans l’ensemble des PT, tels que les programmes d’éducation parentale, les programmes de visites et d’accès supervisés, les services de médiation, l’exécution des ordonnances alimentaires, et les services de nouveau calcul des pensions alimentaires pour enfants.

Figure 2 : Financement des activités du FCJF par entente provinciale et territoriale (millions de dollars), 2018-2019 à 2021-2022
Figure 2 : Financement des activités du FCJF par entente provinciale et territoriale (millions de dollars), 2018-2019 à 2021-2022
Version texte

La figure 2 ci-dessus fait état du financement des activités du FCJF par entente provinciale et territoriale, en millions de dollars, entre 2018-2019 et 2021-2022.

Le montant, par PT, est le suivant :

  • Ontario: $20.6
  • Québec: $13.7
  • Colombie-Britannique: $7.0
  • Alberta: $5.5
  • Saskatchewan: $2.2
  • Nouvelle-Écosse: $2.1
  • Nouveau-Brunswick: $1.8
  • Terre-Neuve-et-Labrador: $1.4
  • Île-du-Prince-Édouard: $0.9
  • Nunavut: $0.8
  • Yukon: $0.8
  • Territoires du Nord-Ouest: $0.8

Le FCJF a soutenu les projets des PT et des ONG

Le FCJF a approuvé 24,2 millions de dollarsNote de bas de page22 pour 61 projets du FCJF de 2017-2018 à 2021-2022, dont certains ont commencé dès 2017-2018 et d’autres se termineront aussi tardivement que 2024-2025 (figure 3). Les projets ont été menés par des ONG et d’autres types d’organisations, y compris des gouvernements provinciaux et territoriaux. Parmi les projets financés, la plus grande proportion du financement a été attribuée à des projets en Colombie-Britannique (37 %), suivie de l’Ontario (25 %). Dans le cadre de l’analyse de l’évaluation, les projets du FCJF ont été codés selon les cinq domaines prioritaires et selon qu’ils étaient axés ou non sur la mise en œuvre des modifications de la Loi sur le divorce. La plus grande partie du financement des projets du FCJF a été consacrée à l’amélioration et à la rationalisation des liens entre les systèmes de justice familiale (62 %), puis à la satisfaction des besoins des communautés diversifiées et mal desservies (27 %), et à la mise en œuvre des modifications apportées à la Loi sur le divorce, par exemple, par la mise à jour et l’élaboration de nouveaux documents de VIJ (26 %).

Figure 3 : Financement de projets du FCJF approuvé par les PT (millions de dollars) [nombre de projets], 2017-2018 à 2021-2022
Figure 3 : Financement de projets du FCJF approuvé par les PT (millions de dollars) [nombre de projets], 2017-2018 à 2021-2022
Version texte

La figure 3 ci-dessus fait état du financement de projets du FCJF approuvé par les PT, en millions de dollars et nombre de projets, entre 2017-2018 et 2021-2022.

Les montants, par PT, sont les suivants :

  • Colombie-Britannique: $9.0, 7 projets
  • Ontario: $6.1, 10 projects
  • Nouvelle-Écosse: $1.6, 6 projets
  • Manitoba: $1.5, 3 projets
  • Terre-Neuve-et-Labrador: $1.5, 4 projets
  • Île-du-Prince-Édouard: $1.4, 5 projets
  • Saskatchewan: $1.1, 7 projets
  • Yukon: $0.7, 3 projets
  • Nouveau-Brunswick: $0.4, 5 projets
  • Alberta: $0.4, 6 projets
  • Québec: $0.3, 3 projets
  • National: $0.1, 1 projet
  • Territoires du Nord-Ouest: $0.03, 1 projet

Il est peu probable que les activités et les projets auraient été réalisés sans le financement du FCJF

L’évaluation a révélé qu’il y a une faible probabilité que les activités et les projets se seraient déroulés comme prévu en l’absence du FCJF. Sans ce financement, certaines activités ou projets auraient pu se poursuivre, mais à une portée plus réduite et sur une période plus longue. Ce financement est essentiel pour garantir que les nouveaux services fassent l’objet de projets pilotes et d’essais.

En moyenne, les représentants des PT et des ONG interrogés ont indiqué qu’il y a une faible probabilitéNote de bas de page23 que les activités et projets se seraient déroulés comme prévu en l’absence du FCJF. Sans ce financement, certaines activités et projets auraient pu se poursuivre, mais à une portée plus réduite et sur une période plus longue, avec une qualité moindre. Le financement est considéré comme essentiel pour garantir que des services nouveaux et innovants fassent l’objet de projets pilotes et d’essais, tels que l’essai de la prestation de services de médiation dans de nouvelles administrations. Parmi les PT, bien que plusieurs d’entre eux aient indiqué que les activités de justice familiale sont une priorité et qu’ils continueraient à recevoir un financement même sans le FCJF, d’autres ont indiqué que l’étendue, l’efficacité et la qualité des services seraient affectées si le financement était perdu. Plusieurs PT ont souligné que la perte du financement du FCJF aurait des répercussions sur leurs effectifs, tandis que quelques-uns ont indiqué que les projets pilotes n’auraient pas été possibles. Quelques administrations ont indiqué que leurs services de justice familiale seraient réduits de façon plus importante sans le FCJF, en particulier les petites administrations et celles dont les priorités provinciales et territoriales varient davantage.Parmi les ONG et les chefs de projet, une majorité a indiqué que la portée du projet aurait été réduite et qu’il aurait fallu plus de temps pour le mener à bien sans le FCJF. D’autres ont expliqué que l’efficacité des ressources aurait souffert, tout comme les services fournis. Certaines organisations de VIJ ont indiqué qu’elles avaient peut-être mis à jour quelques ressources, comme le site Web, pour tenir compte des modifications apportées à la Loi sur le divorce, mais qu’elles n’auraient pas pu créer de nouveaux documents. Les autres sources de financement les plus fréquemment citées sont le financement des gouvernements provinciaux et territoriaux, les barreaux et les fondations, d’autres sources de financement du gouvernement fédéral (comme le Programme juridique de partenariats et d’innovation, le Fonds d’appui à l’accès à la justice dans les deux langues officielles), et les bénévoles ou les ressources concrètes.

4.1.3 Concordance avec les priorités gouvernementales et les rôles et responsabilités du gouvernement fédéral

Le FCJF est conforme aux priorités des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, comme l’amélioration de l’accès à la justice, la lutte contre la violence fondée sur le sexe, et l’amélioration de l’accès pour les groupes diversifiés et mal desservis. Le Fonds concorde également avec les rôles et responsabilités du gouvernement fédéral puisque le droit de la famille est une responsabilité partagée entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux.

Le FCJF concorde avec les priorités du gouvernement

L’évaluation a permis de constater que le FCJF concorde avec les priorités du gouvernement fédéral. En particulier, le FCJF est bien harmonisé avec la priorité ministérielle de 2020-2021 de Justice Canada, à savoir que « Les Canadiens qui ont des démêlés avec le système de justice bénéficient de l’accès aux services appropriés, permettant un système de justice équitable, opportun et accessibleNote de bas de page24 ».Le Fonds s’aligne également sur les priorités fédérales en matière de lutte contre la violence fondée sur le sexe et la violence entre partenaires intimes, en particulier la Stratégie contre la violence fondée sur le sexe du gouvernement du CanadaNote de bas de page25 et comme le souligne le discours du Trône de 2021 concernant une « hausse inacceptable de la violence contre les femmes et les fillesNote de bas de page26 ». De plus, le FCJF s’harmonise avec les objectifs fédéraux de réduction de la pauvreté en finançant la mise en œuvre des modifications de la Loi sur le divorceNote de bas de page27 qui soutiennent cette priorité, par exemple, par des services de nouveau calcul qui aident à maintenir à jour les montants des pensions alimentaires pour enfants. En outre, le FCJF aide les PT à répondre aux exigences en matière de langues officielles relatives aux modifications apportées à la Loi sur le divorce, qui permettent aux particuliers d’entreprendre des procédures en vertu de la Loi sur le divorce dans la langue officielle de leur choix. Le FCJF s’harmonise également aux priorités du gouvernement fédéral en matière de diversité et d’inclusion, comme indiqué dans le discours du Trône de 2021 : « la lutte contre le racisme systémique, le sexisme, la discrimination, les inconduites et la violence, y compris dans nos propres institutionsNote de bas de page28 », par son soutien à l’amélioration de l’accès à la justice familiale pour les communautés diversifiées et mal desservies.

De plus, les PT ont convenu que le FCJF s’alignait sur leurs priorités gouvernementales. Ces dernières soulignent généralement que le FCJF s’aligne sur leurs objectifs généraux et qu’il facilite l’accès aux services de justice familiale pour les familles qui vivent une séparation ou un divorce. Les PT ont également indiqué qu’ils ont une priorité commune sur les services destinés aux populations diversifiées et mal desservies, qu’ils ont un objectif commun, soit de favoriser le bien-être des familles et des enfants, et qu’ils mettent l’accent sur la réconciliation avec les peuples autochtones et sur l’accessibilité des programmes aux communautés diversifiées, y compris les communautés rurales et éloignées.

Le FCJF concorde avec les rôles et les responsabilités du gouvernement fédéral

Le droit de la famille au Canada est un domaine de responsabilité partagée entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux et territoriaux, en raison de la répartition des pouvoirs législatifs en vertu de la Loi constitutionnelle de 1867. Le gouvernement fédéral est responsable des lois concernant le mariage, le divorce et l’exécution des ordonnances alimentaires fédérales, tandis que les gouvernements provinciaux et territoriaux sont responsables de l’administration de la justice et des questions de droit de la famille concernant les couples non mariés qui se séparent et les couples mariés qui se séparent, mais ne divorcent pas. Les PT fournissent la majeure partie des services de justice familiale. Le gouvernement fédéral appuie et favorise l’élaboration et le maintien de services de justice familiale afin de faciliter l’accès au système de justice familiale pour les familles vivant une séparation ou un divorce.

Par l’intermédiaire du FCJF, Justice Canada s’acquitte de sa responsabilité en apportant une aide financière aux PT pour la prestation de services de justice familiale qui répondent aux besoins des familles vivant une séparation ou un divorce, et en finançant des ONG et des particuliers pour des activités de justice familiale.

Tous les représentants de Justice Canada et des PT ont convenu que la prestation du FCJF est un rôle approprié du gouvernement fédéral. De plus, les personnes interrogées ont indiqué que le FCJF soutient les PT afin qu’ils participent à la collaboration entre les gouvernements FPT, par exemple, par l’intermédiaire du Comité de coordination des hauts fonctionnaires – Justice familiale (CCHF-JF), ce qui a permis l’apprentissage transjuridictionnel.

4.2 Efficacité

4.2.1 Contribution à l’amélioration de la capacité des PT à fournir des services de justice familiale

Le FCJF a soutenu l’amélioration de la capacité des PT à fournir et à offrir des services de justice familiale, notamment en améliorant le financement des services de justice familiale en cours et en finançant des projets pilotes pour de nouveaux services.

Le FCJF a contribué à améliorer la capacité des services de justice familiale

L’évaluation a montré que le FCJF a amélioré la capacité des PT à fournir des services de justice familiale, ce qui leur a permis de maintenir les services et de faire l’essai de nouveaux. Certains programmes actuels des PT (p. ex. services de nouveau calcul des pensions alimentaires pour enfants, programme sur les responsabilités parentales après une séparation, programme sur les conflits importants entre parents, et centre de justice familiale) n’auraient pas été mis à l’essai et finalement financés par les PT sans le soutien du FCJF. Les données probantes suggèrent que le FCJF a permis aux PT de fournir des services plus nombreux et de meilleure qualité, en particulier ceux destinés à des groupes diversifiés et mal desservis. De plus, le financement a eu une incidence importante sur les petites provinces et petits territoires qui ont moins de ressources que les grands.

L’évaluation a permis de déceler quelques exemples précis de domaines où les capacités ont été renforcées. Les exemples sont énumérés par domaine prioritaire du FCJF et dans la mesure où ils sont liés à la mise en œuvre des modifications de la Loi sur le divorce.

Les résultats de l’Enquête sur le programme de services de médiation indiquent que les services de médiation offerts étaient utiles

L’Enquête sur le programme de services de médiation fournit des informations sur la perception qu’ont les participants de l’utilité des services de médiation pour les aider à résoudre leurs différends et à éviter les tribunaux. Les résultats de l’EnquêteNote de bas de page33 indiquent que, lorsque les services étaient offerts, les participants les ont trouvés utiles pour clarifier les problèmes à résoudre, leur fournir des outils, et les aider à créer leurs propres solutions pour résoudre les problèmes de droit de la famille en dehors du tribunal.

Figure 4 : Raisons pour lesquelles les participants ont trouvé le processus de médiation utile (2017-2018 et 2020-2021)
Figure 4 : Raisons pour lesquelles les participants ont trouvé le processus de médiation utile (2017-2018 et 2020-2021)
Version texte

La figure 4 ci-dessus fait état des raisons pour lesquelles les participants ont trouvé le processus de médiation utile entre 2017-2018 et 2020-2021.

Par pourcentage, les participants ont trouvé que le processus de médiation était utile pour :

  • Leur donner la possibilité de créer leurs propres solutions: 70% D’accord ou tout à fait d’accord
  • Clarifier les questions qui devaient être abordées: 69% D’accord ou tout à fait d’accord
  • Leur fournir des outils et des ressources qui leur seront utiles à l’avenir: 65% D’accord ou tout à fait d’accord
  • Trouver une entente: 61% D’accord ou tout à fait d’accord
  • Trouver une entente: 58% D’accord ou tout à fait d’accord
  • Les aider à prendre conscience des besoins de leur enfant: 54% D’accord ou tout à fait d’accord

4.2.2 Contribution à l’amélioration de la sensibilisation, de la connaissance et de la compréhension des questions relatives au droit de la famille et au droit des enfants parmi les publics ciblés

Le FCJF a contribué à une amélioration de la sensibilisation, de la connaissance et de la compréhension des questions relatives au droit de la famille et au droit des enfants parmi les publics ciblés par l’élaboration, la mise à jour et la diffusion de documents de VIJ, particulièrement en réponse aux modifications apportées à la Loi sur le divorce, la prestation d’engagements individuels (c.-à-d. par courriel et par téléphone) et la prestation de programmes d’éducation parentale.

Le FCJF a contribué à accroître la sensibilisation, la connaissance et la compréhension des questions relatives au droit de la famille et au droit des enfants

Le FCJF a contribué à une variété de documents, de cours et de programmes de VIJ. Les PT ont souvent mentionné les séances d’information et les ateliers sur le droit de la famille, les centres de justice familiale, et les cours sur les responsabilités parentales après une séparation. De plus, les PTprovinces et territoires ont fait référence aux documents imprimés et aux sites Web qui ont été mis à jour et élaborés grâce au FCJF. Les ONG et les représentants de Justice Canada ont également fait remarquer qu’un nombre considérable de nouvelles ressources et publications sur la VIJ ont été élaborées avec l’appui du FCJF. Les publications ont été promues auprès de diverses organisations et populations telles que les professionnels de la santé mentale, les communautés de langue officielle en situation minoritaire, les peuples autochtones, les nouveaux arrivants, les personnes vivant dans des zones rurales et éloignées et les professionnels du droit. La plupart des mises à jour ont porté sur les modifications à la Loi sur le divorce. Voici des exemples d’activités entreprises par les PT et les ONG pour accroître la sensibilisation, la connaissance et la compréhension des questions relatives au droit de la famille et au droit des enfants.

Les études de cas ont fourni d’autres preuves que le FCJF a contribué à une meilleure sensibilisation (figure 5).

Figure 5 : Exemples d’études de cas : Amélioration de la sensibilisation, de la connaissance et de la compréhension des questions relatives au droit de la famille et au droit des enfants
Organisation : Centre de soutien et de ressources pour les femmes et les enfants Luke’s Place (Ontario)
Projet : Sensibilisation aux modifications à la Loi sur le divorce ayant des répercussions sur les femmes
Financement : 141 775 $ du FCJF (2021-2022 à 2022-2023)

Objectifs, activités et incidences :

Les principaux objectifs du projet consistaient à mieux faire comprendre aux survivantes (femmes ayant vécu des relations violentes) les modifications apportées à la Loi sur le divorce en ce qui concerne la violence familiale et les relations parentales, et d’aider les défenseurs (généralement des fournisseurs de services communautaires dans les refuges pour femmes et d’autres organisations) qui soutiennent les survivantes à comprendre ces changements en leur fournissant les informations et les stratégies juridiques les plus récentes. Dans le cadre du projet, une boîte à outils a été élaborée contenant des informations juridiques et de sécurité pour les femmes qui quittent la violence, une formation en droit de la famille « After She Leaves » pour les défenseurs des femmes, et de plus, le manuel « After She Leaves » et le site Web « Family Court and Beyond » ont été mis à jour. Entre décembre et mars 2022, plus de 600 téléchargements de la boîte à outils ont été effectués. Entre décembre 2021 et mars 2022, 117 avocats spécialisés dans le droit de la famille se sont inscrits à la formation « After She Leaves » destinée aux défenseurs spécialisés dans le droit de la famille, et 93 % des participants ont indiqué qu’ils recommanderaient le cours à d’autres personnes. Voici les points saillants de 25 évaluations d’apprentissage en ligne remplies par des travailleurs individuels entre le 30 avril et le 2 juin 2022 : 56 % ont indiqué un niveau d’apprentissage très élevé; 76 % ont indiqué une plus grande confiance dans la prestation de services de soutien au tribunal de la famille; 84 % recommanderaient le cours à d’autres personnes travaillant dans le même milieu; 88 % ont trouvé le cours facile à explorer; et 52 % ont indiqué être situés dans le nord de l’Ontario.

Organization: Le Petit Pont (Quebec)
Projet : Équipons les parents pour l’avenir des enfants et de notre communauté
Financement : 246 467 $ du FCJF (2017-2018 à 2020-2021)

Objectifs, activités et incidences :

L’objectif du projet était d’aider à la réalisation et à l’évaluation de réunions d’accompagnement parental, familial ou de résolution de différends avec les parents et les enfants, permettant aux accompagnateurs d’observer et d’analyser les difficultés qui surviennent dans le contexte d’une séparation ou d’un divorce, et de proposer des conseils concrets et d’assurer un suivi. L’accompagnement parental s’est concentré sur le bien-être de la famille pour élaborer des moyens de prévenir les différends, plutôt que d’essayer de guérir les familles à la suite d’un différend. Le modèle d’accompagnement parental proposé par Le Petit Pont a été adapté pour faciliter les liens parents-enfants lors d’une séparation ou d’un divorce. L’accompagnateur aide les membres de la famille à mieux comprendre la source des problèmes et à fixer des objectifs réalistes. Ensuite, à l’aide de stratégies d’intervention ciblées, de conseils et d’exercices pratiques, l’accompagnateur aide les parents et les enfants à parvenir à une dynamique familiale plus harmonieuse. Le projet a servi 49 familles et dispensé 203 séances d’accompagnement. Le projet a révélé que dans 77 % des cas, les parents ont amélioré leur connaissance et leur compréhension des stratégies permettant de réduire au minimum les différends et d’améliorer le bien-être de la famille.

Les résultats de l’enquête sur le Programme d’éducation parentale indiquent que les cours dispensés ont permis d’accroître la sensibilisation et les connaissances

L’enquête sur le Programme d’éducation parentale fournit des informations sur les perceptions des participants de la façon dont leur connaissance et leur compréhension du système de justice familiale et d’autres sujets connexes ont augmenté à la suite de leur participation à des cours sur les responsabilités parentales (p. ex. Exercer le rôle de parent après la séparation). Les résultats de l’enquêteNote de bas de page39 indiquent que les cours ont contribué à améliorer la compréhension et les capacités des parents vivant une séparation ou un divorce, notamment en ce qui concerne leur compréhension des répercussions de la séparation et du divorce sur les enfants et leur capacité à parler de ces questions avec les enfants.

Figure 6 : Meilleure compréhension des participants après avoir participé au processus de médiation (2017-2018 et 2020-2021)
Figure 6 : Meilleure compréhension des participants après avoir participé au processus de médiation (2017-2018 et 2020-2021)
Version texte

La figure 6 ci-dessus fait état de la meilleure compréhension des participants après avoir participé au processus de médiation entre 2017-2018 et 2020-2021.

Par pourcentage, après avoir participé au programme de médiation, les participants ont acquis une meilleure compréhension de :

  • Les répercussions de la séparation ou du divorce sur les enfants: 90% D’accord ou tout à fait d’accord
  • Les solutions de rechange aux tribunaux (p. ex. médiation, droit de la famille collaboratif): 87% D’accord ou tout à fait d’accord
  • Les responsabilités parentales (p. ex. le soutien financier aux enfants, le temps passé avec les enfants, etc.): 85% D’accord ou tout à fait d’accord
  • Les répercussions de la séparation ou du divorce sur les parents: 84% D’accord ou tout à fait d’accord
  • Lignes directrices sur les pensions alimentaires pour enfants: 79% D’accord ou tout à fait d’accord
Figure 7 : Amélioration des capacités des participants après avoir participé au processus de médiation (2017-2018 et 2020-2021)
Figure 7 : Amélioration des capacités des participants après avoir participé au processus de médiation (2017-2018 et 2020-2021)
Version texte

La figure 7 ci-dessus fait état de l’amélioration des capacités des participants après avoir participé au processus de médiation entre 2017-2018 et 2020-2021.

Par pourcentage, après avoir participé au programme de médiation, les participants ont eu le sentiment d’avoir de meilleures capacités pour :

  • Comprendre les besoins de leurs enfants: 89% D’accord ou tout à fait d’accord
  • Parler à leurs enfants de la séparation et du divorce: 87% D’accord ou tout à fait d’accord
  • Faciliter les changements familiaux pour les enfants: 87% D’accord ou tout à fait d’accord
  • Aborder les questions ou préoccupations relatives à leur situation familiale: 82% D’accord ou tout à fait d’accord
  • Résoudre les conflits relatifs aux questions de droit de la famille: 80% D’accord ou tout à fait d’accord

4.2.3 Contribution à l’amélioration de l’accès de tous les Canadiens à la justice familiale

Le FCJF a contribué à améliorer l’accès des Canadiens à la justice familiale, notamment grâce aux services de médiation et de nouveau calcul, ainsi qu’aux ressources et aux cours de VIJ qui ont été mis sur pied pour aider les familles à s’orienter dans le système.

L’évaluation a révélé que le FCJF a contribué à améliorer l’accès des Canadiens à la justice familiale. Les modes de contribution les plus couramment nommés par le Fonds sont les suivants :

Les études de cas ont également permis de relever des exemples de la manière dont le FCJF a amélioré l’accès aux services de justice familiale. Dans le projet d’étude de cas de Luke’s Place, le financement a permis de concevoir de nouveaux produits pour faciliter l’accès aux services de justice familiale : une boîte à outils sur l’éducation des enfants après la séparation et de nouvelles lois pour les femmes; un cours sur le droit de la famille « After She Leaves » pour les défenseurs; des mises à jour du manuel « After She Leaves » pour les prestataires de services; et des mises à jour d’un ensemble de ressources « Family Court and Beyond » qui comprend le site Web, un manuel et un organisateur. Bien qu’il n’existe aucun moyen direct de mesurer l’incidence de ces produits sur l’amélioration des services de justice familiale, il est possible de déduire à partir des téléchargements fréquents et des commentaires des prestataires de services que le programme a été bénéfique à cet égard. L’étude de cas de Le Petit Pont a également permis de mettre sur pied un nouveau service d’accompagnement pour les familles vivant des différends importants en situation de séparation ou de divorce, qui n’aurait pas existé sans le FCJF.

4.2.4 Contribution à l’amélioration de l’accès aux services de justice familiale pour les populations vulnérables

Le FCJF a contribué à l’amélioration des services de justice familiale pour les populations diversifiées et mal desservies par l’intermédiaire de projets et d’activités novateurs qui ciblent les peuples autochtones, les populations du Nord, rurales et éloignées, les communautés de langue officielle en situation minoritaire, les nouveaux arrivants et les personnes 2ELGBTQI+. En général, le Fonds offre une souplesse pour répondre aux besoins de divers groupes.

En avril 2022, six PT ont indiqué qu’ils mesuraient la portée des programmes et des services auprès des populations diversifiées et mal desservies au moyen d’un questionnaire ou d’une entrevue de fin d’activité. Une administration a indiqué qu’elle utilise Google Analytics pour recueillir des statistiques sur le nombre de personnes qui accèdent à ses services en ligne et sur ce qu’elles recherchent. Trois administrations ont indiqué qu’ils ne recueillaient pas de données propres aux populations diversifiées et mal desservies. Voici quelques exemples de la manière dont les activités et les projets ont contribué à améliorer les services de justice familiale pour les populations diversifiées et mal desservies.

Il a été constaté que les récents appels de propositions mettaient davantage l’accent sur les projets et activités ciblant des groupes diversifiés et mal desservis. Les modifications législatives apportées à la Loi sur le divorce prévoient également que les tribunaux doivent tenir compte de la culture et du patrimoine de l’enfant pour déterminer l’intérêt de l’enfant lorsqu’ils rendent une ordonnance parentale ou de contact. De plus, si une province ou un territoire a mis en œuvre la disposition de droits linguistiques et qu’un service de justice familiale est une étape obligatoire d’une procédure en vertu de la Loi sur le divorce, ces services doivent être offerts dans l’une ou l’autre des langues officielles.

La majorité des personnes interrogées ont estimé que le FCJF est très souple pour répondre aux besoins de groupes de populations diversifiés et mal desservis. Par exemple, les catégories de priorité sont vastes, la mise en œuvre des accords est flexible pour s’adapter aux changements et aux retards des projets, et le rapport annuel comprend des questions spécifiques pour savoir si le projet atteint des populations diversifiées et mal desservies. Quelques personnes interrogées ont noté que les accords de contribution de cinq ans pour les PT et le faible montant et le financement limité dans le temps consacré aux projets (1 million de dollars par an pour les projets à l’échelle du Canada) limitent la souplesse dans une certaine mesure.

Les études de cas ont fourni d’autres preuves que le FCJF a permis d’améliorer l’accès aux services de justice familiale pour des populations diversifiées et mal desservies (figure 8).

Figure 8 : Exemple d’étude de cas : Amélioration de l’accès aux services de justice familiale pour les populations vulnérables
Organisation : Ministère du Procureur général de la Colombie-Britannique, Division des services de justice familiale
Projet : « Online Parenting After Separation for Indigenous Families »
Financement : 103 000 $ du FCJF (2017-2018 à 2019-2020)

Objectifs, activités et incidences :

L’objectif du projet était d’élaborer, de mettre en œuvre et d’évaluer la version en ligne adaptée et appropriée sur le plan culturel du programme sur les responsabilités parentales après une séparation pour les parents autochtones en Colombie-Britannique. Le projet a mis en place un comité consultatif composé de représentants de différentes organisations autochtones de la province, dont des personnes vivant dans des réserves, des zones urbaines et rurales, ainsi que des Premières Nations et des Métis. Seuls des Autochtones ont été considérés dans le programme du cours, sous forme de vidéos et de photos, et certains ont été embauchés pour développer différents aspects du contenu du cours (p. ex. conception graphique, narration, etc.). Un processus approfondi de rétroaction, de validation et de consentement a été mis en place avec le comité consultatif et les personnes figurant dans le cours. Les résultats du sondage en ligne sur les responsabilités parentales après la séparation pour les familles autochtones ont montré qu’en moyenne, 86 % des participants qui ont suivi le cours du 26 novembre 2019 au 31 mars 2021 étaient d’accord ou tout à fait d’accord pour dire que, puisque le cours était culturellement approprié, ils s’y sont davantage engagés de manière plus significative. Le cours a eu les incidences suivantes :

  • Augmentation de la sensibilisation et de la compréhension : Le cours avait été suivi par 560 personnes en mars 2022 et a subi une augmentation de la participation annuelle au fil du temps, passant de 67 en 2019-2020 (novembre à mars), à 195 en 2020-2021, puis à 298 en 2021-2022. La majorité des participants qui ont suivi le cours se sont déclarés Autochtones (89 % se sont déclarés comme membres des Premières Nations, membres des Premières Nations non inscrits, Métis ou Inuits). La plupart des participants sont d’accord ou tout à fait d’accord pour dire que le cours leur a permis de mieux comprendre : la nécessité de prendre des décisions dans l’intérêt des enfants (93 %); les répercussions de la séparation ou du divorce sur les enfants (90 %); les solutions de rechange aux tribunaux (p. ex. la médiation, le droit familial collaboratif) (88 %); le système de justice familiale, y compris les lois et les services pertinents (87 %) ; et les responsabilités des parents (p. ex. le soutien financier pour les enfants, le temps passé avec les enfants, la prise de décisions, la communication efficace) (87 %). En outre, la plupart des participants étaient d’accord ou tout à fait d’accord pour dire que le cours avait amélioré leur capacité à : comprendre les besoins de leurs enfants lorsque leurs parents se séparent ou divorcent (91 %) ; et rendre les changements familiaux plus faciles pour leurs enfants (90 %).
  • Amélioration de l’accès à la justice. Selon les enquêtes menées auprès des participants (du 26 novembre 2019 au 31 mars 2021), les participants ont fourni quelques indications sur leurs projets d’accès aux services. En moyenne, 48 % ont indiqué qu’ils prévoyaient de rechercher plus d’informations, 44 % prévoyaient d’accéder à un centre de justice familiale, et 35 % prévoyaient d’envisager une médiation ou un autre mode de résolution des différends. En moyenne, 81 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles étaient plus susceptibles d’essayer d’autres services de la Division des services de justice familiale.

4.2.5 Incidences de la pandémie de COVID-19 sur l’efficacité

La pandémie de COVID-19 a entraîné une évolution vers l’offre d’un plus grand nombre de services virtuels, qui étaient auparavant offerts en personne, alors que la prestation des ressources de VIJ n’a pas été touchée. Le passage au virtuel a eu des effets à la fois positifs et négatifs sur l’efficacité.

Pendant la pandémie de COVID-19, de nombreux services de justice familiale sont passés d’un modèle de prestation en personne à un modèle virtuel. Par exemple, des cours de médiation et de parentalité après une séparation ont été offerts en ligne. Ce passage a également accéléré l’acceptation de l’offre de services en ligne par les différents groupes d’intervenants. L’utilisation de la technologie et le passage à la prestation virtuelle sont devenus essentiels pendant la pandémie et, dans certaines administrations, ils constituaient la seule option sûre et autorisée pour les Canadiens d’accéder au système de justice familiale.

Avantages des services virtuels : Le passage à un modèle de prestation de services virtuel présentait plusieurs avantages. Les services virtuels ont permis un accroissement de l’accès et de l’utilisation. La prestation virtuelle a permis d’assouplir les horaires et d’éliminer les déplacements et la garde des enfants. Dans une administration, une augmentation des inscriptions au cours en ligne sur les conflits importants entre parents après une séparation a été constatée, mais pas au cours général sur la parentalité après une séparation. Certaines administrations ont utilisé les services en ligne pour accroître leur portée dans les zones plus rurales et éloignées et pour élaborer des ressources en ligne adaptées à des groupes précis diversifiés et mal desservis. Dans certains cas de violence familiale, la prestation virtuelle a permis de renforcer la sécurité puisque les parties n’avaient pas besoin de se trouver dans la même pièce. La prestation virtuelle a également permis à de nombreuses personnes de se sentir plus à l’aise pour accéder aux services de justice familiale. L’Enquête nationale 2021 de Justice Canada a révélé un taux de confort relativement élevé dans leur échantillon de 3 200 Canadiens : 87 % des répondants ont indiqué qu’ils étaient modérément ou très à l’aise pour chercher des informations et lire sur le système de justice familiale en ligne; 80 % pour remplir des formulaires en ligne à l’aide de formulaires PDF à remplir; et 71 % pour utiliser des plateformes de vidéoconférence pour des réunions, des médiations et des audiences de tribunal. De plus, le fait de fournir des services en ligne plutôt qu’en personne a permis de réduire les coûts administratifs des services de justice familiale, notamment les programmes d’éducation parentale. 

Inconvénients des services virtuels : Le passage à la prestation virtuelle de services présente certains inconvénients. Il y a eu une réduction globale des services de justice familiale, en particulier pendant la transition vers la prestation virtuelle. Des retards dans l’accès aux services ont créé des arriérés dans l’accès aux avocats de la famille et aux services d’aide juridique. La rotation du personnel et l’épuisement professionnel, en particulier parmi les ONG qui s’occupent des survivants de la violence familiale, ont encore réduit l’accès aux services. L’enseignement virtuel a créé de nouveaux obstacles à l’accès, en particulier pour les personnes dont la connectivité Internet et l’accès à la technologie sont limités. Il était plus difficile d’offrir des services efficaces à certains groupes tels que les nouveaux arrivants, les survivants de la violence familiale, les personnes âgées, les personnes souffrant de handicap, les peuples autochtones, et les personnes vivant dans des communautés rurales et éloignées. En outre, tous les services et documents virtuels n’étaient pas offerts dans un format accessible, c’est-à-dire la taille de police ajustable, le vocabulaire utilisé et la navigabilité.

La pandémie de COVID-19 a eu d’autres répercussions sur les activités et les projets du FCJF, notamment des retards et des fonds non utilisés (p. ex. pour des conférences et des événements en personne déjà prévus). La date d’entrée en vigueur de la plupart des dispositions de la Loi sur le divorce a également été reportée au 1er mars 2021, ce qui a eu une incidence sur la mise en œuvre.

4.3 Efficience

4.3.1 Gestion du FCJF

Dans l’ensemble, le FCJF est géré de manière efficiente grâce à de bonnes relations de travail entre les bénéficiaires du financement et le personnel du FCJF, à des rapports raisonnables et à un financement pluriannuel. Certaines contraintes ont été décelées concernant la communication, la disponibilité et la cohérence des données de rendement, et le budget limité du programme.

En général, les données indiquent que les provinces et territoires et les ONG avaient une relation de travail efficace avec le personnel du FCJF. Les PT et les ONG ont estimé que les rapports étaient raisonnables, beaucoup d’entre eux ont indiqué qu’ils constituaient une amélioration par rapport au cycle de financement précédent, en raison de l’amélioration du modèle de tableau avec les activités planifiées dans une colonne et les résultats réels correspondants dans une autre colonne, et de l’élimination de l’exigence de rapport provisoire. La structure de financement pluriannuelle a également été appréciée pour réduire la charge administrative liée à la planification et aux rapports. De plus, le FCJF a fait preuve de souplesse en ce qui concerne les échéances des accords de contribution et le déplacement des fonds entre les postesNote de bas de page41 pour s’adapter aux changements inattendus dans la mise en œuvre des projets, notamment en raison de la pandémie de COVID-19.

D’autres facteurs ont contribué à la gestion efficace du Fonds, par exemple, les critères inclus dans le cadre du processus d’examen et le modèle pour remplir les rapports d’examen, le processus de paiement simplifié, la bonne communication avec les bénéficiaires et la coordination avec les autres fonds. Il a également été indiqué que Justice Canada assure la liaison avec les PT qui travaillent avec les ONG dans leur région pour déterminer les domaines prioritaires clés. Cette procédure permet d’éviter les redondances dans ce qui est financé.

Certaines contraintes ont été décelées en ce qui concerne la gestion efficace du FCJF. Il y avait des lacunes dans la communication entre Justice Canada et les PT et les ONG. Par exemple, il y avait un manque de sensibilisation au fait que la liste des projets approuvés et des montants de financement est publiée par la divulgation proactive trimestrielle des subventions et des contributions. Il a également été souligné qu’il est nécessaire de mobiliser de manière plus proactive les PT et les ONG afin de clarifier les priorités dans les appels de demandes et répondre aux questions telles que ce qui constitue un « groupe diversifié et mal desservi ».

Comme nous l’avons mentionné précédemment, les données sur le rendement du programme du FCJF comportaient des lacunes. Par exemple, toutes les administrations ne participent pas aux enquêtes sur la justice familiale de Justice Canada et il y a une surreprésentation de certaines provinces et certains territoires par rapport à d’autres selon l’enquête, ce qui peut fausser les résultats. Par exemple, 75 % des participants à l’enquête sur le Programme d’éducation parentale vivaient en Alberta, alors que huit PT y ont participé. Cependant, un effort est en cours, en collaboration avec les administrations, pour mettre à jour et améliorer ces enquêtes; des versions révisées de ces enquêtes seront mises en œuvre en 2022-2023.

En outre, le calendrier et le format de la réception des rapports finaux des PT et des ONG varient, ce qui rend difficile le regroupement des données entre les rapports. Les données ne sont pas entrées de manière normalisée pour faciliter le suivi et la communication des résultats.  Plusieurs rapports ont été reçus tardivement de la part des PT. Au moment de la rédaction du rapport d’évaluation, en octobre 2022, les rapports finaux pour les ententes de financement quinquennal de six des treize administrations n’avaient pas encore été reçus par Justice Canada, alors qu’ils devaient être remis en juin 2022.

L’évaluation a également relevé certains éléments indiquant que le budget du FCJF limite son efficacité. Tout porte à croire que le budget du FCJF limite l’incidence que le Fonds peut avoir, et ce dernier n’a pas connu d’augmentation depuis 2002-2003Note de bas de page42 ce qui signifie, en dollars réels, que le montant du financement a diminué au fil des ans en tenant compte de l’inflation. Cette situation à créé des défis pour certaines administrations pour combler les lacunes décelées dans les services.

4.3.2 Mesure dans laquelle les pratiques exemplaires et les leçons tirées sont relevées, communiquées et appliquées dans le cadre de la prestation du FCJF

Des pratiques exemplaires et des leçons tirées ont été relevées dans le cadre de l’évaluation. Pour les activités et projets du FCJF il s’agissait notamment de faire participer des intervenants diversifiés et mal desservis lors de l’élaboration de services destinés à ces groupes, de prévoir suffisamment de temps pour une participation et une collaboration significatives, de mettre en œuvre des stratégies pour atténuer les effets négatifs de la prestation de services virtuels, et de veiller à ce que les services soient accessibles dans les deux langues officielles (entre autres). En ce qui a trait à la gestion du FCJF par Justice Canada, les pratiques exemplaires consistent à maintenir une certaine souplesse dans la collaboration avec les bénéficiaires du financement et à simplifier les rapports. Les pratiques exemplaires sont bien communiquées et échangées entre les intervenants FPT.

Des pratiques exemplaires et des leçons tirées ont été relevées dans le cadre de l’évaluation. Les pratiques exemplaires sont bien communiquées et échangées entre les intervenants FPT. Les exemples suivants de pratiques exemplaires et de leçons tirées ont été relevés lors des entrevues avec les informateurs clés, des études de cas et de l’examen des documents et des données :

Les pratiques exemplaires ont été relevées pour les activités et projets du FCJF

Des pratiques exemplaires ont été relevées pour la gestion du FCJF

Toutes les administrations échangent des informations précieuses en tant que membres du CCHF-FJ et par l’entremise de ses groupes de travail. De plus, presque toutes les administrations (n=10) collaborent avec une autre province ou un autre territoire, ce qui inclut l’échange de programmes, de services ou de pratiques adaptées. L’augmentation de l’offre de services en ligne s’est accompagnée d’une collaboration accrue grâce à la communication de ressources en ligne et de guides de formation. De plus, le CCHF-JF formule et communique des recommandations, telles que des recommandations sur l’utilisation de la technologie pour informer la planification et l’établissement des priorités FPT. Les représentants de Justice Canada ont indiqué que les pratiques exemplaires et les leçons tirées sont communiquées au sein du Ministère et aux bénéficiaires du financement, principalement par l’intermédiaire des rapports de projet. Les ONG et les PT sont invités à donner leur avis sur l’administration et les leçons tirées de leur projet et les analystes de Justice Canada communiquent ces leçons au sein du Ministère et avec les administrations et les ONG.