Ce que nous ont dit les jeunes

Souvent, les jeunes passent inaperçus parce que leurs voix ne sont pas entendues. Un des thèmes centraux abordés lors des discussions avec les jeunes est que le système de justice traite souvent les jeunes autochtones comme des adultes. Les circonstances de leur arrestation et les procédures judiciaires leur sont rarement expliquées dans un langage simple. Les jeunes ont fait valoir qu’un langage clair devait être utilisé ou que le jargon juridique devait être mieux défini, afin qu’ils puissent comprendre le déroulement des procédures et aient pleinement connaissance de leurs droits.

Tandis que les jeunes sont considérés comme des adultes par les tribunaux, ils sont souvent traités comme des enfants au sein du système de justice. Ils n’ont pas l’occasion d’acquérir des compétences de vie et, une fois libérés, ils sont laissés à eux-mêmes alors qu’ils ne possèdent pas une connaissance et une compréhension appropriées du monde dans lequel ils doivent se réinsérer.

Le graphique ci-dessous présente les principaux thèmes abordés lors de la séance de dialogue avec les jeunes autochtones.

Jeunes autochtones - Nombre d'énoncés par sujet
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Un diagramme à barres présente le nombre de fois que 6 principaux thèmes ont été abordés par des participants de séances de mobilisation avec les jeunes :

  • Les jeunes doivent se sentir autonomes : 9 fois
  • Accès limité aux services et manque de connaissances : 5 fois
  • Les jeunes perdent leur culture traditionnelle : 5 fois
  • Les besoins des jeunes sont uniques : 4 fois
  • Inclusion de la prévention et l’intervention précoce : 3 fois
  • Meilleur financement des programmes de justice autochtone : 3 fois

Les participants ont également insisté sur le fait qu’une intervention précoce et des programmes de prévention sont essentiels. Il a été question de programmes pour aider les jeunes à ne pas se retrouver à la rue, à renouer avec leur culture et à s’investir au sein de leur communauté, mais les jeunes ont surtout mis l’accent sur la nécessité d’intervenir rapidement après le premier contact avec le système de justice pénale, notamment au moyen de programmes de déjudiciarisation axés sur les travaux communautaires ou d’autres programmes permettant aux jeunes d’éviter l’incarcération et de poursuivre leurs études. Les jeunes font face à de nombreux défis qui sont liés au fait qu’ils n’ont pas la chance d’être exposés à des modes de vie sains exempts de violence et de dépendances. En effet, grandir dans un milieu dysfonctionnel peut entraîner encore plus de comportements dysfonctionnels. Les jeunes ont demandé du financement pour des interventions précoces et des programmes de prévention axés sur les méthodes traditionnelles de guérison, les expériences en nature sur le terrain et la reprise de contact avec la culture par l’entremise des Aînés et des gardiens du savoir. Les participants ont suggéré que les programmes d’éducation concernant la justice pour les jeunes soient axés sur la réduction des disparités sociales, sur l’éducation et sur l’acquisition de compétences de vie, et ont demandé que des centres de traitement des dépendances spécialement conçus pour les jeunes soient mis sur pied. Plusieurs jeunes ont également mentionné la nécessité d’offrir davantage de ressources et ont précisé que celles-ci pourraient être fournies par les centres d’amitié et les centres communautaires.

Les jeunes ont exprimé leur besoin de disposer des moyens nécessaires pour devenir autonomes tout en étant guidés par les Aînés et par les organismes jeunesse. Ils nous ont dit vouloir mieux comprendre les rôles des Aînés au sein des communautés. Certains jeunes ont mentionné que ce ne sont pas tous les Aînés qui les soutiennent ou qui créent des espaces sûrs propices aux échanges, en particulier lorsqu’il est question des jeunes 2ELGBTQI+. Ils ont précisé qu’un processus de validation devait être mis en place pour garantir que les services auxquels les jeunes ont accès sont sains et sécuritaires, et pour faciliter l’accès aux ressources.

[Traduction] « Je pense qu’une approche plus douce et plus ouverte avec les jeunes favorise l’autonomisation, comme rendre les cérémonies plus accessibles en adoptant une approche fondée sur la réduction des méfaits. Ma sobriété est directement liée à ma participation aux cérémonies, mais je consommais encore quand j’ai commencé à participer aux cérémonies. Il faut adopter une approche fondée sur la réduction des méfaits et être plus ouverts, plus accueillants envers nos membres LGBTQIA2S également. Nous devons évoluer et accueillir tous nos membres, même ceux qui ne sont pas toujours sobres ou qui n’ont pas un mode de vie sain, parce que le but ultime, c’est qu’ils se prennent en main. En fait, nous devons être accueillants envers toutes les identités. »

Nous n’avons tenu qu’une seule séance avec des jeunes autochtones, mais celle-ci nous a permis d’acquérir des connaissances précieuses. Il est devenu clair, en écoutant les participants, qu’il était nécessaire d’améliorer l’accès aux ressources, d’assurer un traitement uniforme, d’utiliser un langage simple et de mieux comprendre les rôles des Aînés au sein de leur communauté.