Ce que nous ont dit les Premières Nations

Bien que nous ayons tenu des séances de mobilisation distinctes avec les Premières Nations de chacune des régions du pays—Colombie-Britannique, Prairies, Ontario, Québec, Atlantique et Nord—les thèmes qui ont été abordés lors de ces séances de dialogue ciblées étaient souvent les mêmes.

Le graphique ci-dessous présente les thèmes les plus couramment abordés dans l’ensemble des dialogues avec les Premières Nations.

Premières Nations - Nombre d'énoncés par sujet
Version texte

Un diagramme à barres présente le nombre de fois que 5 principaux thèmes ont été abordés par des participants de séances de mobilisation avec les Premières Nations :

  • Rôle des Aînés dans le système de justice : 30 fois
  • Meilleur financement des programmes de justice autochtone : 27 fois
  • Renforcer les capacités des communautés et des organisations autochtones : 25 fois
  • Éliminer les obstacles à la gestion des enjeux de justice autochtone : 24 fois
  • Traités et autonomie gouvernementale : 23 fois

Les participants ont tous convenu que la SJA ne peut pas prendre la forme d’une solution universelle applicable à l’ensemble des peuples autochtones, ni même être mise en œuvre province par province ou région par région. La SJA doit tenir compte de la langue, des traditions, des cultures et des besoins spécifiques de chaque communauté et de chaque nation, et doit pouvoir être adaptée aux réalités qui leur sont propres. Ces appels à la spécificité allaient de pair avec les discussions sur l’autonomie gouvernementale et les droits issus de traités, car les participants s’entendaient pour dire que les nations doivent avoir compétence sur leurs propres besoins en matière de sécurité et de justice.

Les participants ont discuté de la légalité des revendications territoriales et des droits issus de traités et ont exprimé leur volonté de voir les droits ancestraux être confirmés par le gouvernement du Canada, conformément à la Déclaration des Nations Unies et aux appels à l’action de la CVR. Bon nombre de participants ont parlé du rôle que jouent les Aînés en rappelant aux plus jeunes de quelles façons les nations s’y prenaient traditionnellement pour répondre aux besoins de leurs communautés en matière de justice. Ils ont demandé que le savoir conservé et transmis par les Aînés soit respecté, qu’il soit reconnu comme légitime et qu’il soit utilisé pour éclairer l’élaboration de solutions en matière de justice autochtone et la fusion des systèmes de justice traditionnel avec le système de justice conventionnel.

[Traduction] « Mes aînés m’ont toujours dit que les documents des traités étaient parmi les plus importants, pas seulement aux yeux de la justice, mais parce qu’ils confirment nos droits à l’autonomie gouvernementale, à la justice, à la santé, à l’éducation et au logement. Parce que nous devons toujours envisager les choses du point de vue de leur légalité. C’est ainsi qu’on m’a toujours dit d’envisager les choses dès le départ, car si nous voulons disposer de nous-mêmes dans ce pays en tant qu’organe des Premières Nations, nous devons mettre en place nos propres systèmes de gouvernance. »

La nécessité d’assurer un financement plus stable pour les programmes et les partenariats autochtones était également au cœur des discussions tenues avec les Premières Nations. Plus particulièrement, les participants ont souligné les limites du financement à court terme et ont mentionné que la disparité et l’imprévisibilité des modèles de financement font en sorte qu’il est difficile d’élaborer des programmes et d’assurer leur pérennité. À de nombreuses reprises, les participants ont demandé 1) un financement plus stable et à plus long terme pour les programmes et 2) des structures de financement qui permettent aux organisations et aux communautés autochtones de gérer elles-mêmes ces programmes afin qu’elles puissent fournir les services qui sont requis de la façon dont ils sont requis.