Ce que nous ont dit les Inuits

Le graphique ci-dessous présente les sept principaux thèmes qui ont été abordés lors des trois séances de dialogue avec les Inuits; il n’inclut pas les grands thèmes abordés par l’ensemble des groupes fondés sur les distinctions.

Inuit - Nombre d'énoncés par sujet
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Un diagramme à barres présente le nombre de fois que 7 principaux thèmes ont été abordés par des participants de séances de mobilisation avec les Inuit :

  • Accès limité aux services et manque de connaissances : 15 fois
  • L’expérience des Inuits est unique : 11 fois
  • Problèmes avec les services de police : 6 fois
  • Rôle des Aînés dans le système de justice : 5 fois
  • Les pratiques de guérison axées sur la terre sont essentielles : 5 fois
  • Les conditions de libération, mise en liberté sous caution sont injustes : 5 fois
  • Non à une stratégique panautochtone : 5 fois

Les participants ont été invités à participer à trois discussions axées sur la réalité des Inuits. Ils ont souligné que 25 % des Inuits ne vivent pas dans l’Inuit Nunangat (« l’endroit où vivent les Inuits ») et que 15 % vivent dans les grands centres urbains. Ces statistiques ont permis de contextualiser les discussions; en effet, les participants ont abordé les défis et les besoins uniques des Inuits vivant dans le Nord, mais ont aussi insisté sur l’importance que des services et des programmes soient offerts aux Inuits vivant dans les régions plus au sud—faisant ainsi écho aux appels à une stratégie qui ne cible pas l’ensemble des Autochtones de façon indifférenciée.

[Traduction] « Nous sommes confrontés au même problème dans les établissements correctionnels fédéraux où, très souvent, on range les Inuits sous le terme générique "Autochtones”. Même culture, mêmes pratiques, même histoire, mêmes cérémonies. Donc, souvent les Inuits se voient offrir, par leur gestionnaire de cas, de participer à des cérémonies de purification par la fumée ou d’autres cérémonies qui sont habituellement pratiquées par les Premières Nations. Même les programmes des services correctionnels sont orientés vers les Premières Nations. Donc, pour les Inuits incarcérés dans un établissement fédéral, c’est un défi de plus. »

Les participants inuits se sont exprimés sans détour au sujet du peu de services offerts aux Inuits qui entrent en contact avec le système de justice. Ils étaient généralement d’avis que les services sont beaucoup plus rares dans le Nord et qu’il faut souvent parcourir des milliers de kilomètres pour avoir accès à des services de soutien en matière de croissance personnelle, de dépendances, de guérison et de réinsertion sociale. Ils ont appelé le ministère de la Justice à mettre en place et à financer des programmes et des services dans de nombreuses régions des territoires du Nord afin d’assurer des résultats équitables en matière de justice.

[Traduction] « Service correctionnel Canada a l’obligation, une obligation fiduciaire, de répondre aux demandes des Inuits. Nous devons tenir le Canada responsable de fournir les mêmes services que ceux offerts dans le reste du Canada. Nous avons besoin de services de logement, de services d’hébergement de transition dans chacune des communautés du Nunavut, afin que toutes les personnes remises en liberté puissent retourner dans leur communauté, y travailler et subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. »

Dans le même esprit, le thème de la réinsertion au sein de la communauté après une période d’incarcération a été abordé à répétition tout au long de nos discussions avec les participants inuits. Ceux-ci s’entendaient généralement pour dire qu’un contact avec le système de justice entraîne souvent l’obligation de quitter sa communauté, que ce soit pour comparaître devant un tribunal ou pour purger une peine. Les participants avaient le sentiment que bon nombre d’Inuits ne reçoivent pas le soutien dont ils ont besoin, à la suite de leur mise en liberté, pour réintégrer leur communauté d’origine et s’y épanouir. Plus particulièrement, les participants ont souligné la nécessité de disposer de services de traitement des dépendances, d’aide à l’emploi, d’hébergement et de reprise de contact avec la culture.

Les services de police et les interactions avec la police ont également été à l’avant-plan des préoccupations exprimées tout au long des dialogues avec les Inuits. Les participants s’entendaient pour dire que les communautés inuites font l’objet d’une surveillance policière excessive et que les policiers assument des rôles qui seraient mieux remplis par des travailleurs de soutien en santé mentale et des travailleurs sociaux. En raison des interactions historiquement difficiles entre les peuples autochtones et la Gendarmerie royale du Canada (la GRC), les ressources policières présentes sur place peuvent être perçues comme menaçantes ou hostiles, plutôt que comme une aide potentielle. Les participants ont souligné la nécessité pour les services de police d’être plus sensibles à la culture et plus ouverts à des modèles de justice différents.

[Traduction] « Ça va un peu dans le même sens que le mouvement “Defund the Police”, mais selon une approche différente—je dirais une redéfinition des tâches. On sait comment la GRC fonctionnait historiquement, eh bien, quand une situation d’urgence se présente, que ce soit une crise de santé mentale ou autre chose, la GRC est encore la première à intervenir. Ce n’est pas vraiment ce dont une personne en pleine crise de santé mentale a besoin. »