Ce que nous ont dit les Métis

Le graphique ci-dessous présente les thèmes les plus fréquemment abordés lors des dialogues avec les Métis; il n’inclut pas les grands thèmes communs abordés dans l’ensemble des réunions.

Métis - Nombre d'énoncés par sujet
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Un diagramme à barres présente le nombre de fois que 6 principaux thèmes ont été abordés par des participants de séances de mobilisation avec les Métis :

  • Non à une stratégie panautochtone : 9 fois
  • Meilleur financement des programmes de justice autochtone : 7 fois
  • Commentaires sur la justice réparatrice : 6 fois
  • Accès limité aux services et manque de connaissances : 6 fois
  • La perspective des Métis est unique : 5 fois
  • Éliminer les obstacles à la gestion des enjeux de justice autochtone : 5 fois

Les participants ont souligné la nécessité que le ministère de la Justice améliore l’accès aux services pour les Métis vivant en milieu urbain et qu’il contribue au financement de programmes conçus spécialement pour les Métis, plutôt que de chercher à créer des services convenant à l’ensemble des Autochtones. Les Métis doivent pouvoir obtenir un soutien culturellement adapté dès les premiers moments d’une interaction avec le système de justice. Ce soutien est essentiel pour garantir un traitement équitable aux Métis et s’assurer qu’ils connaissent leurs droits lorsqu’ils entrent en contact avec le système de justice. De plus, ces mesures de soutien doivent être gérées et offertes par des Métis. Les participants ont également souligné que les services comme les rapports Gladue devaient être adaptés aux perspectives et aux besoins des Métis.

[Traduction] « J’aimerais revenir sur la nécessité d’avoir quelqu’un pour défendre nos intérêts dès le départ. La plupart de ces systèmes ne sont pas accueillants. Ils sont souvent hostiles. Ils sont souvent obscurs et déroutants. [Nous]… avons recommandé de mettre en place ce que nous appelons des intervenants-pivots. Et pas seulement pour le système de justice pénale. Il peut s’agir des services de protection de l’enfance, des soins de santé, de l’éducation, mais dans le cas précis du système de justice pénale, ces intervenants-pivots aideraient les gens à s’orienter dans les tribunaux, à mieux s’y retrouver entre l’arrestation, les interactions avec la police, la détention et la mise en liberté sous caution, ce genre de choses. Une des choses que nous avons entendues est que les Métis en particulier ont rarement la possibilité de s’auto-identifier. S’ils arrivent à obtenir un rapport Gladue, lorsqu’un rédacteur de rapports Gladue est disponible, c’est souvent le juge qui détermine si les facteurs Gladue propres aux Métis sont suffisamment atténuants. »

Ce sont les Métis qui ont défendu le recours à ce genre de modèles avec le plus d’ardeur. Les participants ont mentionné l’existence de deux obstacles importants en ce qui concerne les programmes de justice réparatrice : l’accès inégal à la justice réparatrice et la nécessité que les modèles de justice réparatrice prévoient la prestation de services holistiques complets, du début à la fin. Des Métis vivant en milieu rural ont fait valoir que le lieu où une personne est accusée à une incidence sur les options dont dispose cette personne lorsqu’il s’agit de s’orienter dans le système de justice.

[Traduction] « Je crois qu’au niveau provincial et fédéral, il y a un manque d’uniformité dans l’accès aux différents types de processus ou de pratiques qui sont en place dans différentes régions, en particulier les régions rurales où l’on a recours à des tribunaux spécifiques. Il arrive qu’un programme de justice réparatrice soit offert dans une municipalité ou une communauté autochtone, mais que d’autres communautés situées à proximité n’aient pas du tout accès à la justice réparatrice. »

Certains participants ont indiqué que les services complets qui sont nécessaires pour offrir des programmes de justice réparatrice efficaces dépendent aussi fortement du lieu et du contexte. En milieu rural, il peut être compliqué d’avoir accès aux programmes appropriés et de répondre aux besoins individuels des membres d’une communauté. À l’inverse, le fait que les gens soient contraints de se déplacer pour obtenir des services, voire de quitter leur communauté pour avoir accès à l’aide spécialisée dont ils ont besoin, peut aussi entraîner des répercussions négatives. Les participants ont souligné l’importance d’élaborer et de financer des programmes qui permettraient de fournir ces types de services dans chaque communauté, de façon à ce que tous aient accès aux ressources et aux mesures de soutien dont ils ont besoin lorsqu’ils interagissent avec le système de justice, peu importe l’endroit où ils vivent.

[Traduction] « J’ajouterai simplement que lorsqu’on pense à un programme de justice réparatrice—et je peux seulement parler d’un point de vue rural—lorsqu’on met en œuvre un processus de réparation, l’objectif final est habituellement d’établir un genre d’entente ou de plan en vue de fournir des services de bout en bout aux personnes qui participent au processus de réparation. Je pense qu’il serait vraiment important que les gens qui entreprennent de mettre en place un programme de justice réparatrice au sein de leur communauté soient mieux soutenus et qu’ils sachent à qui s’adresser pour obtenir un soutien en matière de santé mentale, de dépendances ou de logement, pour obtenir toutes les ressources qu’ils veulent intégrer dans ces plans. »