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Le ministère de la Justice soutient les initiatives de justice réparatrice par le biais des fonds suivants, sous réserve des priorités et des conditions de chaque programme :

De plus, le Ministère soutient les programmes de justice communautaire autochtone en partenariat avec les provinces et les territoires par l’intermédiaire du :

La justice réparatrice au Service correctionnel du Canada

Le Programme de possibilités réparatrices est un programme du Service correctionnel du Canada qui offre aux personnes qui ont été lésées par un crime, directement ou indirectement, une chance de communiquer avec le délinquant qui a causé le préjudice.

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Rapports et publications du ministère de la Justice Canada

La Division de la recherche et de la statistique (DRS) du ministère de la Justice produit des recherches empiriques et des analyses statistiques de grande qualité qui reposent sur des méthodes relevant du domaine des sciences sociales, et ce, pour veiller à ce que les décisions stratégiques soient fondées sur des données probantes. Vous trouverez ci-dessous un certain nombre d’études sur la justice réparatrice rédigées par des spécialistes externes en la matière ou par des chercheurs internes à la DRS.

Vidéos concernant la justice réparatrice

Réconciliation grâce à la justice réparatrice

Cette vidéo étudie la justice réparatrice dans le contexte d’un cercle de guérison d’une Première Nation.

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 Transcription

GESTIONNAIRE DE CAS PRIMAIRE :

Jamie est un jeune homme qui  a eu des problèmes avec la loi après un incident survenu entre lui et une travailleuse sociale.

PATRICIA : (ce qui s’est passé et les conséquences pour PATRICIA)

Il tentait de m’éloigner de la porte et je me suis retrouvée avec des ecchymoses sur le bras parce qu’il ne cessait de me pousser sur le classeur.

Lorsque je suis sortie du bureau, je tremblais.

Je ne m’étais pas rendu que j’avais autant d’ecchymoses et cela m’avait autant affectée. C’est à ce moment que ma superviseure m’a dit : « Tu sais que tu devras porter plainte contre lui. »

GESTIONNAIRE DE CAS PRIMAIRE :

La procureure de la couronne était d’avis que ce jeune homme pourrait bénéficier d’un programme de justice réparatrice.

Jamie avait la chance de pouvoir compter sur un grand nombre d’appuis et il craignait de perdre tous ces appuis s’il ne reconnaissait pas le tort qu’il avait causé.

La justice réparatrice semblait être la méthode de réparation la plus efficace pour régler ce conflit, pour offrir à Jamie la chance de discuter de ce qu’il ressentait et peut-être de la raison pour laquelle il s’était comporté de la sorte.

C’était la méthode la plus appropriée et la plus juste sur le plan culturel pour régler cette question de justice.

INTERVENANTE EN JUSTICE RÉPARATRICE :

La première fois que je l’ai rencontré, j’étais en face d’un jeune homme qui vivait de grandes difficultés dans sa vie et qui était très en colère.

J’ai fait une évaluation avec eux afin de mieux comprendre ce dont ils avaient besoin. Ensuite, j’ai décidé quelles seraient les personnes qui participeraient à ce cercle.

GESTIONNAIRE DE CAS PRIMAIRE :

La justice réparatrice offre à la communauté la possibilité de participer au processus et de retisser des liens. De plus, elle fournit un espace où tous les participants sont égaux.

INTERVENANTE EN JUSTICE RÉPARATRICE :

Jamie était un peu nerveux, probablement parce qu’il se retrouverait en face de la personne à qui il avait causé du tort. C’était une personne qu’il connaissait très bien.

Je vais procéder à la première ronde, au cours de laquelle nous ne ferons que dire notre nom, expliquer pourquoi nous sommes ici, dire ce que nous faisons, et passer la plume à quelqu’un d’autre. Je vais donc commencer. Je m’appelle ...

JAMIE :

On me plaçait dans un autre foyer d’accueil et je n’aimais pas cela. Ce n’était vraiment pas ma décision…. Soit que j’ai dû y aller ou … c’était mon seul choix.

Je pense que ma mère d'accueil au moment avait besoin d’une pause, et Je n'ai pas aimé cela…

Je parlais de ce que je ressentais et de ce que je vivais… et je m’excuse, vous savez?

… que je suis désolé, que cela ne se reproduira plus et que je suis une meilleure personne. Je suis le nouveau Jamie.

PATRICIA :

Lorsqu’il s’est excusé, ce fut une belle surprise pour moi. À ce moment, sa mère en famille d’accueil et moi-même avons pleuré parce qu’elle ne l’avait jamais entendu s’excuser. Nous étions très heureuses d’entendre ses excuses.

J’étais heureuse de participer au cercle et de pouvoir de lui dire que je l’aimais et que je me souciais de lui, et que j’espérais que nous pourrions réparer notre relation et commencer à fixer des objectifs pour lui. Des objectifs non seulement pour moi, mais pour lui, pour qu’il ait un plus bel avenir.

ACCOMPAGNATEUR À JAMIE :

Je pense qu’il est important que nous appuyions Jamie et que nous l’écoutions, et que nous continuions à écouter avec ouverture comment il se sent et ce qu’il estime avoir besoin de faire pour progresser.

AÎNÉ :

Il est maintenant dans le processus de guérison. Pour être un adulte. Pour poursuivre, pour être prêt pour la prochaine étape de sa vie.

PATRICIA :

Il aime fabriquer des choses, et il voulait fabriquer un tambour. C’était l’une des recommandations qui ont été mises en œuvre.

INTERVENANTE EN JUSTICE RÉPARATRICE :

Que pensez-vous de ce qu’il a dit aujourd’hui?

PATRICIA :

J’accepte ses excuses. Il a parlé des difficultés qu’il éprouve pour changer son comportement... J’ai pu le voir sous un jour différent, le voir vraiment et constater ce qu’il devait affronter, parce qu’il ne m’en avait jamais parlé… Ce fut un processus réparateur efficace. Le parent de la famille d’accueil y a même participé, ce qui est très bien.

JAMIE :

Je sentais que je devais faire partie de ce cercle… Je savais qu’une fois tout cela serait terminé, j’aurais une deuxième chance et que je pourrais aller de l’avant.

INTERVENANTE EN JUSTICE RÉPARATRICE :

Lorsqu’on peut se retrouver en cercle, s’enlacer les uns les autres ou se donner la main, on sait que tous se sentent bien en quittant la salle. En ce qui me concerne, les excuses qui m’ont été faites représentent déjà un progrès.

Je ne pourrais pas demander mieux. On a communiqué, on s’est compris et on a rétabli notre relation.

L’histoire d’une victime
Une victime de la violence sexuelle raconte comment elle est venue à signaler le crime à l’âge adulte.

 Transcription

Sarah :
Je m'appelle Sarah. J'ai été victime d'abus sexuels de la part de mon beau-père quand j'étais âgée entre quatre ans et six ans.
Sarah :
J'ai vécu ma vie comme si cela n'avait jamais existé. C'était comme un film noir et blanc. Mais cette petite fille, je refusais que ce soit moi.
Sarah :
Je refusais vraiment l'étiquette de la victime. J'avais fait toute ma vie pour sortir de ça. J'avais une belle vie que j'aimais et... jusqu'en 2005, finalement. En 2005, je dirigeais une organisation dans laquelle il y avait des enfants qui fréquentaient l'établissement et il y a un enfant qui, après voir quitté l'établissement, a été harcelé par un prédateur sexuel connu dans ma région.
Sarah :
J'ai suivi le dossier de cet enfant-là et de ce prédateur sexuel à la cour comme si je m'en faisais un devoir... pour réaliser, quand j'étais assise sur le banc, pour dire "Ben, voyons! Ça me donne rien d'être ici parce que la... je suis pas témoin... je suis pas si liée à l'enfant... mais j'ai une rage à l'intérieur. Une rage de savoir que la justice va être faite."
Sarah :
Je ne pouvais plus vivre avec mon lourd secret. J'ai porté plainte trente ans plus tard. Ouais, trente ans plus tard.
Sarah :
Bien en fait, mon conjoint m'a supportée immédiatement parce que je l'avais déjà sensibilisé à ce qui se passait. D'ailleurs, c'est lui qui, quand je suis arrivée devant le poste de police, j'avais envie de reculer et que... qui a ouvert la porte, puis il m'a poussée dans le dos pour dire... allez go!
Jean-François :
Let's go!
Sarah :
C'est à faire. Il faut porter plainte. C'est important. À partir du moment où un procureur a accepté de défendre notre cause, on n'a plus... on n'est plus dans notre statut de victime. On devient un témoin.
Sarah :
Ça prend l'entourage pour passer au travers, que ce soit les frères, soeurs, conjoints, amis... Il faut pas hésiter de solliciter les gens qui nous entourent pour nous donner la force et... et l'appui constant qu'on a besoin.
Jean-François :
Et il faut savoir qu'au palais de justice, la victime et l'agresseur sont dans les corridors avant qu'on rentre alors, de pas être seul, c'est très important, parce que ça permet une espèce de bulle de protection, on se sent protégé à ce moment-là.
Sarah :
Et on n'a pas hésité d'inviter les gens du CAVAC à nous accompagner. On n'a pas hésité à utiliser leurs services, à utiliser leurs espaces pour se faire une bulle à nous... Parce que c'est vraiment des moments intenses qui se vivent dans les corridors.
Sarah :
Aujourd'hui, mon agresseur est en détention. Maintenant je ne vis plus avec la honte et la culpabilité. Aujourd'hui, moi, je suis dans la reconstruction mais... Ça sera pas une grande cathédrale.
Sarah :
Aujourd'hui, mon agresseur est en détention. Maintenant je ne vis plus avec la honte et la culpabilité. Aujourd'hui, moi, je suis dans la reconstruction mais... Ça sera pas une grande cathédrale. Ça va être un petit château simple.
Jean-François :
Je pense qu'aujourd'hui, en ce qui me concerne, on est, oui, à la reconstruction et oui, on s'en va vers cette mission de pouvoir... aujourd'hui on a fait tout le processus, on sait c'est quoi... que Sarah et moi avons travaillé sur nous-mêmes pour pouvoir passer au travers... on est, aujourd'hui, avec l'expérience, capables de pouvoir aider les autres et c'est dans ce sens-là qu'on veut aller. Alors c'est vers ça, vers quoi on tend.
Sarah :
Maintenant, c'est comme si j'avais le droit à une nouvelle vie. Et en parler, ça fait partie de la solution. Vous voyez, je pourrais être votre soeur, votre voisine ou votre compagne de travail.
Sarah :
Je rêve qu'un jour les victimes d'actes criminels aient mille voix pour le dire. Tendez l'oreille... C'est simple.